mercredi 13 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400632 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DE MESNARD ADÈLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 février 2024, M. A B A C, représenté par Me de Mesnard, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, en date du 1er février 2024, par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision la directrice territoriale de Dijon de cet office du 18 janvier 2024 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) de faire injonction à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 18 janvier 2024, cela dans les sept jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée, la décision attaquée le privant des droits garantis par la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et l'expose à la plus grande précarité ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, laquelle :
•est insuffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;
•est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
•a été prise au terme d'une procédure irrégulière, faute pour l'OFII de l'avoir préalablement mis à même de présenter ses observations ;
•méconnaît les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
•viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 mars 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence alléguée n'est pas démontrée, alors que le requérant vit en France depuis plus de vingt-et-un an et n'établit pas être dépourvu de ressources et de solutions d'hébergement ; au demeurant, il s'est lui-même placé dans la situation qu'il invoque ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
•cette décision est suffisamment motivée ;
•elle n'est pas au nombre de celles qui doivent faire l'objet d'une procédure contradictoire préalable ; au demeurant, M. B A C a bénéficié d'un entretien au cours duquel il a été mis à même de décrire sa situation ;
•le défaut d'information sur les conditions de refus et de cessation des conditions matérielles d'accord n'a pas privé M. B A C d'une garantie ;
•la décision en litige n'est entachée d'aucune erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
•il a été procédé à un examen attentif de l'ensemble de la situation de l'intéressé, qui n'a pas justifié d'une particulière vulnérabilité ;
•la décision attaquée ne saurait être regardée comme exposant le requérant à un risque de traitement inhumain ou dégradant.
M. B A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2400585, enregistrée le 21 février 2024.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Lelong, greffière d'audience :
- le rapport de M. Zupan, juge des référés, qui a avisé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce qu'il était susceptible de relever d'office, dans l'ordonnance à venir, le non-lieu à statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire ;
- les observations de Me de Mesnard, pour M. B A C, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire introductif d'instance, y ajoutant que, compte tenu de la situation au Soudan, il justifie d'un motif légitime, au sens du 4° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour justifier du dépôt tardif de sa demande d'asile.
L'instruction a été déclarée close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, né en 1998 et de nationalité soudanaise, demandeur d'asile, demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 1er février 2024, par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision la directrice territoriale de Dijon de cet office du 18 janvier 2024 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B A C ayant été admis en cours d'instance au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, sa demande d'aide juridictionnelle provisoire a perdu son objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. En l'état de l'instruction aucun des moyens visés ci-dessus, invoqués par M. B A C n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées. Doivent l'être également, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B A C.
Sur les frais liés au litige :
5. Ces dispositions font obstacle à ce que l'OFII, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. B A C ou à son avocat, par combinaison avec l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, la somme réclamée en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens ;
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire présentée par M. B A C.
Article 2 : La requête de M. B A C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B A C et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Dijon, le 13 mars 2024.
Le président du tribunal, juge des référés,
D. ZUPAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026