vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RIQUET-MICHEL ADRIENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 février et 3 avril 2024, M. A B, représenté par Me Riquet Michel, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident ainsi que son récépissé de demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans l'attente un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision refusant implicitement de renouveler sa carte de résident est entachée d'un vice d'incompétence et d'une insuffisance de motivation ;
- la décision refusant implicitement de renouveler sa carte de résident est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision refusant implicitement de renouveler sa carte de résident méconnaît les dispositions de l'article L. 423-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision refusant implicitement de renouveler sa carte de résident méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant implicitement de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour est entachée d'un vice d'incompétence et méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le préfet soutient que :
- les moyens invoqués par le requérant sont inopérants dès lors qu'il se trouvait en situation de compétence liée ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bois,
- et les observations de Me Riquet Michel, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né en 1981, entré régulièrement en France le 22 novembre 2011 au titre du regroupement familial, a bénéficié d'une carte de résident valable jusqu'au 6 décembre 2021. L'intéressé a présenté, le 25 novembre 2021, une demande de renouvellement de sa carte de résident et a sollicité, le 10 décembre 2023, le renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. M. B demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles le préfet de la Côte-d'Or a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident et son récépissé de demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite de refus de renouvellement de la carte de résident :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". L'article R. 432-2 du même code dispose que : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
3. D'autre part, en application du 1° de l'article L. 211-2 et de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant à un étranger le droit de séjourner en France constitue une mesure de police qui doit être motivée et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté une demande de renouvellement de sa carte de résident le 25 novembre 2021. Une décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour est dès lors intervenue le 25 mars 2022.
5. Ensuite, si le préfet de la Côte-d'Or soutient, en substance, qu'il était tenu de refuser de procéder au renouvellement de la carte de résident de M. B dès lors que la présence de ce dernier en France constituait une menace grave à l'ordre public, un tel motif n'est cependant pas au nombre de ceux pour lesquels l'administration préfectorale est en situation de compétence liée.
6. Enfin, le 12 janvier 2024, dans le délai de recours contentieux, M. B a demandé la communication des motifs de la décision rejetant implicitement sa demande de renouvellement de carte de résident. Le préfet s'est abstenu de communiquer les motifs de la décision de refus de renouvellement de la carte de résident de M. B dans le délai d'un mois.
7. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 à 6, le préfet de la Côte-d'Or a méconnu les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration.
En ce qui concerne la décision implicite de refus de renouvellement du récépissé :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par l'administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
9. M. B ne peut pas utilement se prévaloir, en présence d'une décision implicite de refus de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour, d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit dès lors, en tout état de cause, être écarté.
10. En second lieu, l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " () En cas de refus de délivrance ou de renouvellement de tout titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire () ". L'article R. 431-12 de ce code dispose que : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise ".
11. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le récépissé délivré à l'étranger qui sollicite un titre de séjour a uniquement vocation à autoriser provisoirement son séjour pour les besoins de l'instruction de sa demande et cesse de produire ses effets à la date à laquelle il a été statué sur sa demande.
12. Il ressort des pièces du dossier que, comme il a été indiqué au point 4, M. B n'était plus un " demandeur " de titre de séjour à compter du 25 mars 2022, date d'intervention de la décision implicite de refus de renouvellement de sa carte de résident. Dès lors, M. B ne peut pas utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Si, compte tenu du motif retenu pour annuler la décision refusant de renouveler la carte de résident, l'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement que le préfet de la Côte-d'Or délivre à M. B une carte de résident, elle implique en revanche nécessairement qu'il procède au réexamen de la situation personnelle de l'intéressé.
15. Dès lors, il y a lieu d'ordonner au préfet de la Côte-d'Or de procéder au réexamen de la demande de l'intéressé dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de cette notification, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
17. Le préfet de la Côte-d'Or, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat et ne justifie pas avoir exposé des frais spécifiques à l'occasion de l'instance, n'est en tout état de cause pas fondé à demander à ce qu'une somme soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a implicitement refusé de renouveler la carte de résident de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Côte-d'Or de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans un délai de quinze jours à compter de cette notification un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Côte d'Or.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
La rapporteure,
C. BoisLe président,
L. BoissyLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026