vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LOUARD FLORIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2023 et un mémoire enregistré le
31 janvier 2024, M. C A, représenté par Me Louard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du17 août 2023 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de renouveler son un titre de séjour, ensemble, la décision du 11 octobre 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de renouveler son titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi qu'en a déjà jugé le tribunal par décision du 10 décembre 2019 ;
- elle est entachée d'erreur de fait et de droit, sa qualité de père de famille n'ayant pas été prise en considération.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
A seul été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme B, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 11 décembre 2019, le tribunal administratif de Dijon a annulé la décision du préfet de Saône-et-Loire du 26 juillet 2019 refusant de renouveler la carte de séjour temporaire de M. A, au motif de l'omission de la consultation de la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a enjoint à l'autorité préfectorale de réexaminer la demande de M. A. Par décision du
14 août 2020, le préfet a refusé le renouvellement du titre de séjour sollicité par M. A, au motif qu'il représente une menace pour l'ordre public. Cette décision a été annulée par jugement du 29 avril 2021, au motif que l'avis de la commission du titre de séjour n'avait pas été communiqué à l'intéressé. Par une nouvelle décision du 17 août 2023 le préfet de Saône-et-Loire a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A. M. A demande l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas pris en considération l'ensemble des éléments de la situation du requérant, notamment sa qualité de père de cinq enfants de nationalité française. Les moyens tirés de l'erreur de fait ou de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet en omettant de prendre en compte cette situation doit par suite être écarté.
3. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 8 juillet 2005 à une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de vol avec destruction ou dégradation, le 31 octobre 2016 à une peine d'un an et six mois d'emprisonnement pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme, le 7 mai 2018, à une peine de trois ans d'emprisonnement pour des faits d'extorsion par violence, le 21 janvier 2019 à une peine d'un mois d'emprisonnement pour des faits de recel d'un bien provenant d'un délit, le 18 octobre 2019, à une peine d'emprisonnement de six mois pour des faits de violence commise en réunion. Par jugement du 17 mars 2021, le tribunal correctionnel de Mâcon a condamné M. A à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de violence aggravée. Enfin, par jugement du 13 janvier 2023, le tribunal correctionnel de Mâcon a condamné M. A à une peine d'emprisonnement de trois ans, pour des faits de conduite d'un véhicule à moteur malgré l'annulation judiciaire du permis de conduire, récidive et violence aggravée par deux circonstances et refus, par le conducteur d'un véhicule, d'obtempérer à une sommation de s'arrêter exposant directement autrui a un risque de mort ou d'infirmité permanente et violence aggravée.
5. M. A est entré en France en 2004, et a été mis en possession de titres de séjour régulièrement renouvelés jusqu'en juin 2018. Il se prévaut de sa qualité de père de cinq enfants de nationalité française, nés en 2002, 2006, 2008, 2012 et 2014. Toutefois, il n'apporte aucun élément permettant d'attester du maintien de liens particulièrement intenses avec ses enfants, malgré ses peines d'emprisonnement successives, alors qu'il a passé près du tiers de la durée de sa présence en France en détention. Le maintien d'une communauté de vie effective avec son épouse française ne ressort pas davantage des pièces du dossier. M. A n'apporte pas d'éléments, notamment de documents médicaux, à l'appui de ses allégations selon lesquelles son comportement violent proviendrait exclusivement d'un état alcoolisé, qui aurait été réglé durant son incarcération. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a commis des infractions de plus en plus rapprochées et de plus en plus graves représente une menace pour l'ordre public et ne peut dès lors se prévaloir de son insertion dans la société française.
6. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de séjour qui lui est opposée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de
Saône-et-Loire.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
N°2303330
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026