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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2302353

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2302353

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2302353
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantGUERAULT SÉBASTIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 août 2023, Mme A B, représentée par Me Guerault, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à séjourner et à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de saisir les services ayant procédé à son signalement de non-admission " en vue de la mise à jour du fichier en tenant compte de cette annulation " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- le préfet de Saône-et-Loire a méconnu les dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le préfet de Saône-et-Loire a méconnu les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et, en outre, a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de refus de séjour sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour et a méconnu les dispositions des articles L. 612-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- la décision d'interdiction de retour est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour et méconnait, en outre, les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale le 23 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Boissy a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante arménienne née en 1992, est entrée irrégulièrement sur le territoire, selon ses déclarations, le 12 avril 2011, accompagnée de son mari. Elle a présenté une demande d'asile qui a été successivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés (OFPRA) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) les 26 mars 2011 et 25 janvier 2013. En parallèle, Mme B a donné naissance à ses deux premiers enfants, les 8 septembre 2011 et 1er octobre 2012 sur le territoire français. Par un arrêté du 7 juin 2013, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire. Par un jugement n°1301693 du 10 octobre 2013, devenu définitif, le tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de l'intéressée dirigée contre cet arrêté du 7 juin 2013. Par la suite, Mme B s'est maintenue sur le territoire et a sollicité une admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 16 janvier 2020, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de l'admettre exceptionnellement au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un jugement n°2000351 du 15 septembre 2020, qui a été confirmé par un arrêt n°20LY03019 du 27 mai 2021 rendu par la cour administrative d'appel de Lyon, le tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme B contre cet arrêté du 16 janvier 2020. Le 6 août 2021, l'époux de l'intéressée a été éloigné d'office par le préfet à destination de l'Arménie.

2. Le 6 septembre 2021, Mme B a de nouveau sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 10 février 2022, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par un jugement n°2201813 du 20 octobre 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Dijon a annulé cet arrêté du 10 février 2022, pour vice de procédure, et a enjoint au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer la situation de l'intéressée. Par un arrêté du 10 mars 2023, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans. Par un jugement n°2300761 du 22 juin 2023, le tribunal administratif de Dijon a de nouveau annulé cet arrêté pour un vice de procédure et ordonné au préfet de Saône-et-Loire de procéder au réexamen de la situation de l'intéressée

3. Par un arrêté du 30 juin 2023, pris en exécution du jugement du 22 juin 2023, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans. Mme B demande l'annulation de cet arrêté du 30 juin 2023.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

4. La requérante ayant été admise, en cours d'instance, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 octobre 2023, ses conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

6. Si la requérante soutient que le préfet de Saône-et-Loire, avant de procéder au réexamen de sa situation en exécution du jugement n°2300761 du 22 juin 2023, ne lui a pas délivré l'autorisation provisoire de séjour mentionnée à l'article L. 614-16, cette circonstance reste sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article L. 614-16 est dès lors inopérant et doit être écarté pour ce motif.

7. En second lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".

8. S'il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que l'article 41 s'adresse, non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union, de sorte que le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant, il résulte cependant de cette même jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, et qu'il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

9. Lorsqu'il sollicite la délivrance d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

10. Mme B, en prenant l'initiative de présenter une demande de carte de séjour en septembre 2021, a nécessairement été mise à même, par cette seule démarche, de faire valoir tout élément utile tenant à sa situation personnelle au cours de l'instruction de sa demande. L'intéressée ne produit aucun élément de nature à établir qu'elle aurait été empêchée de présenter des observations entre septembre 2021 et le 30 juin 2023. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que son droit à être entendu préalablement à l'édiction de l'arrêté du 30 juin 2023 a été méconnu.

En ce qui concerne la légalité interne :

11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

12. Tout d'abord, Mme B se prévaut de sa présence continue en France depuis plus de douze ans, de la présence de ses trois enfants ainsi que d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps partiel en qualité d'agent de service professionnel à compter du 1er septembre 2023. Cependant, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, l'intéressée a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine dans lequel vit actuellement son mari depuis 2021 et dans lequel elle n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales et personnelles, et, d'autre part, que durant ces douze années sur le territoire français, elle ne justifie pas, à la date de l'arrêté attaqué, avoir noué des liens privés ou professionnels d'une intensité particulière ni s'être significativement insérée dans la société.

13. Ensuite, Mme B n'a été autorisée à se maintenir sur le territoire que durant le temps nécessaire à l'examen de ses demandes d'asile et a fait l'objet, les 7 juin 2013 et 16 janvier 2020, de deux arrêtés du préfet de Saône-et-Loire, lui faisant notamment obligation de quitter le territoire. Dès lors qu'elle n'a pas exécuté ces mesures d'éloignement prononcées à son encontre et qu'elle savait que sa situation était irrégulière au regard de la législation française sur l'immigration, Mme B a fait un choix personnel en se maintenant illégalement sur le territoire dont elle ne peut pas se prévaloir pour mettre l'Etat devant le fait accompli.

14. Dans ces conditions, et même si les enfants de l'intéressée ont effectué toute leur scolarité en France, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'admission au séjour de Mme B ne répondait pas à des considérations humanitaires et n'était pas davantage justifiée au regard de motifs exceptionnels et en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de Saône-et-Loire n'a pas davantage, dans les circonstances particulières de l'espèce, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

16. Compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 13 à 15, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas porté au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté attaqué a été pris. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

18. L'exécution de l'arrêté attaqué par Mme B n'implique pas une séparation avec ses enfants qui ont également la nationalité arménienne. La cellule familiale pourra donc se reconstruire en Arménie, où vit actuellement l'époux de l'intéressée, père de ses enfants. Par conséquent, et compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 13 à 15, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

19. En quatrième lieu, en vertu des dispositions combinées du 3° de l'article L. 612-2 et du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire lorsqu'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. Sauf circonstance particulière, un tel risque est établi lorsque l'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement.

20. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est soustraite aux mesures d'éloignement dont elle a fait l'objet les 7 juin 2013 et 16 janvier 2020. Dès lors, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

21. En cinquième lieu, en vertu des articles L. 613-2, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de sa notification, lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger en tenant compte, pour fixer la durée de cette interdiction de retour, de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.

22. Il ne ressort pas des pièces du dossier et de ce qui a été dit aux points 1 et 13 à 15 que le préfet de Saône-et-Loire, en décidant de prononcer à l'encontre de Mme B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, aurait en l'espèce commis une erreur d'appréciation.

23. En dernier lieu, la décision de refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, les moyens invoqués par la voie de l'exception à l'encontre des décisions d'éloignement, refusant d'accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour, tirés de l'illégalité de cette décision, doivent être écartés.

24. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande Mme B au titre de ces dispositions.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme B tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de Mme B sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Guerault.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. BoissyLa greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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