jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | AIT MEHDI EMILIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2024, M. A D, représenté par Me Aït Medhi, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2024 par lequel le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination.
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou, subsidiairement, sur le fondement du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision est insuffisamment motivée ;
- son droit à être entendu a été méconnu ;
- il y a erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a sollicité un réexamen de sa demande d'asile devant la cour nationale du droit d'asile ;
- s'agissant de la décision fixant le pays de destination, elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
No 2400441
Le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or a produit quatre pièces le 16 février 2024.
Le requérant a produit trois nouvelles pièces enregistrées le 18 mars 2024.
Vu :
- la décision du 26 février 2024, accordant l'aide juridictionnelle totale à M. D ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration.
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. B, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant somalien, né le 12 février 1993, est entré irrégulièrement en France le 1er décembre 2022. Sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 19 mai 2023, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 5 octobre 2023. Sa demande de réexamen a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 19 décembre 2023. Par un arrêté du 24 janvier 2024, le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois, et a fixé le pays de destination. M. D demande l'annulation de cet arrêté du 24 janvier 2024.
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Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or du 8 février 2024 :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé par l'indication des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, M. D conservait la faculté, pendant la durée d'instruction de son dossier de demande d'asile et avant l'intervention de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, de faire valoir auprès de l'administration tous éléments de nature à influer sur le contenu de ces mesures. Il ne fait état d'aucun élément de cette nature. Par suite, il n'a pas été privé du droit d'être entendu tel qu'il est consacré notamment par le droit de l'Union européenne.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Et aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ". L'Office français de protection des réfugiés et apatrides ayant rejeté la demande de réexamen de M. D sur le fondement du b) du 1° de l'article L. 542-1 précité, celui-ci n'avait plus de droit au séjour. C'est par suite à bon droit que le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or a pris la décision attaquée, dont M. D n'a pas demandé la suspension.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
5. En premier lieu, la décision attaquée est suffisamment motivée par le visa de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'indication que la Somalie est le pays dont le requérant a la nationalité, et l'examen des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'avait pas à viser l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire, ce qui n'est pas le cas du requérant auquel un délai de trente jours a été octroyé.
6. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Pour soutenir que les stipulations de
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cet article ont été méconnues, M. D, dont la demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis par la cour nationale du droit d'asile, puis une seconde fois par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, se borne à des considérations générales sur la situation en Somalie, ou à des considérations personnelles antérieures au rejet de sa demande par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, et qui ne sont appuyées par aucune pièce produite au dossier. Le moyen ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. D tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or a refusé de lui accorder un droit au séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant ou à son conseil au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or et à Me Aït Mehdi. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
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Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le magistrat désigné,
P. BLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026