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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2302705

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2302705

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2302705
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationCH 1 JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme A contestant le refus du département de la Côte-d'Or de lui délivrer une carte "mobilité inclusion" portant la mention "stationnement pour personnes handicapées". La juridiction a rappelé que cette carte vise à réduire la longueur des déplacements pédestres pour les personnes dont la capacité de marche est substantiellement réduite, conformément à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et à l'arrêté du 3 janvier 2017. Mme A invoquait des difficultés de stationnement liées à une pathologie des épaules, sans démontrer une réduction importante et durable de sa mobilité pédestre (périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou recours systématique à une aide technique ou humaine). En l'absence de preuve répondant aux critères réglementaires, le tribunal a estimé que le refus était légal.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2023, Mme B A conteste la décision, en date du 21 juillet 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Il soutient que :

- elle s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé ;

- en raison de la perte de mobilité de ses épaules, il lui est difficile d'effectuer les manœuvres de stationnement.

La requête a été communiquée au département de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique, sur sa proposition, a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Zupan, président-rapporteur, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A conteste la décision, en date du 21 juillet 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Mme A ayant formé contre ce refus le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles, il y a lieu de considérer que ces conclusions sont en réalité dirigées contre la décision rejetant ce recours, substituée à la décision initiale.

2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Le IV de l'article R. 241-12-1 du même code dispose : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ". Selon l'annexe de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 susvisé, pris pour l'application de ces dispositions : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou [b] - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements (). 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées () ".

3. Mme A déclare qu'elle souffre d'une pathologie affectant la mobilité de ses épaules et qui lui rendent difficiles les manœuvres de stationnement. Toutefois, la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement " a pour finalité, en permettant à son titulaire de bénéficier de places de stationnement réservées, de réduire la longueur de ses déplacements pédestres. Elle est ainsi due aux personnes dont les capacités et l'autonomie pour la marche est substantiellement réduite, selon les critères définis par la réglementation citée au point précédent, et non à celles qui sont atteintes d'un handicap affectant la conduite automobile en tant que telle. La requérante, par ailleurs, ne fait état d'aucun déficit de motricité des membres inférieurs ni d'une altération des fonctions mentales, cognitives, psychiques ou sensorielles imposant son accompagnement par une tierce personne lors de ses déplacements extérieurs. La circonstance que la commission des droits et de l'autonomie de la Côte-d'Or lui a par ailleurs reconnu la qualité de travailleur handicapé est sans incidence sur le litige, la reconnaissance de cette qualité reposant sur des critères réglementaires distincts, et beaucoup plus diversifiés, que la délivrance de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ". Dans ces conditions, la décision en litige ne saurait être regardée comme procédant d'une erreur d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement " que lui a opposée le président du département de la Côte-d'Or.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le président,

D. ZupanLa greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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