lundi 14 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | DE MESNARD ADÈLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2023, M. B D, représenté par Me de Mesnard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2023 par lequel le préfet du Doubs a prononcé sa remise aux autorités espagnoles ;
3°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2023 par lequel le préfet du Doubs l'a assigné à résidence dans la Côte-d'Or pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet du Doubs de l'autoriser à déposer une demande d'asile en France et de lui délivrer une attestation de demande d'asile, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocat sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté portant remise aux autorités espagnoles :
- il n'est pas établi que le signataire de cet arrêté disposait d'une délégation de signature à cet effet, régulièrement publiée et suffisamment précise pour permettre l'édiction de cette décision ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé, dès lors notamment qu'il ne mentionne ni son parcours, ni les raisons l'ayant conduit à quitter son pays, ni son état de santé défaillant, ni les motifs ayant amené le préfet à ne pas faire usage de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle et de son état de santé ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le préfet du Doubs n'apporte pas la preuve qu'il aurait bénéficié des informations prévues par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dès le début de la procédure dont il fait l'objet ;
- il appartient au préfet du Doubs d'établir qu'il a bénéficié d'un entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et qu'il n'a pas été privé de la garantie de faire valoir toutes observations utiles ;
- cet arrêté méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il est porteur du virus de l'immunodéficience humaine, qu'il doit bénéficier d'un traitement médicamenteux lourd et quotidien et d'un suivi en infectiologie, que des rendez-vous ont été programmés à cet effet jusqu'en octobre 2023 au centre hospitalier universitaire de Dijon, et qu'il a subi des violences physiques et psychologiques en raison de son orientation sexuelle, et notamment deux agressions traumatisantes en Espagne ;
S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
- il n'est pas établi que le signataire de cet arrêté disposait d'une délégation de signature à cet effet, régulièrement publiée et suffisamment précise pour permettre l'édiction de cette décision ;
- il doit être annulé dès lors que l'illégalité de la décision de remise aux autorités espagnoles le prive de base légale, et par voie de conséquence ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle et de son état de santé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'en l'obligeant à se présenter du lundi au vendredi entre 8 heures et 8 heures 30 au commissariat de police de Dijon, et à demeurer dans son logement entre 4 heures 30 et 7 heures 30, le préfet n'a tenu compte ni de son état de santé ni des contraintes médicales qui sont les siennes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2023, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- l'arrêt n° C-578/16 du 16 février 2017 de la Cour de justice de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes prévues à l'article R. 777-3-8 de ce code, dans les conditions prévues aux articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 14 août 2023 à 8 heures 30 minutes.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez ;
- et les observations de Me de Mesnard, représentant M. D, qui reprend le moyen soulevé dans sa requête, tiré de la méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 et de l'erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet du Doubs n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 8 heures 35 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant guinéen, né en 2000 en République de Guinée, est entré irrégulièrement sur le territoire français. Il a présenté une demande d'asile le 3 mai 2023. L'examen de ses empreintes digitales a fait apparaître qu'il a déposé une demande d'asile le 7 juillet 2022 en Espagne. Les autorités espagnoles ont été saisies d'une demande de reprise en charge et ont explicitement donné leur accord le 27 juin 2023. Le 13 juillet 2023, le préfet du Doubs a pris deux arrêtés, notifiés le 8 août 2023 par voie administrative, l'un prononçant la remise de l'intéressé aux autorités espagnoles et l'autre l'assignant à résidence dans le département de la Côte-d'Or pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois. M. D demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. D.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Par un arrêté référencé 25-2023-07-13-00002 du 13 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs référencé 25-2023-102 du même jour de la préfecture du Doubs, le préfet du Doubs a donné délégation à Mme C E, directrice de cabinet, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Philippe Portal, secrétaire général, notamment les décisions de transfert des étrangers dont l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre État membre et les décisions portant assignation à résidence. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. Philippe Portal n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, les vices d'incompétence allégués manquent en fait et doivent être, pour ce motif, écartés.
En ce qui concerne la remise aux autorités espagnoles :
5. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué qu'il est motivé en droit par le visa du b) du 1 de l'article 18 et de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, et par la mention des articles 3 et 17 du même règlement, et en fait par les circonstances selon lesquelles l'intéressé a déposé le 7 juillet 2022 une demande d'asile en Espagne, les autorités espagnoles ont été saisies d'une demande de reprise en charge, ces autorités ont explicitement accepté leur responsabilité le 27 juin 2023, l'intéressé n'établit pas d'atteinte grave au droit d'asile en cas de transfert aux autorités espagnoles, il ne relève pas des dérogations prévues par le 2 de l'article 3 du règlement précité, et il ne justifie pas de l'application de l'article 17 de ce règlement. Dans ces conditions, alors que le préfet du Doubs n'était tenu de retracer dans son arrêté ni le parcours exhaustif de l'intéressé ni son état de santé, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit être, pour ce motif, écarté.
6. En deuxième lieu, eu égard, en outre, à ce qui vient d'être dit au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait omis de procéder à un examen réel et sérieux de la situation de M. D.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement et notamment : / a) des objectifs du présent règlement () / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. D s'est vu délivrer, le 3 mai 2023, deux brochures d'informations, dites " A " (J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande d'asile ') et " B " (Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce que cela signifie '), dont les pages de garde comportent la signature de l'intéressé. Ces documents constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement précité et contiennent l'intégralité des informations prévues au paragraphe 1 de cet article. Ces brochures ont été remises à l'intéressé en langue française, langue qu'il ne conteste pas lire, parler et comprendre. En outre, M. D a signé sans aucune réserve le résumé de son entretien individuel, intervenu le même jour en langue française, au cours duquel il n'a fait état d'aucune difficulté de compréhension, attestant que les informations sur les règlements communautaires lui ont été remises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 de ce règlement doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5, intitulé " Entretien individuel ", du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".
10. Il résulte des dispositions précitées que les autorités de l'Etat membre doivent, afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable de la demande d'asile, mener un entretien individuel avec le demandeur à l'effet notamment de veiller à ce que celui-ci a reçu et comprend les informations prévues à l'article 4.
11. Il ressort des pièces du dossier que, le 3 mai 2023, M. D a bénéficié d'un entretien individuel réalisé en langue française, langue que l'intéressé ne conteste pas comprendre et parler, au cours duquel il a pu présenter ses observations et mentionner les raisons qui l'ont amené à fuir son pays d'origine, et à l'issue duquel il a attesté avoir reçu l'information sur les règlements communautaires. En l'espèce, M. D a fait valoir les raisons pour lesquelles il a quitté la République de Guinée et a été informé qu'il pouvait à tout moment transmettre tout document médical dont il souhaitait la prise en compte. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013, qui manque une nouvelle fois en fait, doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 17, intitulé " Clauses discrétionnaires ", paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ".
13. Dans son arrêt n° C-578/16 du 16 février 2017, la Cour de justice de l'Union européenne a dit pour droit qu'il incombe aux autorités de l'État membre devant procéder au transfert d'éliminer tout doute sérieux concernant l'impact du transfert sur l'état de santé de l'intéressé, en prenant les précautions nécessaires pour que son transfert ait lieu dans des conditions permettant de sauvegarder de manière appropriée et suffisante l'état de santé de cette personne. Dans l'hypothèse où, compte tenu de la particulière gravité de l'affection du demandeur d'asile concerné, la prise de ces précautions ne suffirait pas à assurer que son transfert n'entraînera pas de risque réel d'une aggravation significative et irrémédiable de son état de santé, il incombe aux autorités de l'État membre concerné de suspendre l'exécution du transfert de l'intéressé, et ce aussi longtemps que son état ne le rend pas apte à un tel transfert, et le cas échéant, s'il s'apercevait que l'état de santé du demandeur d'asile concerné ne devrait pas s'améliorer à court terme, ou que la suspension pendant une longue durée de la procédure risquerait d'aggraver l'état de l'intéressé, d'examiner lui-même la demande de celui-ci en faisant usage de la " clause discrétionnaire " prévue à l'article 17, paragraphe 1, du règlement n° 604/2013.
14. Il ressort des pièces du dossier que M. D est porteur du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), qu'il bénéficie depuis le mois de mai 2023 d'un suivi au sein du service des maladies infectieuses du centre hospitalier universitaire de Dijon, que lui est prescrit un traitement composé d'une association fixe d'antiviraux et qu'il doit bénéficier d'un suivi régulier. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que le traitement qui lui a été prescrit l'a été pour une durée de trois mois, que les rendez-vous fixés le sont tous les deux mois environ et, en outre, que sa charge virale était quasiment indétectable au mois de juin 2023. Il n'est pas contesté que ces problèmes de santé nécessitent que l'intéressé puisse bénéficier, dès son arrivé en Espagne, d'une prise en charge appropriée. Toutefois, aucun des documents produits par M. D ne permet d'établir qu'une telle prise en charge serait inenvisageable en Espagne, ni que le transfert de l'intéressé dans ce pays romprait la continuité du traitement dont il bénéficie, au demeurant, de manière récente, et comme il a été dit, prescrit pour une durée de trois mois. Enfin, s'il allègue avoir subi deux agressions en Espagne du fait de son orientation sexuelle, il ne l'établit pas et n'établit pas davantage que son retour en Espagne lui ferait courir un danger actuel et personnel. Ainsi, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'un transfert vers les autorités espagnoles entraînerait, par lui-même, un risque réel d'aggravation significative et irrémédiable de l'état de santé de l'intéressé ou un risque réel et actuel en raison de son orientation sexuelle. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'en ne faisant pas application des dispositions de l'article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
15. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 juillet 2023, par lequel le préfet du Doubs a prononcé sa remise aux autorités espagnoles.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
16. En premier lieu, M. D n'ayant pas démontré l'illégalité de l'arrêté portant remise aux autorités espagnoles, n'est fondé à demander l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet du Doubs l'a assigné à résidence, ni par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté portant remise aux autorités espagnoles, ni par la voie de l'exception, en se prévalant de l'illégalité de ce dernier.
17. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le préfet du Doubs n'aurait pas procédé un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. D. Par suite, ce moyen doit être écarté.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rendu applicable à la situation de M. D, par renvoi de l'article R. 751-4 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
19. Si M. D soutient que le préfet du Doubs n'aurait pas tenu compte de son état de santé et des contraintes médicales qui sont les siennes, en l'obligeant à se présenter tous les jours ouvrés au commissariat de police de Dijon entre 8 heures et 8 heures 30, et de demeurer dans son logement entre 4 heures 30 et 7 heures 30, il ne mentionne pas les éléments tirés de son état de santé ou les contraintes médicales qui feraient obstacle ou rendraient plus difficiles ces obligations, alors même qu'aucun des rendez-vous de suivi dont a bénéficié M. D au centre hospitalier universitaire de Dijon, ni aucun de ceux prévus postérieurement à la date de la décision attaquée n'a été fixé durant ces plages horaires et que l'intéressé est seulement tenu à la prise d'un seul comprimé par jour le midi. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. D doit être écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. D, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
23. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le conseil du requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, au préfet du Doubs et à Me Adèle de Mesnard.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Côte-d'Or.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 août 2023.
Le magistrat désigné,
I. A
La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026