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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2302173

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2302173

mercredi 26 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2302173
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCARRERAS VALENTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2023, l'établissement " Le Sept Sept ", représenté par Me Carreras, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner toutes mesures de nature à mettre un terme à l'application de l'arrêté du 11 juillet 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a prononcé la fermeture administrative de l'établissement pour une durée de trois mois ;

2°) de prononcer toutes les mesures nécessaires à la réouverture de l'établissement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à Mme A B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors la décision litigieuse a des répercussions économiques importantes sur l'activité de l'établissement et le prive de toutes recettes pendant trois mois alors qu'il doit faire face à ses charges d'exploitation ;

- l'arrêté litigieux porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'entreprendre et à la liberté du commerce et de l'industrie dès lors que :

- cet arrêté est disproportionné dès lors que Mme B, gérante de l'établissement, n'a reçu aucun avertissement préalablement à l'édiction de l'arrêté litigieux ;

- la gérante n'a pas été mise à même de présenter des observations dans le cadre d'une procédure contradictoire et alors qu'il n'existait aucune urgence à prendre une telle mesure.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. L'établissement " Le Sept Sept ", qui exploite une épicerie de nuit à Chalon-sur-Saône, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prononcer toutes les mesures nécessaires en vue de mettre un terme à l'application de l'arrêté du 11 juillet 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a prononcé sa fermeture administrative pour une durée de trois mois et toutes les mesures nécessaires à sa réouverture.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. L'établissement " Le Sept Sept " soutient que l'arrêté litigieux a des conséquences importantes sur son activité d'épicerie de nuit, qu'il est indispensable que cette épicerie puisse exercer son activité durant la période estivale et que la mesure litigieuse le prive de toutes recettes alors qu'il doit faire face aux charges inhérentes à son exploitation qui ne sont pas négligeables dans la mesure où l'exploitation de cette épicerie a débuté très récemment. Toutefois, l'établissement requérant ne verse aucune pièce de nature à établir d'une part la réalité et le montant des charges invoquées et d'autre part la situation économique dans laquelle se trouve actuellement cet établissement. Par suite, les seules allégations du requérant, qui ne sont corroborées par aucune pièce versée à l'instruction, ne permettent pas de caractériser l'existence d'une situation d'urgence à suspendre, à très bref délai, l'arrêté en date du 11 juillet 2022 pris par le préfet de Saône-et-Loire.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de l'établissement " Le Sept Sept " doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de l'établissement " Le Sept Sept " est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'établissement " Le Sept Sept ".

Fait à Dijon, le 26 juillet 2023.

La juge des référés,

N. ZEUDMI SAHRAOUI

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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