mercredi 7 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | APPAIX SOPHIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2024, et un mémoire, enregistré le 5 février 2024, M. E J et Mme A H, représentés par Me Appaix, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 5 janvier 2024 par lesquels le préfet du Doubs a prononcé leur remise aux autorités italiennes, responsables de l'examen de leur demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de leur délivrer un dossier de demande d'asile à transmettre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil de la somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. J et Mme H soutiennent que :
- les arrêtés attaqués sont entachés d'un vice d'incompétence ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- la preuve de l'existence de demandes de prise en charge auprès des autorités italiennes et de la notification à l'Etat requis de son acceptation implicite n'est pas établie ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent les points 14 à 16 du préambule du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent les articles 3 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, eu égard à la défaillance systémique de l'Italie dans l'accueil des demandeurs d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de l'Yonne, qui n'a présenté aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Blacher, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Blacher, magistrat désigné,
- les observations de Me Appaix, représentant M. J et Mme H, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 12h08.
Considérant ce qui suit :
1. M. J et Mme H, ressortissants de nationalité camerounaise nés respectivement les 25 juin 1986 et 29 janvier 1981, sont entrés irrégulièrement en France, accompagnés de leurs deux enfants mineurs, à une date indéterminée. Le relevé d'empreintes effectué à l'occasion de leurs demandes d'asile déposées le 10 août 2023 et la consultation du fichier Eurodac ont révélé que les intéressés avaient été identifiés en Italie respectivement les 23 février 2023 et 16 juillet 2023. Les autorités italiennes, saisies en application de l'article 13-1 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, ont implicitement donné leur accord à la demande de prise en charge. Par deux arrêtés du 5 janvier 2024, le préfet du Doubs a prononcé la remise de M. J et Mme H aux autorités italiennes, responsables de l'examen de leurs demandes d'asile. Par deux arrêtés du même jour, le préfet du Doubs a assigné les intéressés à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours. Les requérants demandent l'annulation des arrêtés portant remise aux autorités italiennes.
Sur les conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. J et Mme H, de prononcer l'admission des intéressés au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, les arrêtés attaqués du 5 janvier 2024 ont été signés pour le préfet par Mme C I, directrice de cabinet, secrétaire générale par intérim. En vertu d'un arrêté du 7 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Doubs a désigné Mme I pour assurer l'intérim de secrétaire générale de la préfecture du Doubs jusqu'à l'installation d'un successeur à M. G B et lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions de transfert des étrangers dont l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat membre. Par ailleurs, Mme F D, nommée secrétaire générale de la préfecture du Doubs en remplacement de M. B, a reçu délégation du préfet du Doubs seulement par arrêté du 8 janvier 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " Droit à l'information : 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement () b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; () 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ".
6. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. J et Mme H se sont vus remettre deux brochures dites A et B, intitulées respectivement " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", ainsi que le guide du demandeur d'asile en France. Ces documents leur ont été remis en langue française, que les intéressés ont déclaré comprendre et parler, le 10 août 2023, lors des entretiens individuels prévus par l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013. Les décisions de transfert ont été prises ultérieurement après accord implicite des autorités italiennes et notifiées le 31 janvier 2024, de sorte que les intéressés doivent être regardés comme ayant bénéficié de ces informations en temps utile. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'ils ont été privés de la garantie instituée par les dispositions de l'article 4 du règlement n°604/2013.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4 () / 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
9. La conduite de l'entretien par une personne qualifiée en vertu du droit national constitue, pour le demandeur d'asile, une garantie. Il ressort des pièces du dossier que M. J et Mme H ont bénéficié de l'entretien individuel prévu par l'article 5 du règlement n°604/2013 en présence d'un agent qualifié de la préfecture de Saône-et-Loire et en langue française que les intéressés ont déclaré comprendre et parler. Les comptes rendus de ces entretiens mentionnent notamment que les documents prévus par l'article 4 du règlement n°604/2013 leur ont été préalablement remis. Ces entretiens se sont déroulés le 10 août 2023, soit antérieurement à la prise de décision de leur transfert vers l'Italie, Etat responsable de l'examen de leur demande d'asile. Par ailleurs, aucune disposition du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire, n'implique que les nom, prénom et qualité de l'agent ayant mené l'entretien individuel soient mentionnés sur la fiche relatant cet entretien. La seule circonstance que le compte-rendu de l'entretien individuel ne comporte pas d'indication sur son identité n'est pas, à elle seule, de nature à établir que cet agent n'aurait pas été qualifié en vertu du droit national pour mener un tel entretien. En tout état de cause, l'absence d'indication de l'identité de l'agent ayant conduit les entretiens est sans incidence sur la régularité de la procédure suivie dès lors qu'elle n'a pas privé les requérants de la garantie tenant au bénéfice de cet entretien et à la possibilité de faire valoir toutes observations utiles. Par suite, M. J et Mme H ne sont pas fondés à soutenir que les décisions litigieuses méconnaîtraient l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
10. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Doubs a saisi les autorités italiennes le 18 septembre 2023, via le réseau Dublinet, d'une demande de prise en charge de M. J, de Mme H et de leurs deux enfants mineurs. En outre, en l'absence de réponse explicite dans le délai prévu à l'article 22-7 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, le préfet du Doubs a notifié aux autorités italiennes, le 24 novembre 2023, le constat de leur accord implicite et la confirmation de ce qu'elles étaient responsables de l'examen de la demande d'asile des intéressés. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'inexistence des décisions de prise en charge, d'acceptation implicite et de confirmation de cette acceptation, doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Par ailleurs, aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable ". En vertu de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles : " les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif ", la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement précité, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
12. D'une part, M. J et Mme H font valoir que l'Italie présente une défaillance systémique dans le traitement des demandes d'asile. Toutefois, les requérants n'apportent aucun élément permettant de caractériser des raisons sérieuses de croire que les conditions d'accueil et de traitement de la demande d'asile des intéressés et de leurs enfants ne seront pas conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile en Italie, État membre de l'Union européenne, qui est d'ailleurs également partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. D'autre part, les requérants ne font état d'aucun élément de nature à caractériser une situation de vulnérabilité justifiant que la France se déclare responsable de leurs demandes d'asile. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-2 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de ce que le préfet, en s'abstenant d'appliquer la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement cité ci-dessus, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.
13. En dernier lieu, aux termes du point 14 du préambule du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Conformément à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, le respect de la vie familiale devrait être une considération primordiale pour les États membres lors de l'application du présent règlement ". Aux termes du point 15 du même préambule : " Le traitement conjoint des demandes de protection internationale des membres d'une famille par un même État membre est une mesure permettant d'assurer un examen approfondi des demandes, la cohérence des décisions prises à leur égard et d'éviter que les membres d'une famille soient séparés ". Aux termes du point 16 de ce préambule : " Afin de garantir le plein respect du principe de l'unité de la famille et dans l'intérêt supérieur de l'enfant, l'existence d'un lien de dépendance entre un demandeur et son enfant, son frère ou sa sœur ou son père ou sa mère, du fait de la grossesse ou de la maternité, de l'état de santé ou du grand âge du demandeur, devrait devenir un critère obligatoire de responsabilité () ".
14. Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
15. En l'espèce, les requérants se bornent à faire valoir que leur famille est établie à Tonnerre depuis 2023. Toutefois, alors que l'intensité des liens personnels et familiaux des intéressés en France n'est aucunement démontrée, notamment en raison de leur présence récente, les décisions attaquées n'ont pas pour effet de séparer les membres de la famille dès lors que le transfert vers l'Italie concerne M. J, Mme H et leurs deux enfants mineurs qui les accompagnent. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les arrêtés de transfert portent une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale ou à l'unité de leur famille garantis par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du préambule du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés attaqués doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Il suit de là que les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée par M. J et Mme H au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : M. J et Mme H sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2400346 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E J et Mme A H, au préfet du Doubs et à Me Appaix.
Copie en sera adressée au préfet de l'Yonne, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.
Le magistrat désigné,
S. Blacher La greffière,
L. Lelong
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026