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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400238

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400238

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400238
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationREFERE
Avocat requérantHAIK MICKAEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2400238 le 24 janvier 2024, et un mémoire enregistré le 25 janvier 2024, M. E A, représenté par Me Haïk, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible comme pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire, ainsi qu'à tout préfet territorialement compétent, de lui délivrer un titre de séjour temporaire mention " salarié " ou " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros (50 euros) par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire, ainsi qu'à tout préfet territorialement compétent, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail dans cette attente, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cinquante euros (50 euros) par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le contrôle de son droit au séjour a été effectué en dehors de tout cadre légal, entrainant ainsi la nullité de l'ensemble de la procédure subséquente ;

- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence ; les décisions du 22 janvier 2024 étant non signées par le préfet de Saône-et-Loire ;

- le placement en retenue et les décisions subséquentes n'ont pas été notifiées par un interprète en méconnaissance des articles L. 813-5, L. 141-2 et L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'administration ne prend pas la peine de démontrer si l'interprète intervenant était effectivement inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration ; l'autorité décisionnaire n'apporte pas la preuve d'avoir indiqué par écrit au requérant le nom et les coordonnées de l'interprète ni même la langue utilisée ; les décisions du 22 janvier 2024 ne respectent pas le principe du contradictoire ni le droit d'être informé dans une langue comprise ;

- les décisions du 22 janvier 2024 sont entachées d'une insuffisance de motivation, le préfet ne motivant pas suffisamment l'obligation de quitter le territoire sans délai prise à son encontre ni l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il méconnaît les dispositions des articles L. 612-2, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les décisions attaquées portent une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale et méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans les conséquences qu'elles peuvent avoir sur sa situation personnelle et n'a pas procédé à un examen complet et circonstancié de sa situation.

La requête a été communiquée au préfet de Saône-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a produit des pièces qui ont été enregistrées le 25 janvier 2024.

II. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2400239 le 24 janvier 2024, M. E A, représenté par Me Haïk, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Mâcon pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable une fois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté litigieux est dépourvu de base légale en raison de l'illégalité, soulevée par la voie de l'exception, de l'arrêté du 22 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible comme pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

- le contrôle de son droit au séjour a été effectué en dehors de tout cadre légal, entrainant ainsi la nullité de l'ensemble de la procédure subséquente ;

- les décisions du 22 janvier 2024, non signées par le préfet de Saône-et-Loire ne respectent pas le principe du contradictoire ni le droit d'être informé dans une langue comprise ;

- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation et sont entachées d'une erreur de droit en ce qu'elles méconnaissent les articles L. 612-2, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans les conséquences qu'elles peuvent avoir sur sa situation personnelle et n'a pas procédé à un examen complet et circonstancié de sa situation.

La requête a été communiquée au préfet de Saône-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a produit des pièces qui ont été enregistrées le 25 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 25 janvier 2024 à 14 heures 20.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. B.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Des pièces ont été produites par M. A, dans les requêtes n° 2400238 et 2400239, postérieurement à la clôture de l'audience, mais n'ont pas été communiquées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais né le 25 février 1983, a fait l'objet d'un contrôle routier le 22 janvier 2024 à l'issue duquel il a été placé en garde à vue pour défaut de permis de conduire. A la suite des vérifications effectuées par les services de gendarmerie concernant son droit au séjour sur le territoire français, il est apparu que M. A, qui déclare être entré sur le territoire national le 18 septembre 2018 et n'avoir jamais regagné son pays d'origine, résidait irrégulièrement en France. Par un arrêté du 22 janvier 2024, le préfet de de Saône-et-Loire a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible comme pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet de Saône-et-Loire a assigné M. A à résidence dans l'arrondissement de Mâcon pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable une fois. Par les deux requêtes susvisées qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. A demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés du préfet de Saône-et-Loire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 22 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :

2. En premier lieu, le moyen tiré de ce que le contrôle du droit au séjour de M. A a été effectué en dehors de tout cadre légal n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, par un arrêté du 3 janvier 2024 référencé n° 71-2024-01-03-00001, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Saône-et-Loire du même jour, lequel est aisément accessible en ligne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme D C, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer les actes relevant des attributions de ce service, au nombre desquelles figurent les obligations de quitter le territoire français avec ou sans délai de départ, les arrêtés fixant le pays de renvoi ainsi que les arrêtés relatifs aux interdictions de retour sur le territoire français. Ainsi, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.

4. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté litigieux vise les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les dispositions des articles L. 612-2, L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-12 du même code. Il comporte également les considérations de fait qui en constituent le fondement, notamment celles relatives à la situation de l'intéressé au regard de son droit au séjour et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et précise qu'aucune considération exceptionnelle ou humanitaire ne justifie qu'il soit dérogé à la réglementation eu égard aux conditions d'entrée, à la durée et aux conditions de séjour de l'intéressé sur le territoire français. L'arrêté souligne qu'il existe un risque que le requérant se soustraie à la décision d'éloignement dont il fait l'objet, dès lors notamment qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. En outre, il précise que le prononcé d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français se justifie par la circonstance qu'aucun délai de départ volontaire n'a été octroyé au requérant, que ce dernier ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière et que la durée d'un an est motivée par la date d'entrée du requérant sur le territoire français, en 2018, par l'absence de liens anciens, stables et intenses en France et par le fait que le requérant, qui n'établit pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Ainsi, et alors que le préfet n'était pas tenu de mentionner tous les éléments relatifs à la situation du requérant, notamment sa situation professionnelle, l'arrêté attaqué est motivé en droit et en fait avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé d'en contester utilement le bien fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossiers, et en particulier du procès-verbal du 28 décembre 2023, que l'audition du requérant s'est déroulée en langue française sans que ce dernier n'ait manifesté de difficulté de compréhension. Il ressort en particulier de ce procès-verbal qu'à la question " avez-vous bien compris ' " le requérant a répondu " oui pas de soucis ", et ce alors que les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 813-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il se prévaut, réservent l'application des dispositions de l'article L. 141-2 du même code à la situation où l'étranger ne parle pas le français. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été notifié à M. A le 22 janvier 2024 avec l'assistance téléphonique d'un interprète dont le nom et le prénom figurent sur l'acte de notification. A cet égard, le requérant ne produit aucune pièce ou document à l'appui de sa requête de nature à établir que l'interprète n'était pas inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration. Enfin, M. A a signé l'acte de notification sans réserve et il n'établit pas, ni même n'allègue, que l'arrêté attaqué lui aurait été notifié dans une langue qu'il ne comprend pas. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué méconnaît les articles L. 813-5, L. 141-2 et L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le droit d'être informé dans une langue comprise doivent être écartés.

6. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaît le principe du contradictoire n'est assortit d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier qu'au cours de son audition par les services de gendarmerie, le requérant a été interrogé sur les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire et a été invité à formuler des observations sur son souhait de rester en France et sur sa situation personnelle et familiale. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il ait été empêché de s'exprimer avant que ne soit pris l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de ce que le principe du contradictoire n'a pas été respecté doit être écarté.

7. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A déclare être entré le 28 décembre 2018 sur le territoire français. Il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, prononcée à son encontre le 9 décembre 2019 par le préfet de de Saône-et-Loire, à l'exécution de laquelle il s'est soustrait, M. A, dont la demande d'asile a été rejetée, se maintenant irrégulièrement sur le territoire français depuis cette date. Si le requérant fait valoir que deux de ses enfants sont scolarisés en France, il n'établit pas qu'ils seraient dans l'impossibilité de suivre une scolarité équivalente en Albanie et ce alors qu'aucune circonstance ne fait obstacle à ce que la cellule familiale s'y reconstitue, dès lors que l'épouse de M. A possède également la nationalité albanaise et qu'il est constant qu'elle fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, l'intéressé n'établissant au demeurant pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine. Enfin, si M. A fait valoir qu'il est inséré professionnellement en France, il a déclaré lors de son audition par les services gendarmerie être sans profession, ne vivre que de l'aide sociale versée par la mairie pour la scolarisation de ses enfants et d'emplois occasionnels. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué ne porte pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but en vue duquel il a été adopté. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées portent une atteinte disproportionnée au droit de M. A à une vie privée et familiale et méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences que les décisions attaquées peuvent avoir sur sa situation personnelle doit également être écarté.

8. En septième lieu, s'il fait valoir que deux de ses enfants sont scolarisés en France, le requérant n'établit pas qu'ils seraient dans l'impossibilité de suivre une scolarité équivalente en Albanie et ce alors qu'aucune circonstance ne fait obstacle à ce que la cellule familiale s'y reconstitue, dès lors que l'épouse de M. A possède la nationalité albanaise et fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

9. En huitième lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il méconnaît les dispositions des articles L. 612-2, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il est constant que M. A s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 9 décembre 2019 par le préfet de Saône-et-Loire. Aux termes du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une telle circonstance est de nature à caractériser un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet au sens des dispositions de l'article L. 612-2 du même code et justifiait, par conséquent, le refus d'accorder à M. A un délai de départ volontaire. Par ailleurs, dès lors qu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à M. A, l'autorité administrative pouvait assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, la circonstance que l'intéressé soit inséré professionnellement en France ne constituant pas, à elle seule, une circonstance humanitaire au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Eu égard à la date d'entrée de l'intéressé sur le territoire français, en 2018, au fait qu'aucune circonstance ne fasse obstacle à ce que leurs quatre enfants mineurs puissent rejoindre M. A et son épouse, qui possède la nationalité albanaise et dont il est constant qu'elle fait l'objet d'une mesure d'éloignement, dans leur pays d'origine, et dès lors qu'il est constant que le requérant s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prononcée le 9 décembre 2019 par le préfet de de Saône-et-Loire, c'est sans entacher sa décision de disproportion ni méconnaitre les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet a pu prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaquée est entaché d'une erreur de droit doit être écarté.

10. En neuvième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de Saône-et-Loire n'aurait pas préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet n'a pas procédé à un examen complet et circonstancié de sa situation doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 22 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible comme pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation présenté par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction.

En ce qui concerne l'arrêté du 22 janvier 2024 portant assignation à résidence :

12. L'illégalité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an n'ayant pas été établie, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence. Ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 janvier 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Mâcon pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable une fois, doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées en ce sens par le requérant dans la requête n° 2400238 et dans la requête n° 2400239 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2400238 et n° 2400239 de M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Haik et au préfet de Saône-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er février 2024.

Le magistrat désigné,

H. BLe greffier,

J. Testori

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

2, 2400239

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