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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2302292

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2302292

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2302292
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 août 2023, M. A B, représenté par Me Thuriot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2023 par lequel le préfet de la Nièvre a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 12 avril 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de condamner l'Etat aux dépens et de mettre à sa charge la somme de 2 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le préfet de la Nièvre a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2023, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Nicolet, rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 24 novembre 1995, est entré irrégulièrement, sur le territoire français le 21 juin 2021. Le 1er décembre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 6 mars 2023, le préfet de la Nièvre a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par un courrier du 12 avril 2023, l'intéressé a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Du silence gardé par l'administration est née une décision implicite de rejet de ce recours. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Si M. B, dont la présence en France est très récente, fait valoir que deux tantes et des cousins vivent régulièrement en France, il ne l'établit pas par les pièces versées au dossier. Et si le requérant soutient être titulaire d'une promesse d'embauche, ce seul élément n'est pas de nature à établir que l'intéressé, célibataire et sans enfant, justifie d'une intégration sociale ou professionnelle particulière dans la société française. Enfin, si le requérant se prévaut d'une première entrée en France en 2010, accompagné de son père, de nationalité française, désormais décédé, et de la circonstance qu'il y a poursuivi une partie de sa scolarité, il ne justifie pas disposer d'attaches stables, intenses et anciennes sur le territoire français. Au regard de l'ensemble de ces circonstances, les décisions attaquées ne peuvent être regardées comme entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

3. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

4. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les dépens :

5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".

6. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait exposé des dépens au sens des dispositions précitées. Ses conclusions tendant à la condamnation de l'État aux dépens ne peuvent ainsi qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Nièvre.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

M. Hugez, premier conseiller,

Mme Hascoët, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

P. Nicolet

L'assesseur le plus ancien,

I. Hugez

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,lc

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