jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BARBEROUSSE NATACHA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, Mme D C, représentée par Me Barberousse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel le président du conseil départemental de l'Yonne a suspendu son agrément en qualité d'assistante maternelle ;
2°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge du département de l'Yonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle conteste avoir commis le moindre geste de nature à compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement de l'enfant ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ; les services départementaux auraient dû procéder à des diligences supplémentaires pour apprécier s'il existait un risque pour les enfants ; la rougeur au visage pourrait être liée à l'administration d'un vaccin le jour même.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, le département de l'Yonne conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 janvier 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hugez, premier conseiller, en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Hascoët,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public,
- et les observations de Me Barberousse, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C était agréée par le président du conseil départemental de l'Yonne pour exercer la profession d'assistante maternelle. Par une décision du 18 juillet 2023 dont elle demande l'annulation, le président du conseil départemental de l'Yonne a suspendu son agrément pour une durée de quatre mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'action sociale et des familles : " L'assistant maternel est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon non permanente des mineurs à son domicile ou dans un lieu distinct de son domicile appelé " maison d'assistants maternels " tel que défini à l'article L. 424-1. / L'assistant maternel accueille des mineurs confiés par leurs parents, directement ou par l'intermédiaire d'un service d'accueil mentionné à l'article L. 2324-1 du code de la santé publique. Il exerce sa profession comme salarié de particuliers employeurs ou de personnes morales de droit public ou de personnes morales de droit privé dans les conditions prévues au chapitre III du présent livre, après avoir été agréé à cet effet ". L'article L. 421-3 du même code prévoit que l'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel est accordé si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. Aux termes de l'article L. 421-6 de ce code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. () ".
3. La décision par laquelle l'autorité administrative prononce la suspension de l'agrément d'un assistant maternel constitue une mesure de police administrative prise dans l'intérêt des enfants accueillis. Si elle doit être motivée en vertu des dispositions spéciales de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, elle n'en relève pas moins du champ d'application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Pour prononcer la suspension de l'agrément de Mme C en qualité d'assistante maternelle, le président du conseil départemental de l'Yonne a indiqué, après avoir visé les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, " le certificat médical en date du 29/06/2023 par le Docteur B ", " les informations transmises par Monsieur E et Madame F, parents employeurs de Madame C D " et " les éléments communiqués au service de PMI du conseil départemental de l'Yonne, transmis au parquet aux fins d'enquête pénale ", que " des faits supposés graves seraient survenus au domicile de Madame C D, assistante maternelle, compromettant la sécurité des enfants " et qu'il " n'est pas établi à ce jour que Madame C D soit en mesure d'assurer la sécurité des enfants accueillis ". A éléments étaient suffisants en l'espèce pour permettre à Mme C de connaître les motifs pour lesquels son agrément était suspendu. La décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquels elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis. Dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient, dans l'intérêt qui s'attache à la protection de l'enfance, de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux. Il peut procéder à la suspension de l'agrément lorsque ces éléments revêtent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et révèlent une situation d'urgence, ce dont il lui appartient le cas échéant de justifier en cas de contestation de cette mesure de suspension devant le juge administratif, sans que puisse y faire obstacle la circonstance qu'une procédure pénale serait engagée, à laquelle s'appliquent les dispositions de l'article 11 du code de procédure pénale.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'un enfant confié à Mme C, âgé de quatre mois, a présenté en fin de journée le 29 juin 2023 une rougeur de l'hémiface droit à caractère récent, constatée par un médecin dans la soirée. La mère de l'enfant a adressé aux services départementaux le 5 juillet 2023 un courrier électronique précisant qu'elle avait constaté la rougeur dès qu'elle avait placé l'enfant dans la voiture en quittant le domicile de l'assistante maternelle, qu'elle s'était rendue rapidement à la pharmacie puis au service des urgences, que l'hématome ne s'était estompé que le 4 juillet 2023, que l'enfant présentait depuis l'incident des difficultés à dormir la nuit et sollicitait la présence constante de ses parents et que c'était la troisième fois en moins d'un mois que son fils présentait un bleu ou une rougeur au niveau du visage après avoir été gardé par Mme C. Elle a alors joint plusieurs photographies datant du 29 juin et des jours suivants ainsi que le certificat médical établi lors de son passage au service des urgences pédiatriques. Mme C fait valoir qu'elle avait fait remarquer à la mère de l'enfant à 18 heures ce jour-là que l'enfant portait une marque rouge au niveau de la joue droite, correspondant selon elle à une marque de tétine, et conteste avoir commis le moindre geste à l'égard de l'enfant. Elle ajoute que l'enfant avait bénéficié le matin même d'une vaccination qui aurait pu entraîner une réaction allergique. Cependant, aucun élément du dossier ne permet d'accréditer la thèse de Mme C selon laquelle la rougeur aurait pu résulter de la vaccination pratiquée sur l'enfant le matin même. Mme C, qui a reçu la visite d'un agent des services départementaux le 11 juillet 2023, n'a donné aucune explication plausible quant à l'origine de la rougeur constatée qui ne peut, compte tenu de son ampleur et de sa persistance, raisonnablement être imputée à une tétine et qui a été signalée par la mère à l'assistante maternelle à 20 h 19 le jour-même. Compte tenu de la récurrence des lésions constatées sur un nourrisson en moins d'un mois et de l'ouverture par le procureur de la République d'une enquête pénale, les éléments du dossier revêtaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et révélaient une situation d'urgence. Dans ces conditions, le président du conseil départemental de l'Yonne pouvait, sans commettre d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation, décider la suspension de l'agrément de Mme C en qualité d'assistante maternelle pendant quatre mois.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 18 juillet 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du département de l'Yonne, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présence instance, au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme C une somme au titre des frais exposés par le département de l'Yonne et non compris dans les dépens, dont il ne justifie au demeurant pas.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département de l'Yonne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au département de l'Yonne.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Irénée Hugez, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère,
M. Hamza Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
P. Hascoët
Le premier conseiller
faisant fonction de président,
I. Hugez
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026