lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303573 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 1 JU |
| Avocat requérant | NDONG NDONG PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 décembre 2023 et 30 avril 2024, M. A B, représenté par Me Ndong Ndong, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a procédé au retrait de son permis de conduire ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un permis de conduire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté disposait d'une délégation ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- les droits de la défense ont été méconnus ;
- le préfet ne pouvait, sans méconnaitre l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, lui retirer son permis délivré dix-huit mois auparavant et qui n'a pas été obtenu par fraude contrairement à ce qu'allègue sans l'établir l'administration.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 avril et 24 avril 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 16 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
7 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rousset a seul été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan résidant en Saône-et-Loire, a réussi le
26 janvier 2021 l'épreuve théorique générale du permis de conduire. Le 8 février 2022, après son succès à l'épreuve pratique, il s'est vu délivrer un permis de conduire de catégorie B. Le 15 septembre 2023, le préfet de Saône-et-Loire l'a toutefois informé qu'il envisageait d'invalider l'épreuve théorique générale et son certificat d'examen pratique de conduite au motif qu'il existait des doutes sérieux quant à la réalité de sa présence à la session d'examen de l'épreuve théorique le 26 janvier 2021 au centre Point Code d'Aix-en-Provence. M. B a présenté des observations écrites le 26 septembre 2023 par lesquelles il contestait la fraude qui lui était imputée. Le 6 octobre 2023, le préfet de Saône-et-Loire l'a informé qu'il procédait à l'invalidation de son épreuve théorique générale du permis de conduire obtenue par fraude le 26 janvier 2021. Par un arrêté du 13 octobre 2023, le préfet de Saône-et-Loire a retiré le permis de conduire délivré à M. B le 8 février 2022. Par la présente requête, M B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 28 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à M. C D, sous-préfet de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône pour signer la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 de même code : " " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, après avoir visé notamment les articles pertinents du code de la route et du code des relations entre le public et l'administration, motive le retrait du permis de conduire de M. B par le fait que celui-ci l'a obtenu " en infraction des dispositions de l'article 5 de l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ". Cette motivation, quoique imprécise sur les considérations de fait justifiant la décision en litige, était toutefois suffisante pour permettre à l'intéressé d'en comprendre et d'en contester utilement les raisons dès lors que par deux courriers qu'il verse à l'instance, il a été informé préalablement par l'administration, le 15 septembre 2023, qu'il existait des doutes sérieux quant à la réalité de sa présence à la session d'examen de l'épreuve théorique le 26 janvier 2021 au centre Point Code
d'Aix-en- Provence puis, le 6 octobre 2023, qu'elle avait décidé, après avoir pris connaissance de ses observations écrites, de procéder à l'invalidation de son épreuve théorique générale obtenue par fraude le 26 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté en litige, doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été informé par un courrier du 15 septembre 2023 du préfet de Saône-et-Loire qu'il existait des doutes sérieux quant à la réalité de sa présence à la session d'examen de l'épreuve théorique le 26 janvier 2021 au centre Point Code d'Aix-en-Provence, que son permis de conduire lui serait retiré si de telles manœuvres frauduleuses étaient établies et qu'il était invité à produire des observations pour répondre aux soupçons de fraude qui lui étaient imputés. Dans ces conditions, le requérant, qui a présenté des observations par un courrier du 26 septembre 2023, n'est pas fondé à soutenir que les droits de la défense ont été méconnus.
6. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 5 de l'arrêté susvisé du
20 avril 2012 relatif aux conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire : " Sont considérées comme nulles les épreuves théoriques ou pratiques ou les formations qualifiantes ne nécessitant pas le passage d'une épreuve au sens de l'article
D. 221-3 du code de la route passées par un candidat dans les cas suivants : () IV.- Sur de fausses indications d'identité, substitution ou tentative de substitution de personnes ou encore avec l'aide frauduleuse d'un tiers ou par tricherie ; (). Dans chacun des cas cités au présent article, le bénéfice des épreuves ou de la formation qualifiante ou le titre de conduite est retiré sans délai par le préfet du lieu de résidence de l'usager. Le retrait intervient après que l'usager a été mis en demeure de présenter ses observations, sans préjudice des poursuites pénales encourues ".
7. D'autre part, en vertu de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire, l'administration ne peut retirer une décision individuelle explicite créatrice de droits, si elle est illégale, que dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. Toutefois, un acte administratif obtenu par fraude ne crée pas de droits et peut, par suite, être retiré ou abrogé par l'autorité compétente pour le prendre, alors même que le délai de retrait de droit commun est expiré, sachant qu'il incombe à l'administration d'apporter la preuve de la fraude qu'elle allègue.
8. M. B soutient qu'il n'a pas participé au système de fraude à l'examen théorique du permis de conduire organisé le 26 janvier 2021 par le centre Point Code
d'Aix-en- Provence. Toutefois, tant dans son courrier du 26 septembre 2023 adressé au
préfet de Saône-et-Loire en réponse à ces suspicions de fraude, que dans sa requête, le requérant n'apporte pas le moindre commencement de preuve permettant d'établir qu'il s'est effectivement rendu à Aix-en-Provence le 26 janvier 2021. Ainsi il ne justifie ni qu'il aurait séjourné dans cette ville distante de plus de 400 kilomètres de son domicile ni qu'il aurait été hébergé par un ami dont il n'est pas en mesure de donner le nom ni qu'il aurait réglé les frais d'inscription de l'épreuve théorique. Dans ces conditions, M. B, qui n'est pas à même de démontrer qu'il était effectivement présent lors de l'épreuve théorique générale organisée dans ce centre d'examen dont le préfet des Bouches-du-Rhône signalait dans un courriel du
29 avril 2021 qu'il était soupçonné " d'une fraude ETG massive " et qui est aujourd'hui fermé, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Saône-et-Loire aurait, à tort et en violation des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, retenu l'existence de manœuvre frauduleuse pour procéder au retrait de son titre de conduite.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 octobre 2023 lui retirant son permis de conduire, ni, par voie de conséquence, à demander qu'il soit enjoint au préfet de Saône-et-Loire de lui restituer son titre de conduite.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur et à Me Ndong Ndong.
Copie en sera adressée au préfet de Saône-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
O. RoussetLa greffière,
C. Sivignon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026