mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | RAYMOND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2024, Mme A B, épouse C, représentée par Me Raymond, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide judiciaire provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire ne l'a pas autorisée à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui octroyer une autorisation provisoire de séjour, au besoin sous astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B, épouse C, soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, en ce qu'elle aurait dû être admise au séjour le temps du réexamen de sa demande d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard aux risques qu'elle encourt en cas de retour dans son pays d'origine et sa situation de famille.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. D, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Le rapport de M. D a été entendus au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, épouse C, ressortissante de la Fédération de Russie, née le 26 septembre 1988, entrée irrégulièrement en France le 30 novembre 2020, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 8 mars 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 27 août 2021. Elle a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour pour une durée d'un an le 1er février 2022. Sa demande de réexamen de la qualité de réfugiée a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 12 octobre 2023. Par un arrêté du 21 décembre 2023, pris notamment sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Saône-et-Loire ne l'a pas autorisée à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Mme B, épouse C, demande l'annulation de cet arrêté du 28 décembre 2023.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. La requête présente les caractéristiques de l'urgence prévue par les dispositions citées au point 2. Il y a dès lors lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B, épouse C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 28 décembre 2023 :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué expose le parcours de l'intéressée en France depuis son entrée sur le territoire, sa situation familiale, examine la réalité des risques invoqués en cas de retour dans son pays d'origine. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, dont l'exposé ne présente pas un caractère succinct, contrairement à ce que soutient la requérante. Elle mentionne également à juste titre que l'époux de la requérante a fait l'objet d'une mesure identique, le même jour qu'elle. Le moyen tiré du défaut de motivation doit par suite être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / () 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ". Et aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / () 2° Le demandeur a présenté une demande de réexamen qui n'est pas irrecevable ". Mme B, épouse C a présenté une demande de réexamen de la qualité de réfugiée, qui n'était pas irrecevable, et sur laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a statué selon la procédure accélérée. Le droit de la requérante de se maintenir sur le territoire français avait ainsi pris fin. C'est, par suite, sans erreur de droit que le préfet de Saône-et-Loire a pu prendre la décision attaquée sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° "
7. En dernier lieu, Mme B, épouse C, dont la demande d'asile a été rejetée à deux reprises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et une fois par la Cour nationale du droit d'asile, n'apporte aucun élément de nature à établir les risques qu'elle prétend encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi qu'il a été dit, son époux a fait l'objet d'une mesure similaire, et pourra l'accompagner dans leur pays d'origine avec leurs deux enfants mineurs. Dès lors, la décision attaquée n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B, épouse C tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire ne l'a pas autorisée à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de la requérante au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : Mme B, épouse C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme B, épouse C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, épouse C, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Raymond.
Une copie de ce jugement sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le magistrat désigné,
P. DLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026