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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2302296

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2302296

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2302296
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationCH 1 JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 août 2023, M. B A conteste, d'une part, les décisions, en date du 20 juillet 2023, par lesquelles la commission des droits et de l'autonomie de la Côte-d'Or a refusé de lui attribuer l'allocation aux adultes handicapés et le complément de ressources, d'autre part, la décision, en date du 21 juillet 2021, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont incohérentes, dès lors que son invalidité a été par ailleurs reconnue par la caisse primaire d'assurance maladie à laquelle il est affilié ;

- son handicap est attesté médicalement et justifie le bénéfice des droits sociaux en cause.

Par ordonnance du 4 septembre 2023, le président du tribunal a transmis au pôle social du tribunal judiciaire de Dijon, en application de l'article 32 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015, les conclusions de la requête de M. A relatives à l'allocation aux adultes handicapés et au complément de ressources.

La requête a été communiquée à la maison départementale des personnes handicapées de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique, sur sa proposition, a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. C, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a contesté dans son mémoire introductif d'instance, d'une part, les décisions, en date du 20 juillet 2023, par lesquelles la commission des droits et de l'autonomie de la Côte-d'Or a refusé de lui attribuer l'allocation aux adultes handicapés et le complément de ressources, d'autre part, la décision, en date du 21 juillet 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or, confirmant sur recours administratif préalable obligatoire une précédente décision, a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Les conclusions relatives à l'allocation aux adultes handicapés et au complément de ressources ont été transmises au pôle social du tribunal judiciaire de Dijon par l'ordonnance visée ci-dessus du 4 septembre 2023, de sorte que le tribunal n'est plus désormais saisi que des seules conclusions dirigées contre le refus de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Le IV de l'article R. 241-12-1 du même code dispose : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ". Selon l'annexe de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 susvisé, pris pour l'application de ces dispositions : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou [b] - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / (). 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A souffre d'arthrose, d'arthériopathie des membres inférieurs, occasionnant une claudication, de névralgies cervico-brachiales, de discopathie dégénérative du rachis, des séquelles d'une réduction chirurgicale de hernie discale au niveau lombaire L5-S1 et de douleurs diffuses évoquant une fibromyalgie. Toutefois, si le certificat médical dont il se prévaut, établi sur le modèle normalisé de demande de prise en charge du handicap, relève des difficultés à la marche, il retient un périmètre de marche de 750 mètres et ne fait pas mention de la nécessité de recourir à une aide technique ou humaine pour les déplacements extérieurs. Les pièces médicales versées aux débats ne permettent pas davantage de relever que le handicap de M. A répond à l'un des critères d'attribution de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ", tels qu'ils sont limitativement énumérés par les dispositions citées au point précédent. Dans ces circonstances, à défaut de démonstration mieux étayée d'une altération de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied de M. A répondant à ces critères, la décision en litige ne peut être regardée comme procédant d'une erreur d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du président du conseil départemental de la Côte-d'Or du 21 juillet 2023. Il n'en conserve pas moins la possibilité, s'il s'y estime fondé en raison de l'évolution de son état de santé, de solliciter de nouveau une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ", cela sur la base de documents médicaux décrivant avec précision les répercussions de son handicap sur sa faculté de déplacement pédestre.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A dirigées contre la décision du président du conseil départemental de la Côte-d'Or du 21 juillet 2023 lui refusant la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.

Le président,

D. CLa greffière,

C. CHAPIRON

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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