lundi 4 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400536 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE D'AVOCAT MARGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, M. B D, représentée par Me Marger, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'arrêté du 22 décembre 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a décidé la suspension, pour une durée de cinq mois, de son agrément de contrôleur technique de véhicules légers ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- s'agissant de l'urgence :
- l'arrêté contesté l'expose à un risque financier important en le privant de sa rémunération, alors qu'il doit honorer le remboursement d'emprunts, d'un montant mensuel total de 639 euros, et d'une grande partie du chiffre d'affaires de la société dont il est le gérant, et qui ne compte qu'un autre contrôleur technique, alors que son agrément a été suspendu du 11 septembre au 12 novembre 2023 et celui de sa société du 6 novembre 2023 au 6 janvier 2024, que sa société doit faire face à des charges d'emprunt et de loyer des installations techniques d'un montant total supérieur à 5 000 euros, et est menacée de cessation de paiement en raison de l'impossibilité de recruter un autre contrôleur, la profession étant confrontée à une pénurie de professionnels qualifiés ;
- s'agissant du doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte et de violation du droit au silence, reconnu pour toute sanction professionnelle par le Conseil constitutionnel dans sa décision QPC du 8 décembre 2023 n° 2023-1074, lors de la visite de contrôle du 26 octobre 2023 et de la réunion contradictoire du 19 décembre 2023 ;
- elle est disproportionnée, dès lors notamment que l'utilisation frauduleuse, le 26 octobre 2023, de l'agrément de son salarié pour effectuer un contrôle, en dépit de la suspension de son agrément qui avait été prise à son encontre, a eu lieu postérieurement à l'effacement de sa condamnation pénale du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, que le tribunal correctionnel de Mâcon a fait droit à sa demande le 20 octobre 2023, neuf mois après sa saisine, délai excessif de jugement qui caractérise un déni de justice, que les mesures de suspension se sont étendues et chevauchées sur près de quatre mois, que sa société risque le dépôt de bilan en présence de l'impossibilité de recruter des contrôleurs, que la fraude en litige n'est pas de nature à compromettre la sécurité publique dès lors que ses qualifications et compétences ne sont pas contestées, qu'il n'a pas fait l'objet de sanction antérieure, alors qu'il exerce cette activité depuis 2013, et que les contrôles techniques qu'il réalise sont rigoureux et donnent lieu à des audits dont les résultats sont favorables.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée sous le n° 2400534, par laquelle M. D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule ;
- la décision n° 2023-1074 QPC du 8 décembre 2023 du Conseil constitutionnel ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la route ;
- l'arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Testori, greffier d'audience, M. Nicolet a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Marger pour le compte du requérant, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans sa requête, en insistant sur l'état de nécessité dans lequel se trouvait M. D lorsqu'il a commis le manquement qui lui est reproché, et a exposé un nouveau moyen tiré de ce que la signataire de l'arrêté en litige ayant la qualité de supérieur hiérarchique des agents chargés du contrôle, le cumul par la même autorité administrative des pouvoirs de contrôle et de sanction des manquements constatés contrevient aux exigences prescrites par l'article 6, paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les observations de M. D, qui a indiqué qu'il n'a pu recruter un contrôleur technique, employé par un autre centre, que pour une durée de quatre heures hebdomadaires ;
- et les observations de Mme C et de MM E et A, pour le compte du préfet de Saône-et-Loire, qui ont repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire en défense, en indiquant notamment que, s'agissant du moyen tiré de la méconnaissance du droit au silence, l'intéressé a seulement été invité, lors du contrôle, à présenter ses modalités de fonctionnement, et qu'il n'a pas fait l'objet d'un interrogatoire lors de la procédure contradictoire durant laquelle il a été invité à présenter des observations, dans le respect des droits de la défense.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant et aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.
3. En l'espèce, si M. D fait valoir que la suspension pour une durée de cinq mois de son agrément en qualité de contrôleur technique, qui prend effet jusqu'au 28 juin 2024, l'expose à un risque financier important en le privant de sa rémunération, alors qu'il doit honorer le remboursement d'emprunts, d'un montant mensuel total de 639 euros, le préfet justifie que, lors de la suspension, pour une durée de deux mois, de l'agrément du centre des installations dont il est le gérant, du 6 novembre 2023 au 6 janvier 2024, le requérant a pu conclure un contrat de travail de deux mois à temps plein au centre logistique de la société Amazon de Chalon-sur-Saône, du 20 novembre 2023 au 19 janvier 2024, et il n'est ni justifié ni même allégué que la conclusion d'un contrat de travail durant la période restant à courir présenterait un caractère hautement improbable. D'autre part, si M. D fait par ailleurs valoir que la pérennité de l'entreprise dont il est le gérant serait menacée, dès lors qu'elle est menacée par un dépôt de bilan, en raison de charges d'emprunt et de loyer des installations techniques d'un montant total supérieur à 5 000 euros, il ne justifie pas de la réalité de cette menace en s'abstenant de produire, notamment, le chiffre d'affaires réalisé récemment, alors que l'entreprise fonctionne actuellement avec son second contrôleur technique et l'appui d'un autre contrôleur pour une durée hebdomadaire de quatre heures, selon les déclarations de M. D lors de l'audience, et alors que l'attestation de l'expert-comptable de la société du 8 décembre 2023 se borne à constater l'effondrement du chiffre d'affaires de la société au mois de novembre 2023, durant lequel le centre n'a pu fonctionner que trois jours en raison de la suspension de son agrément, effectif à compter du 6 novembre, pour noter ainsi " un gros manque à gagner depuis la fermeture administrative malgré des charges qui subsistent " et que " il est important pour la société que l'activité puisse reprendre au plus vite pour stopper la dégradation des indicateurs financiers ", conférant à cette analyse, en l'absence de toute pièce comptable ou financière, le caractère d'un truisme qui ne se rapporte pas à la situation actuelle de fonctionnement du centre technique qui dispose à nouveau, désormais, de son agrément, le préfet faisant par ailleurs valoir, sans être utilement contesté sur ce point, que, lors du mois d'octobre 2023 durant lequel l'agrément de l'intéressé a fait l'objet d'une précédente suspension, le chiffre d'affaires de l'entreprise réalisé par un seul contrôleur technique n'a été réduit que de 12,5 % par rapport au mois d'octobre 2022. Enfin, la gravité de la fraude commise par l'intéressé, quelles que soient les circonstances alléguées par le requérant, consistant à avoir usurpé l'agrément de son salarié pour opérer un contrôle durant la période de suspension de son agrément en qualité de contrôleur technique, qui a fondé la mesure en litige et qui, par elle-même, est de nature à faire obstacle à la vérification par l'administration de la qualité du contrôle technique des véhicules, mis en oeuvre en vue d'assurer la sécurité routière, caractérise une urgence à exécuter la décision contestée. Au regard de l'ensemble de ces circonstances, la condition d'urgence prescrite par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est, en l'espèce, pas remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. B D et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de Saône-et-Loire.
Fait à Dijon, le 4 mars 2024.
Le juge des référés,
Ph. Nicolet
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026