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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400240

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400240

lundi 29 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400240
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationREFERE
Avocat requérantSI HASSEN MYRIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2024, Mme D B, représentée par Me Si Hassen, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés, en date du 7 décembre 2023, par lesquels le préfet du Doubs, d'une part, a prescrit son transfert aux autorités croates, considérées comme responsables du traitement de sa demande d'asile, d'autre part, l'a assignée à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours et a défini les modalités de contrôle de cette assignation.

3°) de faire injonction au préfet du Doubs de lui délivrer une attestation de demande d'asile en " procédure normale " dans les huit jours suivant la notification du jugement à venir ou, subsidiairement et dans le même délai, de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté de transfert a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas justifié que son droit à l'information prévu par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ait été respecté ;

- cet arrêté a été pris en méconnaissance de l'article 5 du même règlement sauf à démontrer qu'elle a bénéficié d'un entretien individuel suivant les modalités prévues par ce texte ;

- il est illégal en ce que le préfet n'établit pas avoir saisi les autorités croates d'une demande de reprise en charge ni avoir recueilli leur accord selon les modalités prévues par les articles 15 et 18 du règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;

- il est entaché d'erreur de fait et de défaut de base légale, dès lors qu'elle n'a jamais déposé de demande d'asile en Croatie et n'entre donc pas dans les prévisions de l'article 18.1 b du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- l'arrêté portant assignation à résidence est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté de transfert ;

- cet arrêté est entaché d'un défaut de motivation.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.

La requête a été communiquée au préfet de l'Yonne, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Zupan,

- et les observations de Me Si Hassen, pour Mme B, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire introductif d'instance, y ajoutant que les documents produits en défense par le préfet du Doubs, entachés de contradictions et peu probants, ne permettent pas d'établir l'existence d'une demande d'asile déposée en Croatie.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C épouse B, née en 1982 et de nationalité turque, est entrée en France à une date indéterminée, accompagnée de son époux et de leurs deux enfants mineurs, et a présenté, le 22 septembre 2023 une demande d'asile. La consultation du fichier européen Eurodac, lors de l'enregistrement de cette demande, a révélé qu'elle avait engagé une démarche similaire en Croatie quelques jours plus tôt. Par les deux arrêtés attaqués, en date du 7 décembre 2023, le préfet du Doubs a ordonné le transfert de Mme B aux autorités croates, responsables de l'examen de sa demande d'asile, et l'a assignée à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Il y a lieu, compte tenu de l'urgence à statuer sur sa requête, d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, suivant les prévisions de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté prescrivant le transfert de Mme B aux autorités croates :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dit " E A " : " Droit à l'information : 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 4. La Commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. La brochure commune est réalisée de telle manière que les États membres puissent y ajouter des informations spécifiques aux États membres. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 44, paragraphe 2, du présent règlement ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des informations prévues au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement et qui constitue une garantie dont la méconnaissance est de nature à entacher d'illégalité la décision contestée.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est vu remettre, lors du dépôt de sa demande d'asile, les brochures d'information dites A " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et B " Je suis sous procédure E - Qu'est-ce que cela signifie ' " correspondant à celles que prévoient les dispositions précitées de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013, cela dans sa langue maternelle, le turc. En se bornant à émettre un doute quant au respect de ces dispositions, Mme B ne démontre pas que lesdites brochures ne comportaient pas l'ensemble des informations requises. Du reste, elle a signé, sans formuler de réserves, le résumé de son entretien individuel tenu le même jour, attestant que l'information sur la réglementation européenne en matière de traitement des demandes d'asile lui a bien été donnée. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance l'article 4 du règlement " E A " doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. () / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a bénéficié dès le dépôt de sa demande d'asile, donc en temps utile, de l'entretien individuel prévu par les dispositions citées ci-dessus, tenu en présence d'un interprète de langue turque. Aucun élément du dossier ne permet de considérer que l'entretien n'aurait pas été mené par une personne qualifiée au sens des dispositions de l'article 5 du règlement précité. Par ailleurs, il en a été dûment rédigé un résumé, sous la signature de l'agent qui l'a conduit. Mme B a également signé ce document, comme il a été dit, et a ainsi attesté en avoir pris connaissance. Le moyen tiré de la méconnaissance l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 ne peut, dans ces conditions, être accueilli.

7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. L'État membre responsable en vertu du présent règlement est tenu de : () b) reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le demandeur dont la demande est en cours d'examen et qui a présenté une demande auprès d'un autre État membre ou qui se trouve, sans titre de séjour, sur le territoire d'un autre État membre () ". Aux termes de l'article 23 de ce règlement : " Lorsqu'un État membre auprès duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), a introduit une nouvelle demande de protection internationale estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne () ". Enfin, l'article 25 dudit règlement dispose : " 1. L'État membre requis procède aux vérifications nécessaires et statue sur la requête aux fins de reprise en charge de la personne concernée aussi rapidement que possible et en tout état de cause dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la date de réception de la requête. Lorsque la requête est fondée sur des données obtenues par le système Eurodac, ce délai est réduit à deux semaines. / 2. L'absence de réponse à l'expiration du délai d'un mois ou du délai de deux semaines mentionnés au paragraphe 1 équivaut à l'acceptation de la requête, et entraîne l'obligation de reprendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée ".

8. D'autre part, le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 a notamment créé un réseau de transmissions électroniques entre les Etats membres de l'Union européenne dénommé, selon l'article 18 de ce règlement, " DubliNet ", afin de faciliter les échanges d'information entre les Etats, en particulier pour le traitement des requêtes de prise en charge ou de reprise en charge des demandeurs d'asile. Selon l'article 19 de ce règlement, chaque Etat dispose d'un unique " point d'accès national ", responsable pour ce pays du traitement des données entrantes et de la transmission des données sortantes et qui délivre un accusé de réception à l'émetteur pour toute transmission entrante. Aux termes de l'article 15 de ce règlement : " Les requêtes et les réponses, ainsi que toutes les correspondances écrites entre Etats membres visant à l'application du règlement (UE) n° 604/2013, sont, autant que possible, transmises via le réseau de communication électronique " DubliNet " établi au titre II du présent règlement (). / 2. Toute requête, réponse ou correspondance émanant d'un point d'accès national () est réputée authentique. / 3. L'accusé de réception émis par le système fait foi de la transmission et de la date et de l'heure de réception de la requête ou de la réponse ".

9. Les justificatifs produits par le préfet du Doubs établissent que les autorités croates ont été dûment saisies le 26 septembre 2023, via le réseau " Dublinet ", d'une demande de reprise en charge de Mme B et qu'elles y ont expressément consenti le 10 octobre suivant. Le moyen tiré du défaut de saisine et d'accord desdites autorités manque donc en fait.

10. En quatrième lieu, Mme B conteste avoir déposé une demande d'asile en Croatie, et donc entrer dans les prévisions de l'article 18 paragraphe 1 b du règlement " E A ". Toutefois, la seule circonstance que la requête à fin de reprise en charge adressée à la Croatie comporte, dans sa rubrique n° 12, la réponse " non " à la question " Le demandeur a-t-il déjà fait une demande visant à obtenir une protection internationale ou la reconnaissance du statut de réfugié dans l'Etat de séjour ou dans un autre Etat ' " ne saurait suffire à remettre en cause la véracité des informations extraites du fichier Eurodac selon lesquelles Mme B a bien déposé une telle demande à Cetingrad le 4 septembre 2023. Par ailleurs, en se bornant à émettre un doute, lors de l'audience, sur le fait que les relevés décadactylaires figurants dans les documents produits en défense correspondent bien à ses empreintes et non à celles d'une autre personne, la requérante n'apporte aucun élément sérieux de nature à remettre en cause la sincérité de ces documents. Ainsi, les moyens tirés de l'erreur de fait et du défaut de base légale ne sauraient être accueillis.

En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence :

11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 573-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 peut être assigné à résidence selon les modalités prévues aux articles L. 751-2 à L. 751-7 ". Selon l'article L. 751-2 du même code : " En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. () ". L'article L. 732-1 de ce code, rendu applicable aux assignations à résidences prises sur le fondement de l'article L. 751-2 par l'article L. 751-4 : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

12. L'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, notamment l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il rappelle que Mme B a fait l'objet d'une mesure de transfert aux autorités croates puis mentionne qu'elle est domiciliée à Auxerre et ne dispose pas de moyens lui permettant de se rendre en Croatie mais que l'exécution de son transfert demeure néanmoins une perspective raisonnable. Cette motivation, qui n'avait pas à comporter en outre la justification des modalités de présentation aux services de gendarmerie retenues par le préfet, satisfait aux exigences de l'article L. 751-4 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En second lieu, l'arrêté de transfert n'encourant pas l'annulation, compte tenu de ce qui a été précédemment énoncé, Mme B n'est pas fondée à exciper de son illégalité pour contester la mesure d'assignation à résidence.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés du préfet du Doubs du 7 décembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B, n'appelle aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions en injonction ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à Mme B ou à son avocat, par combinaison avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à sera notifié à Mme D B, à Me Si Hassen, au préfet du Doubs et au préfet de l'Yonne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.

Le président du tribunal,

David ZUPAN

La greffière

Laurence LELONG

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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