mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 2 JU |
| Avocat requérant | ROTHDIENER GAËTAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2023, Mme A D épouse C, représentée par Me Rothdiener, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé l'Arménie comme pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, Me Rothdiener, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence dès lors qu'il n'est pas établi que la signataire disposait d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation familiale ; le préfet n'a pas pris en compte la présence de son fils aîné et de son neveu et la circonstance que leurs demandes d'asiles étaient toujours en cours d'instruction ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le préfet a méconnu le droit d'asile de son fils et de son neveu.
Le préfet de Saône-et-Loire a produit des pièces qui ont été enregistrées le 6 décembre 2023.
Par une décision du 22 décembre 2023, Mme C née D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Pauline Hascoët a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 12h47.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D épouse C, ressortissante arménienne née le 19 mars 1980, déclare être entrée irrégulièrement en France le 10 mai 2023. Elle a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugiée le 6 juin 2023. Par une décision du 25 août 2023, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté sa demande. Le recours formé contre cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile est pendant. Par un arrêté du 8 novembre 2023, le préfet de Saône-et-Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé l'Arménie comme pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an. Par sa requête, Mme D demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 13 mars 2023, publiée au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le même jour, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme A E, directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ volontaire, les arrêtés fixant le pays de renvoi et les arrêtés relatifs aux interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale et personnelle de la requérante. Si la requérante soutient que le préfet n'a pas pris en compte la situation de son fils aîné et de son neveu, il ressort au contraire des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a fait état de la présence en France de son fils B et de la circonstance que sa demande d'asile était en cours d'examen, tout en indiquant que cela ne donnait pas à Mme D de droit au séjour. La seule circonstance que l'arrêté ne mentionne pas la présence de son neveu, qui se trouve dans la même situation que son fils aîné, n'est pas de nature à révéler dans les circonstances de l'espèce un défaut d'examen sérieux de sa situation. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
5. Mme D, qui est entrée très récemment en France, fait valoir la présence à ses côtés de ses trois fils nés en 2005, 2008 et 2009 et de son neveu né en 2005. Toutefois, d'une part, rien ne fait obstacle à ce que ses deux fils mineurs l'accompagnent et poursuivent leur scolarité en Arménie, pays dont ils ont la nationalité et où ils ont précédemment vécu. D'autre part, si les demandes d'asile du fils aîné et du neveu de Mme D sont encore en cours d'examen, ils sont tous deux majeurs. La séparation qui en résulte ne sera pas nécessairement longue et aucun élément du dossier ne permet de retenir que le maintien de la cellule familiale serait indispensable en dépit de la majorité de son fils et de son neveu. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, les décisions attaquées n'ont ni pour objet ni pour effet d'empêcher le fils aîné et le neveu de la requérante de faire reconnaître leur éventuellement qualité de réfugiés dès lors qu'ils ne sont pas concernés par l'obligation de quitter le territoire français et peuvent, dès lors qu'ils sont majeurs, demeurer sur le territoire national pendant la durée d'examen de leur demande en dépit du départ de la requérante. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte au droit d'asile doit être écarté.
7. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2023 doivent être rejetées. Doivent également être rejetées par voie de conséquence les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C née D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C née D, à Me Rothdiener et au préfet de Saône-et-Loire.
Copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
La magistrate déléguée
P. Hascoët
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026