lundi 25 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302680 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GAUTHERIN ARTHUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2023, M. E et l'association de solidarité avec tou(te)s les immigré(e)s (ASTI) représentés par Me Gautherin demandent au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision par laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire a refusé d'affecter M. A dans un établissement scolaire en classe de cinquième ;
2°) d'enjoindre à la directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire de l'affecter dans un établissement scolaire du second degré en classe de cinquième du ressort de son lieu de résidence dès la notification de l'ordonnance sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. A et une somme de 1 500 euros à verser à l'association ASTI au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-la requête est recevable ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que M. A se retrouve sans solution de scolarisation malgré son âge et l'obligation scolaire à laquelle il est soumis, ce qui nuit à son bon développement et à sa prise en charge dans des conditions décentes sur le sol français ;
- la décision refusant d'affecter M. A dans un établissement scolaire porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'éducation garanti par l'article 2 du protocole additionnel n°1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le préambule de la Constitution de 1946 et les articles L. 111-1, L. 111-2 et L. 131-1 du code de l'éducation dès lors qu'il est établi qu'il est mineur âgé de moins de seize ans.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une
demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures
nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit
public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans
l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. M. A, ressortissant guinéen se disant âgé de quatorze ans, est entré en France au mois de décembre 2022. Par ordonnance du 3 janvier 2023, le juge des enfants D, l'a confié provisoirement à l'aide sociale à l'enfance du département de Saône-et-Loire en qualité de mineur isolé, avec vérification de ses documents d'identité, un doute subsistant sur la réalité de sa minorité. Le 21 février 2023, le juge des enfants D a rendu un jugement de non-lieu à assistance éducative compte tenu des doutes pesant sur sa minorité. M. A a fait appel de cette décision devant la cour d'appel de Dijon. Les 29 avril et 3 juillet 2023, M. A, assisté par l'association de solidarité avec tou(te)s les immigré(e)s (ASTI) qui l'héberge et l'accompagne, a saisi l'académie de Dijon d'une demande de scolarisation. Par une décision du 20 juillet 2023, la directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire a refusé d'affecter M. A en classe de cinquième " au regard du doute sérieux pesant sur son âge réel et de l'écart manifeste de maturité qui en découle avec le profil des élèves de ces classes d'âge dans un établissement scolaire " et l'a invité à prendre contact avec le centre d'information et d'orientation D afin qu'il soit accompagné vers des formations davantage en adéquation avec sa maturité. Par la présente requête, M. A et l'association ASTI demandent au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre cette décision et d'enjoindre à la directrice académique des services de l'éducation nationale de Saône-et-Loire de l'affecter dans un établissement scolaire du second degré en classe de cinquième.
3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. En l'espèce, M. A soutient que la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se retrouve sans solution de scolarisation malgré son âge et l'obligation scolaire à laquelle il est soumis en sa qualité de mineur de moins de seize ans, ce qui nuit à son bon développement et à sa prise en charge dans des conditions décentes sur le sol français. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du jugement du 21 février 2023 du juge des enfants D, qu'il existe un doute sérieux sur la minorité de M. A. Par ailleurs, la majorité de M. A, si elle était confirmée, serait de nature à justifier qu'il ne soit pas scolarisé en classe de cinquième comme il le sollicite par la présente requête. Dans les circonstances particulières de l'espèce, dès lors que la cour d'appel de Dijon doit statuer prochainement sur le jugement de non-lieu à assistance éducative rendu par le juge des enfants D et se prononcer, à cette occasion, sur l'âge du requérant, M. A, qui a attendu deux mois avant de saisir le juge du référé liberté et qui ne se prévaut d'aucun élément précis et circonstancié établissant que sa scolarisation en classe de cinquième doive impérativement intervenir avant que soit rendue la décision de la cour d'appel de Dijon, ne peut être regardé comme justifiant d'une situation d'extrême urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E et à l'association de solidarité avec tou(te)s les immigré(e)s (ASTI).
Fait à Dijon, le 25 septembre 2023.
Le juge des référés,
O. Rousset
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026