mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LUKEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 février 2024, M. B C, représenté par Me Lukec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, en date du 3 janvier 2024, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant du refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est illégale par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'hommes et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de
M. C.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision du 12 février 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement, sur proposition du rapporteur public, l'a dispensé de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Hamza Cherief.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant égyptien né le 29 février 1968, est entré irrégulièrement en France le 19 juillet 2015. Il s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire, valable du 2 novembre 2021 au 1er novembre 2022 en qualité de " conjoint de français " et a sollicité, le 15 novembre 2022, le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 3 janvier 2024, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé et l'a obligé à quitter le territoire français. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée est signée par Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale adjointe. Par un arrêté du 4 décembre 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Côte-d'Or le 5 décembre 2023, le préfet de la Côte-d'Or a notamment délégué sa signature à Mme Amelle Ghayou, secrétaire générale adjointe, en cas d'absence ou empêchement de M. Frédéric Carre, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas l'arrêté attaqué. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A n'aurait pas été absent ou empêché le 3 janvier 2024. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'incompétence, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions des articles L. 423-1 et
L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et mentionne les considérations de fait qui en constituent le fondement. Elle analyse notamment les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé ainsi que sa situation familiale. Elle mentionne, à cet égard, le mariage de M. C avec une ressortissante française, intervenu le 21 décembre 2018, et précise que la réalité de la vie commune du requérant et de son épouse est sujette à caution. Enfin, la décision attaquée examine la situation du requérant au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, la décision attaquée est motivée, en droit et en fait, avec une précision suffisante afin de permettre à M. C d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. C, le préfet de la Côte-d'Or s'est notamment fondé sur les conclusions d'une enquête de vérification de vie commune effectuée par les services de police, desquelles il ressort que, si le requérant et son épouse cohabitent, ils ne se sont pas adressé la parole depuis trois années. Il ressort à ce titre de la lettre du 11 mars 2024, jointe au mémoire en défense et adressée au président du tribunal administratif de Dijon, qui reprend, en la résumant, l'enquête effectuée par les services de police, que l'épouse de
M. C a confié à ces derniers vouloir se séparer de son mari mais craindre sa réaction en raison de ses crises de colère. Le rapport d'enquête conclut que " la communauté de vie est pour le moins sujette à caution " et que le requérant " désireux d'obtenir sa carte de séjour " carte de français " n'envisage pas la séparation avant l'obtention de ce titre ". Si, dans sa requête, M. C fait état des crises que son couple aurait rencontrées, il ne conteste pas sérieusement les conclusions de cette enquête et l'attestation de son épouse versée au dossier se borne à préciser que le requérant réside " normalement " au domicile conjugal. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation que le préfet de la Côte-d'Or a pu considérer que la communauté de vie avait cessé entre M. C et son épouse. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que C est entré irrégulièrement en France le 19 juillet 2015 et s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire, valable du 2 novembre 2021 au 1er novembre 2022 en qualité de " conjoint de français " à la suite de son mariage avec une ressortissante française le 21 décembre 2018. Si le requérant se prévaut de ce mariage, il ressort de ce qui a été dit au point 5 que la vie commune entre les époux a cessé. Par ailleurs, le requérant n'établit pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, où résident ses trois enfants, sa mère ainsi que ses six frères et sœurs. Enfin, il ne justifie pas d'éléments permettant d'attester d'une insertion particulière au sein de la société française. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En cinquième lieu, dès lors que M. C n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne peut utilement faire valoir que la décision attaquée méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiées à l'article L. 423-23 du même code. Par suite ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour n'ayant pas été établie, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par suite ce moyen doit être écarté.
9. En deuxième lieu, et pour des motifs identiques à ceux exposés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées en ce sens par le conseil de M. C doivent être rejetées. Par ailleurs, dès lors qu'il ne justifie d'aucun frais au sens des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions par le préfet de la Côte-d'Or doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de la Côte-d'Or sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Lukec.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Hascoët, première conseillère,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
Le rapporteur,
H. Cherief
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026