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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400330

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400330

lundi 5 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400330
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationREFERE
Avocat requérantAPPAIX SOPHIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I, Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2024, sous le n° 2400330, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 5 février 2024, M. B E, représenté par Me Appaix, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 29 janvier 2024 par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. E soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice d'incompétence, d'une insuffisance de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est entachée d'un vice d'incompétence, d'une insuffisance de motivation, est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- les décisions attaquées méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Un mémoire en production de pièces, enregistré le 1er février 2024, a été présenté par le préfet de la Côte-d'Or.

II, Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2024, sous le n° 2400331, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 5 février 2024, M. B E, représenté par Me Appaix, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Mâcon pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer sa situation et de modifier les modalités de l'assignation à résidence au regard de celle-ci ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. E soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence, d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Blacher, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blacher, magistrat désigné,

- les observations de Me Appaix, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens et conclut en outre à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi pour méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 11h39.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant de nationalité angolaise né le 8 août 1978, déclare être entré irrégulièrement en France au mois de janvier 2021. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 27 avril 2021, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 19 octobre 2021. Par un arrêté du 9 mai 2022, le préfet de la Côte-d'Or ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de l'Angola. Le 18 mai 2022, M. E a sollicité un réexamen de sa demande d'asile, demande qui a été rejetée par l'OFPRA le 30 mai 2022, rejet confirmé par la CNDA le 13 octobre 2022. Par un arrêté du 29 janvier 2024, le préfet de la Côte-d'Or a obligé le requérant à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par sa requête n° 2400330, M. E demande l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français contenues dans cet arrêté. Par un arrêté du 29 janvier 2024, le préfet de Saône-et-Loire a assigné l'intéressé à résidence dans l'arrondissement de Mâcon pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête n° 2400331, M. E demande l'annulation de cet arrêté.

2. Les requêtes n° 2400330 et n° 2400331, présentées pour M. E, concernent la situation d'un même ressortissant étranger. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

4. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. E, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

5. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées pour le préfet et par délégation, par Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale. En vertu d'un arrêté du 18 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 22 janvier 2024 de la préfecture, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à M. Johann Mougenot, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or et, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, à Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département de la Côte-d'Or, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions attaquées contenues dans l'arrêté du 29 janvier 2024. Il n'est pas établi, ni même allégué, que M. D n'aurait pas été absent ou empêché à la date de l'édiction des décisions attaquées. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des actes attaqués doit être écarté.

6. En second lieu, les décisions attaquées comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment en ce qui concerne les quatre critères législatifs examinés avant le prononcé de l'interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".

8. En l'espèce, ainsi qu'il a été rappelé au point 1, la demande d'asile et la demande de réexamen de cette demande avaient été rejetées tant par l'OFPRA que par la CNDA à la date d'édiction de l'obligation de quitter le territoire français du 29 janvier 2024, de sorte que M. E ne bénéficiait plus d'aucun droit au maintien sur le territoire français. Par ailleurs, l'intéressé soutient que le préfet n'a pas pris en compte sa situation personnelle en France et les faits subis en Angola justifiant son impossibilité d'y repartir. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que lors de la procédure devant l'OFPRA et la CNDA comme auprès des services préfectoraux, et notamment avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français du 29 janvier 2024, M. E a pu faire valoir tous les éléments relatifs à sa situation personnelle. Dans ces conditions, et alors qu'au surplus la décision portant obligation de quitter le territoire français est distincte de la décision fixant le pays de destination, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :

9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

10. Lors de l'audience du 5 février 2024, M. E a également demandé l'annulation de la décision fixant le pays de destination en faisant valoir qu'il risque d'être soumis à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, en se prévalant notamment d'un article de presse daté de 2021 faisant état de la mort de militants séparatistes causée par les forces de police lors d'une manifestation, le requérant ne fait état d'aucun élément probant de nature à établir qu'il encourrait des risques actuels le visant personnellement en cas de retour en Angola. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".

13. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit, M. E s'est soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 9 mai 2022 à la suite du rejet de sa demande d'asile. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de la police aux frontières, le 29 janvier 2024, le requérant a expressément indiqué ne pas vouloir quitter le territoire français. Dans ces conditions, ces éléments caractérisant un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, le préfet a pu légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen soulevé à l'encontre de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français et tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire, doit être écarté.

14. En second lieu, pas plus que devant les services préfectoraux, M. E ne fait état de circonstances humanitaires justifiant que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, l'erreur d'appréciation alléguée doit être écartée.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant assignation à résidence :

15. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

16. En premier lieu, la décision attaquée a été signée pour le préfet et par délégation, par Mme F C, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration. En vertu d'un un arrêté du 3 janvier 2024 publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme F C à l'effet de signer les actes relevant des attributions du bureau dont elle est cheffe, au nombre desquelles figurent les mesures d'assignation à résidence des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

18. En l'espèce, la décision attaquée, prise au visa des articles cités ci-dessus, rappelle que M. E fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français du 29 janvier 2024, indique que, si les modalités pratiques du retour de l'intéressé, démuni de documents d'identité et de voyage en cours de validité, ne sont pas connues à ce jour, et nécessitent l'obtention d'un laisser-passer consulaire, son éloignement demeure une perspective raisonnable et précise enfin que l'intéressé justifie d'une adresse stable. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté.

19. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, motivée ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet n'aurait pas procéder à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé avant l'édiction de la mesure d'assignation à résidence.

20. En dernier lieu, l'arrêté attaqué oblige M. E, qui a produit un bail et des quittances de loyer relatifs au logement qu'il loue à Cluny, à se présenter quotidiennement, hors samedi, dimanche, jours fériés ou chômés, à 9 heures, à la brigade de gendarmerie de Cluny afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet. Par ailleurs, si l'article 3 de l'arrêté fait interdiction à M. E de sortir de l'arrondissement de Mâcon, périmètre de son assignation, sans autorisation préalable, il ne fait pas obstacle a contrario à l'obtention d'une autorisation exceptionnelle de sortie de ce périmètre pour un motif valable dûment justifié. Dans ces conditions, si l'intéressé fait valoir que les modalités de l'assignation nuisent à ses recherches d'emploi à Dijon en qualité de coiffeur ou de travailleur dans le secteur du bâtiment, il ne l'établit aucunement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre serait disproportionnée.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 29 janvier 2024 portant assignation à résidence, n'implique aucune mesure d'exécution. Il suit de là que les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée par M. E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2400330 et n° 2400331 est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet de la Côte-d'Or, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Appaix.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.

Le magistrat désigné,

M. Blacher La greffière,

Mme A

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or et au préfet de Saône-et-Loire, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier

Nos 2400330, 2400331

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