jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302920 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MIFSUD ELODIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2023, Mme C A épouse B, représentée par Me Mifsud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Yonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de six mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la décision de refus de séjour est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour ;
- la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- la décision fixant le pays renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un vice d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, et est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire.
Par une ordonnance du 19 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 décembre 2023 à 12 heures.
Le 5 janvier 2024, le préfet de l'Yonne a produit un mémoire en défense qui, l'instruction étant close, n'a pas été communiqué.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 27 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bois a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse B, ressortissante russe née en 1960, entrée en France le 4 novembre 2016 accompagnée de son époux et de leur fils majeur, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 12 avril 2017 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 27 septembre 2017. La demande de réexamen de sa demande d'asile a été déclarée irrecevable, en dernier lieu, par décision de cette même cour du 12 octobre 2018. Le préfet de l'Yonne a prononcé à son encontre, le 29 juin 2018, une mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif de Dijon n° 1802057 du 28 août 2018, devenu définitif. La mesure d'éloignement n'ayant pas été exécutée, le préfet de l'Yonne en a édicté une deuxième le 4 décembre 2019 dont la légalité a été confirmée par un jugement n°2000614 du 10 mars 2020 par le tribunal administratif de Dijon puis par arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon n° 20LY03118 du 18 mai 2021. Cette deuxième mesure d'éloignement est toutefois restée, elle aussi, inexécutée. Mme B a présenté le 29 avril 2022 une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 18 septembre 2023, dont Mme B demande l'annulation, le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de six mois.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme B ayant été admise en cours d'instance à l'aide juridictionnelle, sa demande d'aide juridictionnelle provisoire a perdu son objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
3. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial le jour même, aisément consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet de l'Yonne a notamment délégué sa signature à Mme Girardot, secrétaire générale de la préfecture, pour ce qui concerne les refus de séjour, les obligations de quitter le territoire, les refus de départ volontaire et les interdictions de retour sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme Girardot n'était pas compétente pour signer la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision de refus de séjour, qui vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait notamment mention du parcours suivi par Mme B sur le territoire français, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle satisfait ainsi aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier des pièces médicales relatives à l'état de santé du fils majeur de la requérante, que le préfet de Yonne aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de Mme B et n'aurait pas pris en compte les éléments relatifs à sa situation personnelle avant de statuer sur sa demande de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. La décision de refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré d'une telle illégalité, invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré d'une telle illégalité, invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
8. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré d'une telle illégalité, invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
9. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 3, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision portant interdiction de retour sur le territoire doit être écarté.
10. En deuxième lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, qui vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait mention des précédentes soustractions de la requérante à deux mesures d'éloignement, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit dès lors être écarté.
11. En dernier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré d'une telle illégalité, invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire, ne peut qu'être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 18 septembre 2023. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire de Mme B.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par la requérante est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B, au préfet de l'Yonne et à Me Mifsud.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Zupan, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La rapporteure,
C. BoisLe président,
D. Zupan
La greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026