jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302844 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 octobre 2023 et un mémoire enregistré le 11 juin 2024, Mme A D, représentée par la SCP Clémang, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a implicitement rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise sans consultation de la commission du titre de séjour, alors qu'elle totalise désormais dix ans de présence en France ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D une somme de
500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
A seul été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante congolaise née en 1988, est entrée en France, selon ses déclarations, le 6 août 2012. Elle a donné naissance le 21 septembre 2012, sur le territoire français, à Diamanté Divine D, reconnue par M. C, citoyen français. L'intéressée a ensuite déposé une demande d'asile qui a été rejetée, de même que sa demande de réexamen. Elle a déposé le 13 avril 2014 une demande de carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français. Cette demande a été rejetée par arrêté du préfet de la Côte-d'Or du
27 février 2015, qui l'a en outre obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La requête de l'intéressée contre cet arrêté a été rejetée par un jugement du 1er février 2016 du tribunal administratif de Dijon. Par la suite, Mme D s'est maintenue illégalement sur le territoire français et a présenté le 1er septembre 2021 une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requête de Mme D contre cette décision implicite née du silence gardé sur cette demande a été rejetée par un jugement n° 2201995 du
16 mars 2023 du tribunal administratif de Dijon.
2. Le 3 mai 2023, Mme D a de nouveau demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article
L. 432-14 () ".
4. Il n'est pas contesté que Mme D est présente en France depuis, au plus tard, le 21 septembre 2012, ni que la décision de refus en litige est intervenue sans consultation de la commission du titre de séjour, alors que l'intéressée justifiait de plus de dix années de séjour habituel en France. Si la précédente demande de la requérante présentée le 1er septembre 2021, fondée sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été rejetée, la décision en litige ne peut être regardée comme confirmative de cette précédente décision qui n'était pas soumise à l'avis de la commission du titre de séjour.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à soutenir que la décision de rejet de sa nouvelle demande de titre de séjour, intervenue le 3 septembre 2024 est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, faute de consultation de la commission du titre de séjour, ce qui l'a privée d'une garantie. Cette décision doit par suite être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique seulement, eu égard au motif retenu ci-dessus pour justifier l'annulation prononcée, seul à même de la fonder, que, dans un délai de deux mois suivant sa notification, le préfet de la Côte-d'Or procède à un nouvel examen de la situation de Mme D, après consultation de la commission du titre de séjour.
Sur les frais liés au litige
7. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme D, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'Etat de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du préfet de la Côte-d'Or née du silence gardé sur la demande du
3 mai 2023 présentée par Mme D est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Côte-d'Or de procéder à un nouvel examen de la situation de Mme D, après consultation de la commission du titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions du préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, au préfet de la
Côte-d'Or et à Me Clemang.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026