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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400243

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400243

lundi 29 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400243
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationREFERE
Avocat requérantMEHDAOUI ABDELLAH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 janvier 2024, Mme D C, représentée par Me Mehdaoui, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les arrêtés, en date du 5 janvier 2024, par lesquels le préfet du Doubs, d'une part, a prescrit sa remise aux autorités néerlandaises, d'autre part, l'a assignée à résidence dans le département de la Côte-d'Or pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable trois fois ;

3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- s'agissant de la décision de transfert :

• cette décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le préfet du Doubs n'apporte pas la preuve qu'elle aurait bénéficié des informations prévues par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dit B A, dans une langue qu'elle comprend ;

• les dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 Eurodac ont été méconnues, la preuve d'une information préalable à sa prise d'empreintes dans une langue qu'il est raisonnable de penser qu'elle comprend n'étant pas établie ;

• les articles 5.4 et 5.5 du règlement B A ont été méconnus dès lors qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel a été effectivement mené dans une langue qu'elle comprend par un agent qualifié au sens du droit de l'Union européenne ;

• l'article 5.6 du même règlement a été méconnu dès lors que le compte rendu de l'entretien individuel lui a été communiqué postérieurement à la décision de transfert, ce qui porte atteinte au principe général du droit européen visant à garantir qu'un administré puisse présenter des observations préalables à une décision négative prise sur la base d'un règlement européen ;

• ont de même été méconnues les dispositions de l'article 7 dudit règlement en ce que la hiérarchie des critères de détermination de l'Etat responsable n'a pas été respectée, l'arrêté ne mentionnant pas le fondement juridique sur lequel les autorités néerlandaises ont accepté leur responsabilité ;

•le préfet a méconnu les stipulations combinées des articles 26 et 29 du règlement B A en retardant, sans justification, son transfert et donc l'examen de sa demande d'asile, violant ainsi le droit fondamental à l'asile ;

- s'agissant de l'arrêté d'assignation à résidence, il se révèle privé de base légale, compte tenu de l'illégalité de l'arrêté de transfert.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés sont infondés.

La requête a été communiquée au préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Zupan,

- et les observations de Me Mehdaoui, pour Mme C, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, née en 1948 et de nationalité érythréenne, est entrée en France à une date inconnue et a déposé une demande d'asile le 13 octobre 2023, à l'examen de laquelle il s'est avéré qu'elle s'était vu délivrer par les autorités consulaires néerlandaises en Erythrée, le 6 juin 2023, un visa de court séjour. Les Pays-Bas ont dès lors été considérés comme l'Etat responsable de cette demande d'asile, de sorte que, par deux arrêtés du 5 janvier 2024, le préfet du Doubs a, d'une part, prescrit la remise de Mme C aux autorités néerlandaises et, d'autre part, l'a assignée à résidence dans le département de la Côte-d'Or pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable trois fois. Mme C demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il y a lieu d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 11 juillet 1990 visée ci-dessus.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté de transfert :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dit " B A " : " Droit à l'information : 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 4. La Commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. La brochure commune est réalisée de telle manière que les États membres puissent y ajouter des informations spécifiques aux États membres. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 44, paragraphe 2, du présent règlement ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des informations prévues au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement et qui constitue une garantie dont la méconnaissance est de nature à entacher d'illégalité la décision contestée.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C s'est vu remettre, lors du dépôt de sa demande d'asile, le 13 octobre 2023, les brochures d'information dites A " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et B " Je suis sous procédure B - Qu'est-ce que cela signifie ' " correspondant à celles que prévoient les dispositions précitées de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013, cela dans une langue qu'elle pratique couramment, le tigrigna. En se bornant à émettre un doute quant au respect de ces dispositions, Mme C ne démontre pas que lesdites brochures ne comportaient pas l'ensemble des informations requises. Du reste, elle a signé, sans formuler de réserves, le résumé de son entretien individuel tenu le même jour, attestant que l'information sur la réglementation européenne en matière de traitement des demandes d'asile lui a bien été donnée. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance l'article 4 du règlement " B A " doit être écarté.

5. En deuxième lieu, à la différence de l'obligation d'information instituée par le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, l'obligation d'information prévue par les dispositions de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 a uniquement pour objet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. La méconnaissance de cette obligation d'information dans une langue comprise par l'intéressée ne peut donc être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles la France remet un demandeur d'asile aux autorités compétentes pour examiner sa demande. Ce moyen est donc inopérant.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. () / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, le 13 octobre 2023, Mme C a bénéficié d'un entretien individuel réalisé en langue tigrigna, langue qu'elle ne conteste pas comprendre et parler, au cours duquel elle a pu présenter ses observations et mentionner les raisons qui l'ont amenée à fuir l'Erythrée, et à l'issue duquel elle a attesté, ainsi qu'il a été dit, avoir reçu une information complète sur la réglementation européenne en matière d'asile. Cet entretien s'est déroulé avant que soit décidé son transfert vers les Pays-Bas, Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Par ailleurs, aucune disposition du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire, n'implique que les nom, prénom et qualité de l'agent ayant mené l'entretien individuel soient mentionnés sur la fiche retranscrivant celui-ci. La seule circonstance que le compte-rendu de l'entretien individuel ne comporte pas d'indication sur son identité n'est pas, à elle seule, de nature à établir que cet agent n'aurait pas été qualifié en vertu du droit national pour mener un tel entretien. Par suite, Mme C n'est pas fondée à arguer de la méconnaissance des paragraphes 4 et 5 de l'article 5 du règlement " B A ".

8. D'autre part, il ne résulte pas du paragraphe 6 de ce même article 5 qu'une copie du résumé de l'entretien individuel devrait être remise, à l'issue de ce dernier, au demandeur d'asile. Par ailleurs, il n'est pas établi que Mme C aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration, avant que ne soit décidé son transfert vers les Pays-Bas, tout élément pertinent susceptible d'influer sur l'appréciation incombant à ce titre à l'autorité préfectorale. Il suit de là que les moyens tirés de la méconnaissance l'article 5 paragraphe 6 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et du respect des droits de la défense, principe du droit de l'Union européenne, doivent être écartés.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Les critères de détermination de l'État membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre () ". L'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Sous réserve du second alinéa de l'article L. 742-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative ".

10. Pour être suffisamment motivée, afin de mettre l'intéressé à même de critiquer, notamment, l'application erronée du critère de détermination de l'Etat responsable de sa demande et, ainsi, d'exercer le droit à un recours effectif garanti par les dispositions de l'article 27 du règlement " B A ", la décision de transfert doit permettre d'identifier le critère de responsabilité retenu par l'autorité administrative parmi ceux énoncés au chapitre A ou, à défaut, au paragraphe 2 de l'article 3 du règlement et, le cas échéant, faire apparaître les éléments pris en considération par l'administration pour appliquer l'ordre de priorité établi entre ces critères, en vertu des articles 7 et 3 du même règlement.

11. L'arrêté attaqué relève que Mme C a déposé une demande d'asile en France le 13 octobre 2023 et que, consultée dans le cadre de cette procédure, la base de données biométriques Visabio a révélé que l'intéressée s'était vu délivrer un visa par le consulat des Pays-Bas en Erythrée, valable du 1er juillet au 13 octobre 2023. Il indique que les autorités néerlandaises ont dès lors été saisies d'une demande de prise en charge de l'intéressée en application de l'article 12 paragraphe 4 du règlement (UE) n° 604/2013. Cette mention identifie ainsi expressément le critère de responsabilité retenu par l'autorité administrative parmi ceux énoncés au chapitre A de ce règlement, permettant ainsi à Mme C, à la seule lecture de l'arrêté attaqué, de connaître les raisons de son transfert et, le cas échéant, d'en contester la pertinence. Enfin l'arrêté contesté précise que les autorités néerlandaises ont accepté leur responsabilité par un accord explicite le 12 décembre 2023. Le moyen tiré du défaut de motivation ne saurait, dans ces conditions, être accueilli.

12. En cinquième lieu, les conditions de notification de l'arrêté de transfert, telles qu'elles sont prévues par l'article 26 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, sont sans influence sur la légalité de cet arrêté. Les dispositions de l'article 29 du même règlement, qui régissent l'exécution du transfert, ne peuvent davantage être utilement invoquées pour contester la légalité d'une telle mesure. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est donc en tout état de cause inopérant. Par ailleurs, si la requérante soutient que la France aurait porté atteinte à son droit fondamental à l'asile en retardant, sans justification, son transfert vers les Pays-Bas et donc l'examen de sa demande d'asile, il est constant que l'arrêté attaqué a été pris environ trois semaines après que les autorités françaises ont été rendues destinataires, le 12 décembre 2023, de l'accord de leurs homologues néerlandaises à la prise en charge de l'intéressée. Ce laps de temps ne fait apparaître aucune anomalie constitutive d'une atteinte au droit d'asile.

13. En sixième lieu, les allégations de Mme C selon lesquelles, d'une part, son état de santé, marqué par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral, serait incompatible avec le transfert et, d'autre part, qu'elle est venue rejoindre sa fille installée régulièrement en Côte-d'Or, sont dépourvues de précisions et éléments de justification suffisants pour permettre au tribunal d'apprécier le bien-fondé d'un moyen, à le supposer d'ailleurs invoqué comme tel, tiré de l'erreur manifeste que le préfet du Doubs aurait commise dans l'appréciation de la possibilité de faire bénéficier l'intéressée des dispositions de l'article 16 (" personnes à charge ") ou de l'article 17 (" clauses discrétionnaires ") du règlement " B A ".

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

14. L'arrêté de transfert n'encourant pas l'annulation, compte tenu de ce qui a été précédemment énoncé, Mme C n'est pas fondée à exciper de son illégalité pour contester la mesure d'assignation à résidence.

15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés du préfet du Doubs du 5 janvier 2024.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C, n'appelle aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions en injonction ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à Mme C ou à son avocat, par combinaison avec l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Mehdaoui, au préfet du Doubs et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.

Le président-rapporteur,

David ZUPAN

La greffière

Laurence LELONG

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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