mardi 29 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302457 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | BIGARNET VALENTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 août 2023, M. C B, représenté par Me Bigarnet, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2023, par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2023, par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît son droit à sa vie privée et familiale et, ce faisant, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il se prévaut de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, soulevée par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français, d'une part, et la décision portant assignation à résidence d'autre part ;
- l'obligation de pointage journalier est disproportionnée par rapport à sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, par une décision du 1er mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes prévues à l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 29 août 2023 à 8 heures 30 minutes.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez ;
- et les observations de Me Bigarnet, représentant M. B, qui rappelle que M. B est présumé innocent et qu'il aurait de la famille en France, sans formuler de nouveau moyen à l'appui duquel viendraient ces observations, et s'en rapporte à ses écritures.
Le préfet de la Côte-d'Or n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 8 heures 34 minutes.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant marocain, né en 1994 au Maroc, a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2020. Il a été découvert en situation irrégulière le 21 août 2023 par les services de police de Dijon dans le cadre de faits de violences conjugales. Par deux arrêtés, en date du 22 août 2023, notifiés par voie administrative le lendemain, et dont l'intéressé demande au tribunal l'annulation, le préfet de la Côte-d'Or, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois années, et d'autre part, l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. Si M. B a soutenu, au cours de la garde à vue dont il a fait l'objet avant l'édiction des décisions en litige, qu'il a résidé en France entre 2020 et 2023, qu'il est venu en France pour se faire soigner d'un cancer du palais et qu'il vit avec une concubine sur le territoire français, il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé, qui est célibataire et sans enfants, s'est maintenu en France sans jamais disposer de titre de séjour et sans tenter de régulariser sa présence sur le territoire français, qu'il n'établit ni la durée ni l'intensité ni la pérennité du lien qu'il aurait avec la personne qu'il désigne comme sa concubine, qu'il n'établit ni la pathologie alléguée ni l'impossibilité pour lui d'être soigné dans son pays d'origine. Alors que M. B ne conteste pas ne pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu la majeure partie de sa vie et dans lequel résident ses parents, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à sa vie privée et familiale, au regard des motifs pour lesquels elle a été prise. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence. Dès lors, le moyen tiré de cette exception d'illégalité doit être écarté.
7. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que les obligations de présentation définies par l'arrêté portant assignation à résidence seraient disproportionnées est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, M. B ne fait état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce qu'il se présente chaque jour ouvrable entre 8 heures et 9 heures au commissariat de police de Dijon, alors qu'il déclare résider à Dijon. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est fondé à demander l'annulation ni de l'arrêté du 22 août 2023, par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, ni de l'arrêté du même jour, par lequel ce préfet l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Dijon pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de M. B, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le conseil de M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Valentin Bigarnet.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 août 2023.
Le magistrat désigné,
I. A
La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026