mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302084 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 20 juillet 2023, la société civile d'exploitation viticole (SCEV) Chofflet, représentée par la société civile professionnelle Axiojuris - Lexiens, demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision du 6 mars 2023, par laquelle l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer lui a attribué une aide d'un montant de 264 251,64 euros dans le cadre de sa demande d'aide à l'investissement vitivinicole, en tant que cette décision ne lui a pas accordé un montant d'aide de 274 875,89 euros, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 23 mars 2023 ; 2°) d'enjoindre à l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer de procéder à une nouvelle instruction de sa demande d'aide, dans la limite de l'annulation prononcée par le tribunal, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinq cents euros par jour de retard ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la décision du 6 mars 2023 est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne mentionne pas les raisons pour lesquelles certaines dépenses n'ont pas été prises en compte ; - cette décision n'est pas signée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui, en outre, ne permet pas de vérifier que cette décision a été prise par une personne compétente à cet effet ; - les dépenses d'un montant de 18 701 euros relatives à l'aménagement d'un monte-charges, en particulier celles relatives à la création de la cage du monte-charges sont éligibles à l'aide sollicitée en vertu du d) de l'article 2.2.1. de la décision INTV-GPASV-2021-44 du 20 octobre 2021 de la directrice générale de FranceAgriMer ; - l'ensemble des études envisagées sont éligibles, compte tenu du montant total du projet de 734 529,68 euros, en vertu du f) de l'article 2.2.1. de la décision INTV-GPASV-2021-44 du 20 octobre 2021 de la directrice générale de FranceAgriMer. Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2023, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer conclut au non-lieu à statuer. Il soutient qu'il a fait droit le 1er août 2023 au recours gracieux de la société requérante, qu'il a procédé à une nouvelle instruction de sa demande d'aide, qu'il a pris une nouvelle décision d'éligibilité, en date du 20 septembre 2023, faisant état d'un montant d'aide de 271 576,62 euros et que la requête est désormais dépourvue d'objet. Par un mémoire, enregistré le 22 décembre 2023, la société civile d'exploitation viticole Chofflet, représentée par la société civile professionnelle Axiojuris - Lexiens, conclut aux mêmes fins que dans sa requête par les mêmes moyens. Elle soutient en outre que la décision d'éligibilité du 20 septembre 2023 ne mentionne pas les voies et délai de recours et n'a pas acquis un caractère définitif. Vu les autres pièces du dossier. Vu le code de justice administrative. Par une décision du 1er septembre 2023, le président du tribunal a désigné M. Hugez, premier conseiller, pour statuer par ordonnance sur les litiges relevant des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Considérant ce qui suit :Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction : 1. En vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ". 2. La société civile d'exploitation viticole (SCEV) Chofflet, dont l'activité est la culture de la vigne, et dont le siège est à Givry en Saône-et-Loire, a déposé, le 25 janvier 2022, un dossier de demande d'aide communautaire aux investissements vitivinicoles auprès de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer, dont l'objet était la construction d'un bâtiment neuf et l'acquisition d'équipements de vinification. Par une décision initiale du 6 mars 2023, cet établissement public a fait droit à cette demande à hauteur d'un montant de dépenses éligibles de 755 004,69 euros et d'un montant d'aide de 264 251,64 euros. La SCEV Chofflet a formé le 23 mars 2023 un recours gracieux à l'encontre de cette décision, en tant que celle-ci ne lui attribue pas un montant d'aide de 271 024,77 euros. Le silence de l'établissement public a fait naître une décision implicite de rejet de ce recours gracieux. Par sa requête introductive, la SCEV Chofflet demande au tribunal d'annuler la décision initiale du 6 mars 2023 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux, en tant que celles-ci ne lui octroient pas un montant d'aide de 274 875,89 euros. 3. Par une lettre du 1er août 2023, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer a informé la SCEV Chofflet qu'il entendait donner une suite favorable à son recours gracieux et qu'une nouvelle décision d'éligibilité lui serait notifiée. Par une nouvelle décision d'éligibilité, en date du 20 septembre 2023, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer a octroyé à la SCEV Chofflet un montant d'aide de 271 576,32 euros, correspondant à un montant de dépenses éligibles de 775 933,20 euros. 4. Dans ses dernières écritures, la SCEV Chofflet, qui soutient que l'établissement public n'a pas pris au sérieux son recours gracieux et qu'elle a dû former la présente requête pour obtenir satisfaction, maintient ses conclusions initiales en soutenant que la décision du 20 septembre 2023, ne mentionnant pas les voies et délai de recours, n'a pas acquis de caractère définitif. 5. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive. 6. En l'espèce, la décision d'éligibilité du 20 septembre 2023 de la directrice générale de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer, qui a nécessairement entendu retirer la décision d'éligibilité initiale du 6 mars 2023, et ce faisant faire droit au recours gracieux de la SCEV Chofflet, est revêtue, en haut de sa cinquième page, contrairement à ce que soutient cette société, des voies et délais de recours. Il ressort des pièces du dossier que la décision d'éligibilité du 20 septembre 2023 a été portée à la connaissance de la société, au plus tard le 8 décembre 2023, par le tribunal par l'intermédiaire de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 du code de justice administrative, et que cette société en a pris connaissance le 11 décembre 2023. En l'absence de contestation de la décision d'éligibilité du 20 septembre 2023 dans le délai de recours contentieux, qui a commencé à courir au plus tard le 11 décembre 2023, cette décision est, à la date de la présente ordonnance, devenue définitive. Par suite, les conclusions à fin d'annulation, et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction, de la société requérante sont désormais privées d'objet. Il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : 7. Le non-lieu à statuer résulte de la circonstance que la décision précitée du 20 septembre 2023, intervenue en cours d'instance, lui donne, au moins partiellement, satisfaction. Dès lors, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la SCEV Chofflet et non compris dans les dépens. O R D O N N E : Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par la SCEV Chofflet. Article 2 : L'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer versera à la SCEV Chofflet une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCEV Chofflet est rejeté. Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile d'exploitation viticole Chofflet et à l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer FranceAgriMer. Fait à Dijon le 5 mars 2024. Le magistrat désigné, I. Hugez La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition, La greffière2N° 2302084lc
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026