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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2303389

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2303389

mardi 23 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2303389
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationCH 1 JU
Avocat requérantNOURANI LYLIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023, Mme A C représentée par Me Nourani demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 13 novembre 2023 par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) en tout état de cause d'ordonner le rétablissement du caractère suspensif du recours devant la Cour nationale du droit d'asile, de suspendre la mesure d'éloignement et d'ordonner son maintien en France jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son avocate au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à elle-même sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si elle n'était pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- la signataire de la décision était incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

-le caractère suspensif du recours qu'elle a formé devant la Cour nationale du droit d'asile doit être rétabli ainsi qu'en disposent l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la circulaire du 31 décembre 2018 ;

-elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

-le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire ;

- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;

- l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant a été méconnu ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- la signataire de la décision était incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

-l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas été invitée à présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision attaquée ;

- le préfet a entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas un délai de départ volontaire supérieur à trente jours ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la signataire de la décision était incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnus ;

-le préfet qui ne s'est pas interrogé sur les risques auxquels elle était exposée en cas de retour en Albanie s'est estimé lié par la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

Des pièces, enregistrées le 18 décembre 2023, ont été versées à l'instance par le préfet de la Côte-d'Or.

Par une décision du 22 décembre 2023, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Nourani, pour le compte de la requérante qui n'était pas présente, qui persiste par les mêmes moyens dans les conclusions de la requête ;

- le préfet de la Côte-d'Or n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante albanaise née en 1990, qui déclare être entrée en France le 12 mai 2023, y a sollicité l'asile. Sa demande, enregistrée en procédure accélérée, a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 21 septembre 2023 notifiée le 16 octobre 2023. Son recours formé devant la Cour nationale du droit d'asile a été enregistré le 21 novembre 2023. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler les décisions du 13 novembre 2023 par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et en tout état de cause d'ordonner le rétablissement du caractère suspensif de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile , de suspendre la mesure d'éloignement et d'ordonner son maintien en France jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Par décision du 22 décembre 2023, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

4. L'arrêté en litige a été signé par Mme B, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, investie à cet effet d'une délégation en vertu d'un arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 16 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 17 octobre 2023, consultable en ligne. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

6. En l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a également précisé l'état civil de la requérante, les modalités de son entrée sur le territoire français, le rejet de sa demande présentée au titre de l'asile ainsi que sa situation personnelle et familiale. Il s'ensuit que la décision portant obligation de quitter le territoire français énonce de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui la fonde pour mettre Mme C en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Côte-d'Or n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme C au vu des éléments qui avaient été portés à sa connaissance, avant de prendre la décision attaquée. Ainsi, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressée doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

9. Mme C soutient que le préfet de la Côte-d'Or a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'elle vit en France avec son époux et ses trois enfants mineurs et qu'elle y a tissé des liens sociaux et amicaux. Toutefois, il est constant que la requérante ne réside sur le territoire que depuis moins d'un an, que son mari dont la demande d'asile a été rejetée ne bénéficie plus du droit de se maintenir en France et qu'elle n'est pas dépourvue d'attache familiale en Albanie, pays où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-trois ans et dans lequel la cellule familiale pourra se reconstituer et ses enfants poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, la requérante, qui par ailleurs ne justifie d'aucune considération humanitaire, ne peut être regardée comme ayant en France le centre de ses intérêts privés.

Mme C n'est, par conséquent, pas fondée à soutenir que le préfet de la Côte-d'Or a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire et dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle doivent être écartés.

10. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " I. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

11. Si Mme C soutient que la décision d'obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de l'intérêt supérieur de ses deux enfants scolarisés en France, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que rien ne s'oppose à ce que ces derniers l'accompagnent en Albanie, pays dans lequel ils pourront poursuivre leur scolarité. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations précitées. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'ayant pas été établie, la requérante n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire.

13. En deuxième lieu, Mme C, dont la situation personnelle a été prise en compte par le préfet, n'établit, ni même n'allègue, qu'elle aurait demandé à bénéficier d'un délai supérieur à trente jours. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours, qui vise l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce que sa situation personnelle ne justifie pas qu'à titre exceptionnel un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé, n'est pas suffisamment motivée.

14. En troisième lieu, la requérante soutient que le préfet ne l'a pas mise à même de présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision contestée, en méconnaissance de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 et de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. D'une part, les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000, codifiées aux articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient que certaines décisions doivent faire l'objet d'une procédure contradictoire préalable, ne sauraient être utilement invoquées à l'encontre de la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours. D'autre part, si les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne s'appliquent pas aux relations entre autorités nationales et particuliers, un ressortissant étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement peut néanmoins utilement se prévaloir du principe général du droit d'être entendu qui est au nombre des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne. Toutefois en l'espèce, ainsi qu'il a été exposé au point 13, Mme C ne démontre pas avoir été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision attaquée. Par suite le moyen ne peut qu'être écarté.

15. En dernier lieu, la circonstance alléguée par Mme C que deux de ses enfants sont scolarisés en France ne caractérise pas, en tout état de cause, l'existence d'une situation exceptionnelle imposant qu'un délai de départ supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, en limitant à trente jours le délai ouvert à la requérante pour quitter le territoire français, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme C n'établit pas que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est illégale. Dès lors, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision soulevé par la voie de l'exception à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi n'est pas fondé et doit être écarté.

17. En deuxième lieu, en visant notamment l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en indiquant qu'il n'était pas contrevenu aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le préfet a, au regard de l'absence d'argumentation particulière présentée sur ce point par la requérante à l'appui de sa demande, suffisamment motivé sa décision.

18. En troisième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " ()Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

19. Mme C soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, elle serait exposée à des risques de peines ou traitements inhumains. Toutefois, l'intéressée n'apporte pas le moindre commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Sa demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'OFPRA le 21 septembre 2023. Dans ces conditions, le préfet de la Côte-d'Or, qui a procédé à un examen particulier de la situation de la requérante et ne s'est pas estimé lié par la décision de l'OFPRA n'a pas méconnu les stipulations et dispositions précitées en fixant comme pays de renvoi l'Albanie.

20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 13 novembre 2023 par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français :

22. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Selon l'article L. 752-6 dudit code : " Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-1, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

23. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office. A l'appui de ses conclusions à fin de suspension, qui peuvent être présentées sans le ministère d'avocat, le requérant peut se prévaloir d'éléments apparus et de faits intervenus postérieurement à la décision de rejet ou d'irrecevabilité de sa demande de protection ou à l'obligation de quitter le territoire français, ou connus de lui postérieurement.

24. Il ressort des pièces du dossier que l'OFPRA a rejeté la demande d'asile de

Mme C, ressortissante provenant d'un pays considéré comme d'origine sûre, par décision du 21 septembre 2023. Par ailleurs, la requérante ne présente pas, en l'état du dossier, d'éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, ses conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire présentées par Mme C.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Nourani et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

O. DLa greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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