jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2023, M. C B, désormais représenté par Me Caille, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2023/0014 du 13 juillet 2023 par lequel le maire de Val-Mont a procédé au retrait de sa délégation en qualité de deuxième adjoint ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Val-Mont les frais d'instance.
Il soutient que :
- il s'est fait agresser verbalement et physiquement par un membre de l'association Amitié Motards Jersenvaliens à l'occasion des festivités de la fête nationale qui se déroulent le samedi précédant le 14 juillet ; le président de cette association s'est interposé mais a pris la défense unilatérale du membre de son association ; il a subi trente jours d'incapacité temporaire totale à la suite de cette altercation ; ces événements, qui ont eu lieu le 9 juillet 2023, ne touchent pas le titre, la personne et la fonction de maire, mais celle d'un des coorganisateurs en l'occurrence M. Daniel Carrier, président de l'association Amitié Motards Jersenvaliens ; ce dernier était présent en tant que président d'association et coorganisateur des festivités, mais pas en qualité de maire ;
- les organisateurs de l'évènement, dont M. A, n'ont pas pris les mesures nécessaires en ce qui concerne l'organisation de la sécurité des festivités au vu du nombre de visiteurs équivalent aux années passées ; il y a eu plusieurs altercations lors de cette soirée ; le maire de Val-Mont, M. A, n'a pas pris, en tant que maire, les mesures nécessaires qui auraient permis de prévenir le ou les dommages, puisque tout se passait sur le terrain communal ;
- il n'a jamais porté atteinte aux intérêts de la commune ou du maire ; il est très attaché à la fonction de deuxième adjoint au maire, à la mairie et à l'équipe qui la compose ; il a toujours œuvré au bénéfice de la commune ;
- l'arrêté attaqué est imprécis dès lors qu'il ne précise pas si l'ensemble de ses délégations lui ont été retirées ; il est entaché d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'il a été pris pour des motifs tenant à sa personne ; il est entaché d'un abus de pouvoir ; il porte atteinte à sa dignité de citoyen et d'élu, mais également à ses relations avec les habitants de la commune de Val-Mont et des communes voisines.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2023, la commune de Val-Mont, représentée par la SCP Clemang, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Un mémoire, produit par M. B, a été enregistré le 17 juin 2024, mais n'a pas été communiqué.
Par une décision du 1er juillet 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cherief,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,
- et les observations de Me Caille, pour M. B, et de Me Clemang pour la commune de Val-Mont.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est membre du conseil municipal de Val-Mont et exerce les fonctions de second adjoint au maire. Par un arrêté n° 2023/0014 du 13 juillet 2023, le maire de Val-Mont lui a retiré la délégation qui lui avait été consentie par un arrêté du 25 juin 2020 pour les travaux de voirie, le cimetière de Jours-en-Vaux, les affaires forestières, les affaires sociales, les finances communales et les affaires culturelles. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 2122-20 de ce code : " Les délégations données par le maire en application des articles L. 2122-18 et L. 2122-19 subsistent tant qu'elles ne sont pas rapportées. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible au maire d'une commune, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale, de mettre un terme, à tout moment, aux délégations de fonctions qu'il avait données à l'un de ses adjoints. Dans ce cas, il est tenu de convoquer sans délai le conseil municipal afin que celui-ci se prononce sur le maintien dans ses fonctions de l'adjoint auquel il a retiré ses délégations.
4. Eu égard à la portée de ses écritures, M. B doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la décision attaquée a été prise pour un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale et que son comportement, lors de la soirée du 8 au 9 juillet 2023, n'a pas porté atteinte à la bonne marche de l'administration.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, à l'occasion des festivités du 14 juillet 2023, qui se sont tenues le 8 juillet 2023, M. B a déclenché une altercation qui a rendu nécessaire l'intervention du maire de Val-Mont pour s'interposer et tenter de ramener M. B, alors sous une forte imprégnation alcoolique, à la raison. Alors que le maire maintenait l'intéressé contre un mur, il est constant que ce dernier lui a porté un coup de poing au visage ainsi que plusieurs coups de genoux. Si le requérant, qui ne conteste pas sérieusement la matérialité de ces faits, soutient que le maire de la commune a souhaité prendre la défense des membres de son association, il ressort des témoignages précis et circonstanciés de trois témoins que le maire de la commune s'est borné à retenir M. B, qui manifestait un comportement agressif sous l'empire d'une forte imprégnation alcoolique, pour tenter de le ramener à la raison et d'éviter ainsi que la situation ne dégénère. Par ailleurs, si le requérant fait valoir que l'arrêté en litige est entaché d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'il a été pris en considération de sa personne, il ressort des pièces du dossier que le retrait de la délégation de M. B en qualité d'adjoint a été voté par le conseil municipal de Val-Mont, à une majorité de onze voix contre quatre, cette délibération étant motivée par le comportement de M. B lors de la soirée du 8 au 9 juin et par la nécessité d'assurer la bonne marche des services municipaux. Enfin, M. B n'établit pas que les blessures, qui ont été constatées médicalement, auraient été causées par M. A. Dans ces conditions, la décision attaquée ne peut être regardée comme ayant été prise pour un motif matériellement inexact et étranger à la bonne marche de l'administration communale, le requérant, qui ne saurait utilement faire valoir à cet égard que les organisateurs et le maire n'auraient pas pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des festivités au regard du nombre de visiteurs équivalent à celui des années passées, n'étant pas fondé à soutenir que cette altercation n'aurait pas, par elle-même, porté atteinte aux intérêts de la commune et à ceux de son maire. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et du détournement de pouvoir doivent être écartés.
6. D'autre part, et contrairement à ce que fait valoir M. B, l'article 1er de l'arrêté attaqué retire la délégation qui avait été consentie à M. B, en sa qualité de deuxième adjoint, par un arrêté du 25 juin 2020 portant sur les travaux de voirie, le cimetière de Jours-en-Vaux, les affaires forestières, les affaires sociales, les finances communales et les affaires culturelles. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait imprécis, dès lors qu'il ne précise pas que l'ensemble de ses délégations lui a été retiré, doit être écarté.
7. Enfin, et eu égard à ce qui a été dit au point 5 du présent jugement, en se bornant à faire valoir que l'arrêté attaquée est entaché d'un abus de pouvoir et qu'il porte atteinte à sa dignité de citoyen et d'élu mais également à ses relations avec les habitants de la commune de Val-Mont et des communes voisines, M. B n'assortit les moyens ainsi soulevés d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il y a lieu d'écarter l'ensemble de ces moyens.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune de Val-Mont et à Me Caille.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Hascoët, première conseillère,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
H. Cherief
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026