mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400455 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 février 2024 et le 11 avril 2024, M. A D C, représenté par Me Tronche, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Yonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Yonne de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de cinq jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État, en faveur de son avocat, Me Tronche, une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Tronche renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
La décision portant refus d'un titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation personnelle, notamment en ce qui concerne son expérience professionnelle et l'emploi auquel il postule ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- a été prise sur le fondement d'une décision illégale portant refus d'un titre de séjour ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
La décision fixant le délai de départ volontaire :
- a été prise sur le fondement d'une décision illégale portant obligation de quitter le territoire français ;
La décision fixant le pays d'éloignement :
- a été prise sur le fondement d'une décision illégale l'obligeant à quitter le territoire français ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le préfet de l'Yonne, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision
n° 2024/000178 du 26 février 2024 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Dijon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Tronche représentant le requérant et de Me Coquillon représentant le préfet de l'Yonne.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant ivoirien né le 4 mars 1999, qui s'est vu délivré le
9 février 2017 le statut de réfugié en Grèce, est entré en France, selon ses déclarations, le
20 mai 2018. Le 19 octobre 2022, il a sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 6 décembre 2023, le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. La décision attaquée mentionne les dispositions sur le fondement desquelles M. C a présenté sa demande de titre de séjour et expose les motifs pour lesquels le préfet de l'Yonne a considéré, au regard de sa situation personnelle et familiale, qu'il n'entrait pas dans leurs prévisions. Elle satisfait ainsi aux exigences de motivation de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, le moyen tiré ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des motifs de la décision attaquée que le préfet de l'Yonne a examiné la situation familiale du requérant et sa situation personnelle. Il a notamment établi l'absence de ressources qui contraint M. C à être hébergé par le centre communal d'action sociale d'Auxerre. S'il ne mentionne pas l'emploi auquel postule le requérant ni ses éventuelles qualifications, il appartenait à M. C d'apporter les éléments utiles à l'appréciation de sa situation. Dès lors, la décision attaquée n'est pas entachée d'un défaut d'examen de la situation du requérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
6. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile , l'autorité administrative doit d'abord vérifier si des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifient la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale", ensuite, en cas de motifs exceptionnels, si la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire" est envisageable.
7. En l'espèce, M. C est présent en France, selon ses déclarations, depuis 2018 et il est le père d'une enfant née en France le 9 juillet 2020, dont la mère est une ressortissante camerounaise et dont il est séparé. La note sociale établie par le travailleur social référent du centre communal d'action sociale d'Auxerre indique que sa fille vit avec sa mère, mais que le requérant participe à son hébergement et qu'il est présent pour sa fille notamment à la sortie de l'école le mercredi, ainsi que durant les week-ends. Toutefois, les éléments produits par le requérant ne permettent pas d'attester d'un rôle particulièrement intense dans l'éducation de sa fille, ni de la régularité et du caractère suffisant de sa contribution financière à son entretien. Par ailleurs, s'il fait état de la participation aux actions d'une association en 2021, il ne démontre pas une insertion sociale particulière ni ne fait état d'autres liens personnels notables en France. Enfin, la circonstance qu'il bénéficie d'un suivi médical ne permet pas de conclure que ce suivi ne pourrait être effectif s'il ne résidait pas en France. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifieraient la délivrance d'un titre de séjour à M. C. En l'absence de motifs exceptionnels, la demande d'autorisation de travail déposée par un employeur lui ayant proposé une embauche en tant qu'agent de propreté des véhicules, dont se prévaut le requérant, ne peut suffire à justifier la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le préfet de l'Yonne n'a pas entaché la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Si le requérant se prévaut de sa présence en France depuis 2018, d'être père d'une fille née en France en 2020, d'un engagement bénévole auprès d'une association attesté en 2021 et d'une demande d'autorisation de travail établie par un employeur qui serait prêt à l'embaucher en tant qu'agent de propreté des véhicules, il est célibataire, il ne fournit pas d'éléments probants à l'appui d'une participation à l'entretien de sa fille, et ne démontre pas entretenir en France des liens personnels et familiaux stables, anciens et intenses. Dans ces conditions, le préfet de l'Yonne n'a pas porté au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels a été prise la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-l de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
11. Il ressort des pièces du dossier que M. C, père d'une fille née en France en 2020, est séparé de la mère de son enfant, ressortissante camerounaise demeurant en situation irrégulière en France et qui ne démontre pas avoir exécuté une obligation de quitter le territoire, prononcée à son encontre le 10 juin 2022. Ainsi qu'il a été dit au point 9, les pièces produites ne permettent pas de démontrer une contribution suffisante à l'entretien et à l'éducation de sa fille. En outre, il n'établit pas que sa fille ne serait pas en mesure de l'accompagner pour résider dans un autre pays, ni que la mère de sa fille ne serait pas en mesure de résider dans le même pays de destination. En conséquence, les éléments fournis par le requérant ne permettent pas d'établir que le préfet de l'Yonne aurait méconnu l'article 3-l de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit donc être écarté.
12. En sixième lieu, si M C soutient que la décision attaquée comporterait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle, l'ensemble des éléments qu'il produit, tels qu'exposés au point 9, ne sont pas de nature à l'établir. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions du requérant à fin d'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. Dès lors que la décision de refus de titre de séjour n'est pas illégale, le requérant ne peut se prévaloir de l'illégalité par la voie de l'exception de cette décision.
15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9, 11 et 12, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la méconnaissance de l'article 3-l de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de
M. C, doivent être écartés.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision d'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. C doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
17. Dès lors que la décision d'obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale ainsi qu'il a été dit au point 16, le requérant ne peut se prévaloir de l'illégalité par la voie de l'exception de cette décision.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
19. Le requérant soutient qu'il encourt des risques pour son intégrité physique en cas de renvoi en Côte d'Ivoire. La décision attaquée fixe comme pays de destination le pays dont le requérant a la nationalité, c'est-à-dire la Côte-d'Ivoire, ou tout autre pays où il est légalement admissible, à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne. Dès lors que M. C s'est vu octroyer le 9 février 2017 le statut de réfugié en Grèce, il existe de sérieuses raisons de penser qu'il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de renvoi dans son pays d'origine. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à son encontre, la décision fixant le pays de renvoi de
M. C doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
20. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour et de la décision d'obligation de quitter le territoire, les conclusions à fin d'injonction portant sur ces décisions seront rejetées.
21. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
22. Dès lors que la décision fixant le pays de renvoi de M. C est annulée, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, qu'il soit procédé au réexamen de sa situation en ce qui concerne le pays de destination.
Sur les frais liés à l'instance :
23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme demandée par M. C sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de l'Yonne du 6 décembre 2023 fixant le pays de renvoi de M. C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Yonne de procéder au réexamen de la situation de M. C quant au pays de renvoi.
Article 3 : Le surplus de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D C, au préfet de l'Yonne et à Me Tronche.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
M-E. B
Le président,
Si
O. RoussetLa greffière
Signé
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
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