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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400674

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400674

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400674
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 2 JU
Avocat requérantNOURANI LYLIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 26 et 27 février et 8 avril 2024, M. C A, désormais représenté par la société civile professionnelle Argon, Polette, Nourani, Appaix, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2024, par lequel le préfet de Saône-et-Loire a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la signataire de cet arrêté disposait d'une délégation de signature à cet effet ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier, approfondi et objectif de sa situation ;

- sa situation ne justifie pas le prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français ;

- il ne représente pas une menace pour l'ordre public ; s'il est l'auteur de délits, il n'est pas un criminel et est inséré dans la société française ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; le centre de ses intérêts familiaux se situe en France, pays dans lequel résident sa femme et sa fille, de nationalité française, et sa sœur, avec qui il vit, lorsqu'il n'est pas incarcéré ; son père réside également en France, sa mère en Italie ; il est en contact régulier avec sa femme et sa fille malgré son incarcération ; sa sœur et son père sont en situation régulière en France ; il n'a plus aucune attache familiale en Tunisie ; il ne sait pas lire ni écrire l'arabe ; il a presque toujours vécu en France, pays dans lequel il a grandi ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'il est né en Italie et non en Tunisie, qu'il est entré régulièrement en France à l'âge de trois ans, et non irrégulièrement à l'âge de neuf ans ;

- il dispose d'une carte d'identité italienne, d'un titre de séjour italien et d'une carte de sécurité sociale italienne ; il ne peut, de ce fait, faire l'objet ni d'une obligation de quitter le territoire français ni d'une interdiction de retour sur le territoire français le privant de séjourner en Italie ; il est ressortissant italien.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Irénée Hugez,

- et les observations de Me Nourani, représentant M. A, qui reprend les éléments de fait figurant au dossier et le moyen tiré de l'absence de menace à l'ordre public.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 10 h 38.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant tunisien, né le 27 décembre 2003 à Pérouse en Italie, est entré sur le territoire français à une date indéterminée. Il a fait l'objet le 26 janvier 2022 d'un arrêté, par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. A la suite de son placement en garde à vue et de son audition le 20 septembre 2023 par les services de police, le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation, sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans par un arrêté du 20 septembre 2023, qui a été annulé par un jugement du 28 septembre 2023 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy, au motif de sa résidence habituelle en France depuis l'âge de douze ans. Par un nouvel arrêté, en date du 27 novembre 2023, notifié par voie administrative le 4 décembre 2023, et devenu définitif, le préfet de Saône-et-Loire a, de nouveau, obligé M. A de quitter le territoire français sans délai, sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. M. A est incarcéré depuis le 15 décembre 2023 au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand en Saône-et-Loire, pour exécuter les peines d'emprisonnement auxquelles il a été condamné par le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône pour des faits de violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et extorsion, violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien et vol, vol aggravé par deux circonstances en récidive et dégradation ou détérioration du bien d'autrui commise en réunion et violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Par un nouvel arrêté, en date du 16 février 2024, notifié le 23 février 2024 par voie administrative, le préfet de Saône-et-Loire a prononcé à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

5. Il résulte des dispositions précitées que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

6. En premier lieu, par un arrêté du 3 janvier 2024 référencé 71-2024-01-03-00001, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 71-2024-003 de la préfecture de Saône-et-Loire, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme F E, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration, signataire de la décision en litige, à l'effet de signer les actes relevant des attributions de ce bureau, au nombre desquels les arrêtés relatifs aux interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit être, pour ce motif, écarté.

7. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle est également et notamment motivée par les circonstances de fait selon lesquelles l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière, il déclare être entré en France il y a onze ans, il n'a jamais sollicité de titre de séjour et se maintient irrégulièrement sur le territoire national, il ne se prévaut pas de liens anciens, stables et intenses en France, il ne justifie ni de l'ancienneté, ni de l'intensité de la situation de concubinage dont il se prévaut, il ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de l'enfant qu'il a reconnu, mais dont il déclare ne pas être le père biologique, il ne justifie d'aucune insertion particulière dans la société française, il a fait l'objet de plusieurs obligations de quitter le territoire français, demeurées non exécutées et sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, eu égard aux condamnations dont il a fait l'objet. Ce faisant, cette décision expose de manière suffisante les motifs de fait sur lesquels elle se fonde et atteste de la prise en compte par le préfet de Saône-et-Loire de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

8. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier que le préfet de Saône-et-Loire aurait négligé de procéder à un examen attentif et complet de la situation de M. A.

9. En quatrième lieu, le requérant soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreurs de fait. Il mentionne qu'il est né en Italie et non en Tunisie, qu'il est entré en France à l'âge de trois ans et non à neuf ans, qu'il dispose d'une carte d'identité italienne, d'un titre de séjour italien et d'une carte de sécurité sociale italienne et qu'il est ressortissant italien. Si l'arrêté litigieux mentionne qu'il est né en Tunisie, il indique néanmoins qu'il est né à Pérouse, ville située en Italie, de sorte que la mention de la Tunisie constitue, en l'espèce, une simple erreur de plume. Pour le surplus, le requérant se borne à des allégations dépourvues de tout élément venant à leur soutien, alors qu'il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le préfet de Saône-et-Loire a interrogé les autorités italiennes, qui ont répondu ne pas connaître M. A et d'autre part, que les propres déclarations de M. A ne sont pas constantes, dès lors qu'il a lui-même déclaré, lors de l'instance ayant donné lieu au jugement du 28 septembre 2023 du tribunal administratif de Nancy, être entré la première fois à l'âge d'un an sur le territoire français, être reparti en Tunisie à l'âge de cinq ans, accompagné de sa mère et être revenu en France, à l'âge de sept ans, accompagné de son père, et non à l'âge de trois ans comme il le soutient désormais. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

10. En cinquième lieu, M. A n'établissant aucun des liens dont il se prévaut avec l'Italie, il n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir qu'il ne pourrait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, au demeurant devenue définitive, et d'une interdiction de retour sur le territoire français, le privant de se rendre sur le territoire italien.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Si M. A soutient que le centre de ses intérêts familiaux se situe en France, pays dans lequel résident sa femme et sa fille, de nationalité française, il n'établit dans la présente instance ni la nature exacte des liens qu'il entretiendrait avec Mme D, ni leur ancienneté ni leur intensité. S'il a reconnu la fille de Mme D, et alors qu'il ressort des pièces du dossier, sans que cela soit contesté, que les deux parents ont également eux-mêmes indiqué que M. A n'en était pas le père biologique, il n'établit ni les liens qu'il entretiendrait avec cet enfant, ni participer à son éducation. Si M. A se prévaut encore des liens qu'il entretiendrait avec son père et sa sœur sur le territoire français, il n'établit, de nouveau, ni l'existence de ces liens, ni leur intensité. S'il se prévaut de la durée de sa présence sur le territoire français et s'il soutient être dépourvu d'attaches sur le territoire tunisien, il n'apporte aucun élément au soutien de son argumentation. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'au moins trois condamnations récentes par le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône, la première à une peine d'emprisonnement de trois mois avec sursis, révoquée par jugement du juge d'application des peines, en date du 29 septembre 2023, pour des faits de violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et d'extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien et vol, la deuxième à une peine de huit mois d'emprisonnement, dont quatre avec sursis pour des faits de vol aggravé par deux circonstances en récidive et la troisième à une peine de travaux d'intérêt général ayant donné lieu, en raison de son inexécution, à une peine de trois mois d'emprisonnement, pour des faits de dégradation ou détérioration du bien d'autrui commise en réunion et violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, le préfet de Saône-et-Loire, en édictant l'interdiction de retour sur le territoire français attaquée, n'a pas porté au droit de M. A à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

13. En septième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

14. Alors qu'au surplus, il a lui-même reconnu ne pas être le père biologique de l'enfant qu'il a reconnu, M. A n'apporte aucun justificatif sur sa contribution à l'entretien et à l'éducation de cette enfant mineure, née en août 2022 et n'établit pas davantage qu'il entretiendrait avec elle des liens affectifs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

15. En huitième lieu enfin, dès lors que l'intéressé ne fait état d'aucune circonstance humanitaire qui ferait obstacle à l'édiction de la décision en litige et alors que le préfet de Saône-et-Loire a également pris en compte la durée de présence de M. A sur le territoire français, la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement non exécutée, ce préfet, à qui il incombait d'assortir l'obligation de quitter le territoire français qu'il a édictée d'une interdiction de retour sur le territoire français, a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prendre en considération les condamnations qui viennent d'être mentionnées au point 12 du présent jugement pour fixer à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

16. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet. Ses conclusions à fin d'annulation doivent donc être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de M. A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les conclusions relatives à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

18. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de Saône-et-Loire et à la société civile professionnelle Argon, Polette, Nourani, Appaix.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

Le magistrat désigné,

I. B

La greffière,

T. Mateos-Jobard

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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