mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de Saône-et-Loire le 24 novembre 2023.
Il doit être regardé comme soutenant que la décision d'éloignement contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il pourrait justifier d'un contrat de travail ou d'une promesse d'embauche à la sortie de sa détention et bénéficier de justificatifs de domicile, qu'il a toute sa famille sur le territoire français et qu'il souhaite y travailler.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement, sur proposition du rapporteur public, l'a dispensé de présenter des conclusions sur ces affaires en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Nicolet a présenté son rapport lors de l'audience publique qui s'est tenue en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 15 août 1994, est entré irrégulièrement sur le territoire français en janvier 2023. Par un arrêté du 5 janvier 2023, le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Le 14 septembre 2023, le requérant a été condamné à une peine de dix mois d'emprisonnement pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, aggravée par une autre circonstance, par un jugement du tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône. Par un arrêté du 24 novembre 2023, le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. A demande au tribunal d'annuler l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de Saône-et-Loire le 24 novembre 2023, contenue dans cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
3. Le requérant, qui séjourne sur le territoire français depuis moins d'un an à la date de l'arrêté litigieux en dépit d'une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 5 janvier 2023 à laquelle il n'a pas déféré, se prévaut de sa volonté de s'insérer professionnellement et de la présence en France de membres de sa famille. Toutefois, alors qu'il n'établit ni même ne précise quels membres de sa famille seraient présents en France, ni les liens qu'il aurait tissés avec eux, le requérant ne justifie pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. En outre, il ressort des pièces du dossier que, le 14 septembre 2023, le requérant a été condamné à une peine de dix mois d'emprisonnement pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, aggravée par une autre circonstance, par un jugement du tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ou d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Saône-et-Loire.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Hascoët, première conseillère,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
Le président-rapporteur,
P. Nicolet
L'assesseur le plus ancien,
P. Hascoët
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026