mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303558 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | GRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2023, et quatre pièces complémentaires, enregistrées le 11 janvier 2024, Mme B A, représentée par Me Grenier, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2023 par lequel le préfet de la Côte-d'Or ne l'a pas autorisée à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la suspension de la décision du préfet de la Côte-d'Or en date du 17 novembre 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et ce jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile ;
3°) dans tous les cas, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- s'agissant de la décision d'éloignement, il y a erreur manifeste d'appréciation, violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et violation de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, au regard des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine du fait de violence familiale, de sa situation médicale et de la présence en France de sa mère et sa sœur ;
- s'agissant du délai de départ volontaire, il y a erreur manifeste d'appréciation, au regard des circonstances humanitaires qu'elle fait valoir, de son droit à bénéficier d'un examen complet de sa demande d'asile, et du fait que la demande d'asile de sa mère est toujours en cours ;
- s'agissant de la décision fixant le pays de destination, eu égard aux risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;
- s'agissant de la demande de suspension, elle fait état d'éléments sérieux de nature à justifier sa présence en France jusqu'à l'audience de la cour nationale du droit d'asile.
Le préfet de la Côte-d'Or a produit quatre pièces, enregistrées au greffe le 18 décembre 2023.
Vu :
- la décision du 15 janvier 2024 du bureau d'aide juridictionnel près le tribunal judiciaire de Dijon accordant à Mme A le bénéfice de l'aide juridictionnel totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. Beaujard, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Beaujard,
- les observations de Me Brey, substituant Me Grenier, représentant Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante albanaise née le 14 janvier 2005 et entrée régulièrement en France le 10 octobre 2022, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 6 octobre 2023. Par un arrêté du 17 novembre 2023, pris notamment sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Côte-d'Or ne l'a pas autorisée à résider en France au titre de l'asile et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. Mme A demande l'annulation de cet arrêté du 17 novembre 2023 ou, à titre subsidiaire, sa suspension.
Sur les conclusions en annulation de la décision du préfet de Côte-d'Or en date du 17 novembre 2023 :
En ce qui concerne la décision d'éloignement :
2. Mme A se prévaut de ce que sa vie serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine. Elle n'apporte cependant aucun élément de nature à établir la pertinence de ses allégations, alors que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Elle ne se prévaut, au demeurant, que de menaces résultant d'un conflit d'ordre familial, sans établir, ni même alléguer, qu'elle aurait requis, en vain, la protection de l'Etat dont elle a la nationalité. Si elle invoque encore son état de santé, elle ne produit pas plus d'éléments de nature à établir les difficultés qu'elle allègue. La seule présence de sa mère et de sa sœur en France, cette dernière se trouvant dans la même situation qu'elle, ne sont pas non plus de nature à caractériser une erreur manifeste d'appréciation ou une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, Mme A étant, au surplus, majeure à la date de la décision attaquée. Ces moyens doivent ainsi être écartés.
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
3. Mme A ayant la faculté, qu'elle a d'ailleurs exercée, de demander la suspension de la décision d'éloignement sur le fondement de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ne peut se prévaloir de la circonstance qu'elle a déposé un recours devant la cour nationale du droit d'asile pour soutenir que la décision fixant le délai de départ volontaire serait entachée d'illégalité. Est de même sans influence la circonstance que sa mère a elle-même déposé une demande de protection et que la procédure serait en cours.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
4. Pour les raisons exposées au point 2 ci-dessus, le moyen tiré de ce que sa vie serait menacée en cas de retour dans son pays d'origine doit être écarté.
Sur les conclusions tendant à la suspension de la décision du préfet de Côte-d'Or en date du 17 novembre 2023 :
7. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ". L'article L. 531 24 du même code dispose que : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ". Enfin, aux termes de l'article L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ". Mme A n'apporte aucun élément sérieux à l'appui de ses conclusions autres que ceux déjà soumis à l'OFPRA, ni aucune critique pertinente de la décision de l'OFPRA.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de la requérante au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Côte-d'Or.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le magistrat désigné,
P. BeaujardLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026