lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | MANHOULI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 1er février 2024, enregistrée le 2 février 2024 au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal, en application de l'article R. 776-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requête présentée par M. E A C.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Versailles le 30 janvier 2024, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2024 par lequel le préfet de la Nièvre l'a assigné à résidence dans le département de la Nièvre pour une durée de quarante-cinq jours.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A C soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation révélatrice d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision attaquée a été prise sans respecter la procédure contradictoire préalable prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur d'appréciation quant au lieu d'assignation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Blacher, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Blacher, magistrat désigné.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant de nationalité colombienne né le 27 mars 2003, est entré en France à une date indéterminée. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 25 août 2022, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 16 janvier 2023. Par un arrêté du 20 mars 2023, la préfète du Val de Marne a refusé l'admission au séjour de l'intéressé au titre de l'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un arrêté du 28 janvier 2024, le préfet de la Nièvre a assigné l'intéressé à résidence dans le département de la Nièvre pour une durée de quarante-cinq jours. Par une requête enregistrée le 30 janvier 2024 au greffe du tribunal administratif de Versailles, M. A C demande l'annulation de cet arrêté. Par une ordonnance du 1er février 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis le dossier de M. A C au tribunal administratif de Dijon.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
4. En l'espèce, la décision attaquée, prise au visa des articles cités ci-dessus, rappelle que M. A C fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours édictée par la préfète du Val de Marne le 20 mai 2023 et que cette décision n'a pas été exécutée, indique que l'intéressé est démuni de document de voyage en cours de validité et précise qu'il ne peut justifier l'adresse dans les Yvelines qu'il déclare alors qu'il a été interpelé dans le département de la Nièvre dans lequel il réside pour des raisons professionnelles. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, motivée ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de la Nièvre n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé avant d'édicter la mesure d'assignation en litige.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition de l'intéressé par les services de gendarmerie le 28 janvier 2024 lors de sa retenue administrative pour vérification de son droit au séjour, que le requérant, qui n'a pas souhaité être assisté par un avocat, a pu faire valoir tous les éléments relatifs à son entrée et son séjour en France, y compris la fin de son droit au maintien sur le territoire français après le rejet de sa demande d'asile. Par ailleurs, si l'intéressé a fait valoir une adresse à Sartrouville (Yvelines), il n'a pas été en mesure d'en justifier auprès des services de gendarmerie. Dans ces conditions, M. A C n'est pas fondé à soutenir que le droit à une procédure contradictoire préalable garanti par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration aurait été méconnu.
8. En quatrième lieu, si le requérant fait valoir que rien ne justifie une assignation à résidence qui, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constitue une possibilité et non une obligation pour le préfet, il ressort des termes de la décision attaquée, non utilement contestée sur ce point, que si M. A C ne dispose pas de document de voyage, l'exécution forcée de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 20 mai 2023 demeure une perspective raisonnable. Par suite, l'erreur de droit alléguée doit être écartée.
9. En dernier lieu, M. A C fait valoir que la décision attaquée prévoit son assignation à résidence dans le département de la Nièvre alors qu'il a déclaré une adresse à Sartrouville (Yvelines) et fait valoir un suivi médical en Ile-de-France. Toutefois, le requérant ne justifie pas davantage dans la présente instance l'adresse dont il s'est prévalu devant les services de gendarmerie alors qu'il a indiqué lors de son audition qu'il résidait dans la Nièvre le temps d'un chantier de peinture dans une maison située à Corbigny (Nièvre). Dans ces conditions, M. A C n'est pas fondé à soutenir que le préfet, en l'assignant dans le département de la Nièvre, aurait commis une erreur d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué du 28 janvier 2024 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. A C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A C et au préfet de la Nièvre.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
Le magistrat désigné,
M. Blacher La greffière,
Mme B
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026