LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400525

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400525

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400525
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 3 JU
Avocat requérantAPPAIX SOPHIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, M. F B A, représenté par Me Appaix, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2024 par lequel le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or a refusé de l'admettre au séjour, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

2°) d'enjoindre au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, conformément aux dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur le fondement des dispositions de l'article L.911-2 du code de justice administrative, de procéder à un nouvel examen de sa situation et ce dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, avec astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application des dispositions des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou, subsidiairement, sur le fondement du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B A soutient que :

- s'agissant de la décision portant refus d'admission au séjour, elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- il y a erreur de droit eu égard à son recours devant la cour nationale du droit d'asile ;

No 2400525

- il y a erreur manifeste d'appréciation, défaut d'examen de sa situation personnelle et violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à sa situation dans son pays d'origine ;

- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il y a incompétence du signataire de l'acte ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de la décision de refus d'admission au séjour ;

- il y a erreur de droit eu égard à son recours devant la cour nationale du droit d'asile ;

- il y a erreur manifeste d'appréciation, défaut d'examen de sa situation personnelle et violation des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à sa situation dans son pays d'origine ;

- s'agissant de la décision fixant le délai de départ, il y a incompétence du signataire de l'acte ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de la décision de refus d'admission au séjour ;

- il y a erreur de droit eu égard à son recours devant la cour nationale du droit d'asile ;

- il y a erreur manifeste d'appréciation et défaut d'examen personnel à ne pas lui avoir accordé un délai plus long ;

- il y a violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or a produit sept pièces le 29 février 2024, numérotées 1-1, 1-2, 1-3, 2 à 5.

Le requérant a produit deux nouvelles pièces le 21 février 2024.

Vu :

- la décision du 11 février 2024, accordant l'aide juridictionnelle totale à M. B A ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration.

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. D, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

No 2400525

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant afghan, né le 4 juillet 1995, est entré irrégulièrement en France le 20 octobre 2022. Sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 16 mars 2023, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 14 novembre 2023. Sa demande de réexamen a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 décembre 2023. Par un arrêté du 24 janvier 2024, le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or ne l'a pas autorisé à résider en France au titre de l'asile, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. M. B A demande l'annulation de cet arrêté du 24 janvier 2024.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de l'Yonne du 8 février 2024 :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

2. Mme C, signataire de la décision attaquée, a reçu délégation pour signer les décisions attaquées par un arrêté du 8 janvier 2024, paru au recueil des actes administratifs de la préfecture du 10 janvier 2024. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté attaqué du 24 janvier 2024 manque dès lors en fait.

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

3. En premier lieu, la décision est suffisamment motivée par l'indication des considérations de droit et de fait qui la fondent, notamment les circonstances de son entrée en France, de son parcours devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, et sa situation familiale. Le moyen doit par suite être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Et aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu

No 2400525

au b du 2° du présent article ". L'Office français de protection des réfugiés et apatrides ayant rejeté la demande de réexamen de M. B A sur le fondement du b) du 1° de l'article L. 542-1 précité, celui-ci n'avait plus de droit au séjour. C'est par suite à bon droit que le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or a pris la décision attaquée, dont M. B A n'a pas demandé la suspension.

5. En troisième lieu, pour soutenir que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. B A se prévaut de la situation dans son pays d'origine. Cependant, alors que sa demande de protection a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis par la cour nationale du droit d'asile, puis à nouveau par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, il n'invoque devant le tribunal que des faits antérieurs à ses demandes devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile, sans les assortir d'aucune pièce justificative, à l'exception d'une attestation datée du 4 février 2024, rédigée et signée par lui-même. Les moyens doivent ainsi être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, pour les motifs exposés au point 3 ci-dessus, la décision attaquée est suffisamment motivée.

7. En deuxième lieu, il ressort de ce qui a été dit aux points 4 et 5 ci-dessus que la décision portant refus d'admission au séjour au titre de l'asile n'est entachée d'aucune illégalité. Le moyen, soulevé par voie d'exception, de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus d'admission au séjour doit être écarté.

8. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté pour le motif exposé au point 4 ci-dessus.

9. En quatrième lieu, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation, du défaut d'examen de sa situation personnelle et de la violation des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, tous liés à l'invocation par le requérant de la situation dans son pays d'origine doivent être écartés pour les motifs exposés au point 5 ci-dessus.

En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, la décision attaquée est suffisamment motivée, s'agissant du délai de droit commun de trente jours, par l'indication qu'aucune circonstance particulière ne justifie l'application d'un délai plus long.

11. En deuxième lieu, il ressort de ce qui a été dit aux points 6 à 9 ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Le moyen, soulevé par voie d'exception, et tiré de ce que la décision relative au délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

No 2400525

12. En troisième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté pour le motif exposé aux points 4 et 8 ci-dessus.

13. En quatrième lieu, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et du défaut d'examen de sa situation personnelle doivent être écartés pour les motifs exposés aux points 5 et 9 ci-dessus.

14. En dernier lieu, si M. B A soulève un moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ne le rattache expressément à aucune des décisions attaquées. En tout état de cause, pour les motifs exposés aux points 5, 9 et 13 ci-dessus, et par le motif tiré de ce qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, s'il a rappelé dans son arrêté attaqué, les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis de la cour nationale du droit d'asile, s'est estimé lié par elles, le moyen doit être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B A tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or a refusé de lui accorder un droit au séjour au titre de l'asile, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant ou à son conseil au titre des frais liés au litige.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B A, au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or et à Me Appaix. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

No 2400525

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

Le magistrat désigné,

P. DLa greffière,

M. E

La République mande et ordonne au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions