jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ANDUJAR CAMACHO PEDRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Andujar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision lui refusant un titre de séjour est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une " erreur de droit " dans l'application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour sur ce fondement ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 22 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Viotti, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant centrafricain né le 26 décembre 1991 à Bangui, est entré régulièrement sur le territoire français le 16 janvier 2006, muni d'un visa de court séjour portant la mention " famille de français ", valable jusqu'au 25 mars 2006. Il a obtenu, le 30 janvier 2009, une carte de résident en qualité d'enfant étranger de moins de vingt-et-un an à la charge d'un citoyen français. En raison de sa condamnation par le tribunal correctionnel de Lyon le 29 mai 2012 pour des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, le préfet de l'Hérault a, le 5 juillet 2017, procédé au retrait de sa carte de résident et lui a délivré une carte de séjour temporaire valable un an, régulièrement renouvelée jusqu'au 24 janvier 2020. Le 12 janvier 2021, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français. Par l'arrêté du 15 décembre 2023, le préfet de Saône-et-Loire lui en a refusé la délivrance, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il lui refuse un titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision en litige vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment ses articles L. 423-7 et L. 423-23. Trois pages de l'arrêté attaqué sont consacrées à exposer la situation de M. A et à expliquer les raisons de fait pour lesquelles il ne peut lui être délivré une carte de séjour sur le fondement de ces articles. Dans ces conditions, l'intéressé ne saurait sérieusement soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ne résulte pas de la motivation de cette décision ni des autres pièces du dossier que le préfet de Saône-et-Loire aurait négligé de procéder à un examen attentif et complet de la situation de M. A.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 432-1 de ce code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 15 mars 2010 à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de vol avec destruction ou dégradation, le 10 janvier 2011 à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour tentative de vol en réunion, le 29 mai 2012 à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, tentative de vol avec destruction ou dégradation et rébellion, le 15 juin 2012 à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour abus de confiance, le 10 avril 2013 à six mois d'emprisonnement pour des faits de vol en réunion, le 2 mars 2015 à quatre mois d'emprisonnement pour des tentative de vol avec destruction ou dégradation commise en récidive, le 10 juin 2015 à six mois d'emprisonnement pour tentative de vol avec destruction ou dégradation commise en récidive et le 9 janvier 2019 à six mois d'emprisonnement pour violence commise sur une personne chargée de mission de service public sans incapacité, avant d'être incarcéré au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone du 29 janvier 2019 au 11 mai 2020. Au regard de ses condamnations, le préfet de Saône-et-Loire a considéré que le comportement de M. A représente une menace pour l'ordre public, ce que l'intéressé ne conteste d'ailleurs pas. Ainsi, le préfet pouvait, pour ce seul motif, lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, un tel comportement traduit l'absence de volonté d'insertion dans la société française, dont le respect des lois et des institutions est une composante essentielle. Le requérant n'établit pas davantage être isolé dans son pays d'origine, ni conserver des attaches intenses et stables sur le territoire français. En outre, il ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de son fils, de nationalité française, qui réside avec sa mère. Dans ces circonstances, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
7. La décision portant obligation de quitter le territoire français est prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dûment visé. Dès lors que la décision lui refusant un titre de séjour est motivée, ainsi qu'il a été dit au point 2, la décision obligeant M. A à quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Si l'intéressé soutient par ailleurs que l'éloignement porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale et que le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, de tels arguments se rapportent au bien-fondé de la décision en litige et sont dépourvus de portée utile s'agissant de sa motivation.
8. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation personnelle de M. A doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5. Il en va de même, en tout état de cause, s'agissant des moyens tirés de l'erreur de droit et de la méconnaissance de son droit au respect de sa vie privée et familiale, à les supposer même réellement soulevés.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Andujar.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. David Zupan, président,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
O. VIOTTILe président,
D. ZUPAN
La greffière,
C. CHAPIRON
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2400068
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026