mercredi 14 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302166 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | CH 1 JU |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 24 juillet 2023, 2 novembre 2023 et 29 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Sabatakakis, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 7 octobre 2019, 24 septembre 2020, 13 octobre 2020, 15 octobre 2020, 30 novembre 2020, 5 décembre 2020, 16 juillet 2021, 17 décembre 2021, 5 janvier 2022, 19 avril 2022,
17 mai 2022, 6 juillet 2022, 15 septembre 2022, 16 septembre 2022, 20 septembre 2022,
24 septembre 2022 et 3 janvier 2023 ;
2°) d'annuler la décision " 48SI " du 14 juin 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points qui lui ont été illégalement retirés dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de rejeter les conclusions du ministre de l'intérieur formulées au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le relevé d'information intégral n'a pas de force probante pour établir qu'il a bien reçu les informations préalables ;
- il n'a pas reçu, à l'occasion des infractions relevées contre lui les 7 octobre 2019,
24 septembre 2020, 13 octobre 2020, 15 octobre 2020, 30 novembre 2020, 5 décembre 2020, 16 juillet 2021, 19 avril 2022, 17 mai 2022, 6 juillet 2022, 15 septembre 2022,
16 septembre 2022, 20 septembre 2022, 24 septembre 2022 et 3 janvier 2023, les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, alors que cette formalité est substantielle ;
- s'agissant de l'infraction commise le 24 septembre 2022 les documents produits par le ministre de l'intérieur, à savoir le troisième volet du procès-verbal, ne sont pas de nature à établir que l'obligation d'information a été respectée ; aucune attestation de paiement n'est produite et il n'est pas démontré que les informations mentionnées au-dessus de la signature sur le procès-verbal figuraient bien sur le boitier présenté au moment de la verbalisation électronique ;
- la réalité des infractions constatées les 17 décembre 2021 et 5 janvier 2022 n'est pas établie ;
- la décision " 48 SI " est insuffisamment motivée concernant les infractions constatées les 17 décembre 2021 et 5 janvier 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 31 octobre 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au
17 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rousset a été seul entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 7 octobre 2019, 24 septembre 2020, 13 octobre 2020,
15 octobre 2020, 30 novembre 2020, 5 décembre 2020, 16 juillet 2021, 17 décembre 2021,
5 janvier 2022, 19 avril 2022, 17 mai 2022, 6 juillet 2022, 15 septembre 2022,
16 septembre 2022, 20 septembre 2022, 24 septembre 2022 et 3 janvier 2023 ainsi que la décision " 48 SI " du 14 juin 2023 invalidant son permis de conduire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions de retrait de points :
S'agissant du moyen tiré du défaut de force probante du relevé d'information intégral :
2. M. B se borne à soutenir que le relevé d'information intégral n'a aucune valeur probante, sans faire état d'aucun élément de nature à mettre en doute l'exactitude des mentions figurant sur ce document. Par suite, le moyen doit être écarté.
S'agissant du moyen tiré du défaut d'information :
3. Il résulte des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'accomplissement de la formalité substantielle prescrite par ces dispositions, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. L'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document lui permettant de constater la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
Quant aux décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 7 octobre 2019 (1 point), 24 septembre 2020 (1 point), 13 octobre 2020 (1 point), 15 octobre 2020 (1 point), 30 novembre 2020 (1 point), 5 décembre 2020 (1 point), 16 juillet 2021 (3 points),
6 juillet 2022 (1 point), 16 septembre 2022 (1 point), 20 septembre 2022 (1 point) et
3 janvier 2023 (1 point) :
5. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, ou est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération.
6. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé ou par un radar automatique et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
7. Il résulte de l'instruction, et en particulier des mentions du relevé d'information intégral qui ne sont pas contestées sur ce point, d'une part, que les infractions commises les
7 octobre 2019, 24 septembre 2020, 13 octobre 2020, 15 octobre 2020, 30 novembre 2020,
5 décembre 2020, 6 juillet 2022, 16 septembre 2022, 20 septembre 2022 et 3 janvier 2023 constatées par radar automatique, ont donné lieu au paiement différé de l'amende forfaitaire les 11 novembre 2019, 25 octobre 2020, 29 novembre 2020, 29 novembre 2020, 17 janvier 2021, 30 janvier 2021, 8 septembre 2022 et 12 février 2023 et, d'autre part, que l'infraction du
16 juillet 2021, constatée par procès-verbal électronique, a donné lieu au paiement différé de l'amende forfaitaire le 1er août 2021. M. B ne pouvant régler les amendes forfaitaires sans avis de contravention, a nécessairement reçu à son domicile l'avis de contravention correspondant à ces infractions, lequel est établi sur un formulaire type comportant les informations requises par la loi. Le requérant ne démontre ni même n'allègue que les avis de contravention seraient inexacts ou incomplets. Dès lors, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers M. B de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement des amendes correspondant aux infractions susmentionnées, les informations requises en vertu des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le moyen doit être écarté.
Quant aux décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 19 avril 2022 (1 point), 17 mai 2022 (1 point), 15 septembre 2022 (1 point) et 24 septembre 2022 (2 points) :
8. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Or, suivant les prescriptions de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale, cet avis normalisé comporte un ensemble d'indications mettant le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et portant à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
9. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé de lui-même et non par voie de recouvrement forcé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être tenu pour établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
10. En premier lieu, il résulte des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B et des attestations de paiement établies par la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes, versés à l'instance par le ministre de l'intérieur, que l'intéressé s'est acquitté du paiement des amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions des
19 avril 2022 et 17 mai 2022 respectivement les 9 septembre 2022 et 13 février 2023, sans qu'il soit démontré ni même soutenu que ce paiement aurait résulté d'une procédure de recouvrement forcé. Ainsi, il doit être tenu pour établi, faute pour le requérant de produire l'avis d'amende forfaitaire majorée qu'il a nécessairement reçu et de l'arguer d'irrégularité, que l'administration s'est acquittée envers lui de son devoir d'information.
11. En deuxième lieu, il résulte des mentions du relevé d'information intégral qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis le 13 mars 2023 à l'encontre de M. B pour une infraction relevée par radar automatique le 15 septembre 2022. Si le ministre verse aux débats une attestation établie par la trésorerie de contrôle automatisé de Rennes, indiquant que l'amende forfaitaire majorée afférente à cette infraction a été payée le 29 août 2023,
M. B produit au dossier un bordereau de situation des amendes et condamnations pécuniaires en date du 23 novembre 2023, émanant de la trésorerie de contrôle automatisé de Rennes, dont les mentions " Rec Hui / Mod chq BDF " font apparaître que le paiement de cette somme a été obtenu par la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement forcé par un huissier. Dans ces conditions, le ministre qui, du reste, ne conteste pas que le paiement n'a pas été effectué de manière spontanée mais forcée, ne peut être regardé comme rapportant la preuve, en l'espèce, de la délivrance des informations préalables exigées par les articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route. Dès lors, en l'absence de preuve que cette formalité substantielle a été accomplie, la décision de retrait de point consécutive à cette infraction doit être annulée.
12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, que l'infraction du 24 septembre 2022 a été relevée par procès-verbal électronique dématérialisé et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort des pièces produites par le ministre de l'intérieur que le requérant a signé le procès-verbal de cette infraction, sous la mention " qui reconnaît avoir été informé, avant paiement des dispositions suivantes () ", dispositions reprenant l'ensemble des informations exigées par la loi. Ces documents comportant l'information exigée par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, le ministre établit avoir respecté l'obligation d'information préalable prévue par celles-ci. Enfin, si
M. B soutient que les informations obligatoires ne figureraient qu'au procès-verbal électronique qui est conservé par l'agent de la force publique, cette circonstance est sans incidence sur la qualité de l'information qui a été donnée à l'intéressé. Par suite, dès lors que M. B n'apporte aucun élément de nature à démontrer que l'avis de contravention qu'il a nécessairement reçu ne contenait pas l'intégralité des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route, il doit être regardé comme ayant été destinataire de ces informations et n'est par suite pas fondé à soutenir que la décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 24 septembre 2022 aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.
S'agissant du moyen tiré du défaut de réalité des infractions constatées les
17 décembre 2021 et 5 janvier 2022 :
13. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points affecté au permis de conduire est réduit de plein droit lorsqu'est établie, par le paiement d'une amende forfaitaire, l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive, la réalité de l'infraction donnant lieu à retrait de points.
14. En premier lieu, il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l'article 530 du même code, que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou avoir formé, dans les conditions prévues à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
15. En second lieu, l'article L. 225-1 du code de la route fixe la liste des informations qui, sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, sont enregistrées au sein du système national des permis de conduire. En particulier, le 6° de cet article prévoit l'enregistrement dans ce système " de toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ". En vertu de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°), devenu l'article L. 225-1 (3°, 4°, 5° et 6°), du code de la route, les informations mentionnées au 6° de l'article L. 225-1 de ce code sont communiquées par l'officier du ministère public par support ou liaison informatique. Il résulte de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention d'une condamnation pénale devenue définitive.
16. Il résulte de l'instruction, qu'est inscrite dans le système national des permis de conduire la mention que les infractions au code de la route relevées les 17 décembre 2021 et
5 janvier 2022 à l'encontre de M. B ont fait l'objet de condamnations pénales devenues définitives le 7 février 2023. Dès lors, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie.
S'agissant du moyen tiré du défaut de motivation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 17 décembre 2021 et 5 janvier 2022 :
17. En vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :- restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ".
18. En l'espèce, le relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B fait état de deux décisions référencées " 76 " relatives aux infractions commises les
17 décembre 2021 et 5 janvier 2022. Or les lettres référencées " 76 " qui avisent les contrevenants qui ont fait l'objet d'une condamnation définitive par une autorité judiciaire au titre d'une infraction au code de la route impliquant un retrait de points sont établies sur un formulaire type qui comporte systématiquement les considérations de droit et de fait constitutives du fondement du retrait de points opérés par l'administration sur son permis de conduire. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions référencées " 76 " portant retrait de points concernant les infractions précitées ne peut qu'être écarté.
19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision consécutive à l'infraction du 15 septembre 2022 lui retirant un point au capital de son permis de conduire.
En ce qui concerne la décision " 48 SI " du 14 juin 2023 :
20. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Eu égard à l'annulation de la décision mentionnée au point 19 le solde de points rattachés au permis de conduire de M. B est redevenu positif. Dès lors, la décision " 48SI " du 14 juin 2023, en tant qu'elle constate l'invalidité du permis de conduire de M. B doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution.() ". Et aux termes de l'article
L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ".
22. Si l'annulation contentieuse d'une décision ou de plusieurs décisions de retrait de points implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre, et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire. Il y a lieu dès lors, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à l'intéressé, dans la limite de douze points, le bénéfice d'un point irrégulièrement retiré à la suite de l'infraction constatée le 15 septembre 2022 et de réexaminer la situation de M. B dans le sens des observations qui précèdent, en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
23. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par M. B et par l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 15 septembre 2022 et la décision " 48 SI " du 14 juin 2023 invalidant le permis de conduire de M. B sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconnaître à M. B le bénéfice d'un point illégalement retiré et de réexaminer dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sa situation pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son permis de conduire.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.
Le magistrat désigné,
O. RoussetLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026