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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2302798

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2302798

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2302798
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationCH 1 JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de M. A, qui contestait un arrêté préfectoral du 13 septembre 2023 suspendant son permis de conduire pour six mois. Le requérant invoquait un refus des gendarmes de le conduire à l'hôpital pour une prise de sang et une erreur d'appréciation, affirmant avoir consommé du CBD et non du cannabis. Le tribunal a estimé que M. A n'apportait pas de preuve suffisante pour étayer ses allégations, notamment concernant le refus de prise de sang et l'absence de consommation de stupéfiants. La solution retenue est fondée sur les articles L. 224-2 et L. 235-2 du code de la route, confirmant la légalité de la suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 octobre 2023, M. C A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.

Il soutient que :

- les gendarmes qui l'ont interpellé ont refusé de le déposer à l'hôpital afin de lui permettre d'effectuer une prise de sang ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'avait pas consommé de cannabis mais du cannabidiol (CBD) qui est en vente libre.

La procédure a été communiquée au préfet de la Côte-d'Or qui n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 2 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixé au 22 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Rousset a été seul entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis de conduire le

8 septembre 2023, à la suite d'un prélèvement salivaire positif aux substances ou plantes classées comme stupéfiants. Par un arrêté du 13 septembre 2023, le préfet de la Côte-d'Or a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I. Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : / () / 2° Il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2 si les analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques établissent que le conducteur conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ou si le conducteur ou l'accompagnateur de l'élève conducteur a refusé de se soumettre aux épreuves de vérification prévues au même article L. 235-2 ; / (). ".

3. En premier lieu, le requérant qui, ainsi que cela ressort de l'avis de rétention de son permis de conduire qu'il a signé, s'est abstenu de demander un examen sanguin dans les conditions prévues par l'article R. 235-6 et R. 235-11 du code de la route, n'établit pas, par les pièces qu'il verse à l'instance, que les gendarmes qui l'ont contrôlé le 8 septembre 2023 auraient refusé de le conduire dans un établissement hospitalier afin que soit pratiquée une prise de sang.

4. En second lieu, en se bornant à soutenir qu'il consomme régulièrement du cannabidiol (CBD) sans apporter la moindre preuve à l'appui de cette allégation et à verser à l'instance les résultats d'une analyse d'urine prélevée le 21 septembre 2023, soit treize jours après son contrôle par la gendarmerie, le requérant ne conteste pas sérieusement le dépistage positif au cannabis révélé par le prélèvement salivaire effectué le 8 septembre 2023. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par le préfet de la Côte-d'Or doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée préfet de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le président,

O. RoussetLa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

N°2302798

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