mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | APPAIX SOPHIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2024, et un mémoire ampliatif enregistré le 21 février 2024, le second étant présenté par Me Appaix, M. B A demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2023 par lequel le préfet de la Nièvre ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
3°) de l'admettre provisoirement au séjour le temps de l'instruction de sa demande de réexamen devant la Cour national du droit d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- il craint pour sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine ;
- la cour nationale du droit d'asile a rejeté sa demande sans lui donner de date d'audition ;
- s'agissant de la décision de refus d'admission au séjour, le signataire de l'acte était incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, en ce qu'il aurait dû être admis au séjour le temps du réexamen de sa demande d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, le préfet n'ayant en outre pas procédé à un examen approfondi de sa situation ;
- en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français, le signataire de l'acte était incompétent ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes motifs que la décision de refus de séjour ;
- s'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire, le signataire de l'acte était incompétent ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi, le signataire de l'acte était incompétent ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle y a violation de l'article 3 convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 6 et 28 février 2024, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. C, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Appaix, représentant M. A, assisté de M. D, interprète.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant bangladais né le 18 mai 1987, déclarant être entré en France le 20 septembre 2022, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 16 février 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 23 novembre 2023. Par un arrêté du 28 décembre 2023, pris notamment sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Nièvre ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. M. A demande l'annulation de cet arrêté du 28 décembre 2023.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. La présente requête présente les caractéristiques de l'urgence prévue par les dispositions citées au point 2. Il y a dès lors lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de la Nièvre du 28 décembre 2023 :
En ce qui concerne le moyen de légalité externe, commun aux trois décisions attaquées :
4. L'arrêté attaqué a été signé par M. Ludovic Pierrat, secrétaire général de la préfecture de la Nièvre, à qui le préfet de la Nièvre a, par arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 22 août 2023, donné délégation de signature. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le surplus des moyens relatifs au refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué expose les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, et n'apparait nullement stéréotypé. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Il n'apparait pas plus que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen approfondi de la situation du requérant.
6. En deuxième lieu, aux termes du second alinéa de l'article L.542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance ". Il est constant que l'ordonnance de rejet de sa demande par la cour nationale du droit d'asile a été notifiée le 7 décembre 2023. M. A, qui ne disposait d'aucun droit au maintien sur le territoire français à compter de cette date, ne peut utilement soutenir qu'il aurait dû être admis au séjour le temps du réexamen de sa demande d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, M. A, dont la requête a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis par la Cour nationale du droit d'asile par ordonnance, n'apporte aucun élément de nature à établir que la décision du préfet de la Nièvre serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, ni qu'elle serait contraire aux stipulations de la convention de Genève sur les réfugiés, à celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si M. A se plaint en outre de ce qu'il n'a pu présenter des observations devant la Cour nationale du droit d'asile, la régularité de la procédure suivie devant la cour est en tout état de cause sans influence sur la légalité de la décision attaquée.
En ce qui concerne le surplus des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. La décision de refus de séjour n'étant entachée d'aucune illégalité, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie d'exception ne peut qu'être écarté.
9. Pour les motifs exposés aux points 5 à 7 ci-dessus, les moyens tirés du défaut de motivation, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne le surplus des moyens dirigés contre la décision relative au délai d'exécution de l'obligation de quitter le territoire français :
10. Si M. A entend critiquer une décision lui refusant un délai de départ volontaire, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Nièvre lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours.
11. En tout état de cause, la décision est suffisamment motivée par l'indication, s'agissant du délai de droit commun, qu'aucune circonstance ne justifie qu'un délai plus long lui soit octroyé.
12. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus aux points 8 et 9 que le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ serait illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le surplus des moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
13. La décision est suffisamment motivée par l'indication que M. A est éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou tout autre pays où il serait légalement admissible.
14. Le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs exposés au point 7 ci-dessus.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Nièvre ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de la requérante au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Nièvre et à Me Appaix.
Une copie de ce jugement sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le magistrat désigné,
P. CLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026