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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400697

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400697

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400697
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationCH 1 JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté le recours de M. B contre le refus du président du conseil départemental de la Côte-d'Or de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " mention " stationnement pour personnes handicapées ". Le tribunal a estimé que, malgré les pathologies invoquées (lombalgies, sciatiques), les pièces médicales fournies ne démontraient pas que le requérant remplissait les critères réglementaires, à savoir un périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou la nécessité systématique d'une aide technique ou humaine pour ses déplacements extérieurs. La solution a été fondée sur l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et l'arrêté du 3 janvier 2017.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er mars 2024 et un mémoire complémentaire produit le 6 mars 2024, M. C B conteste la décision, en date du 21 décembre 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Il soutient que :

- il a bénéficié jusqu'en 2023 de la carte " mobilité inclusion " mention " stationnement " et ne s'explique pas qu'elle lui soit désormais refusée, alors que son état de santé s'est dégradé ;

- il souffre de douleurs lombaires, de sciatiques et de névralgies cervico-brachiales, ainsi que de dépression ;

- ces pathologies compliquent les gestes de la vie courante et ses déplacements pédestres.

La requête a été communiquée au département de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique, sur sa proposition, a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. A, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Le clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B conteste la décision, en date du 21 décembre 2023, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or, confirmant sur recours administratif préalable obligatoire une précédente décision, a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Le IV de l'article R. 241-12-1 du même code dispose : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ". Selon l'annexe de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 susvisé, pris pour l'application de ces dispositions : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou [b] - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / () ".

3. Il résulte de l'instruction que M. B souffre d'une discopathie pluriétagée avec un possible conflit radiculaire au niveau cervical, ainsi que de lombalgies chroniques consécutives notamment à une sciatique paralysante survenue en 2012 et qui avait nécessité une opération chirurgicale consistant en la pose d'une prothèse discale au niveau vertébral L3-L4 et une arthrodèse aux niveaux vertébraux L4-L5 et L5-S1. Néanmoins, les pièces médicales versées aux débats ne permettent pas de relever un périmètre de marche désormais réduit à moins de 200 mètres, non plus que la nécessité de recourir de façon systématique, pour les déplacements extérieurs, à l'une des aides, de nature technique ou humaine, limitativement énumérées par les dispositions réglementaires citées au point précédent. S'il est par ailleurs fait état d'un syndrome dépressif, il n'est pas établi ni même soutenu que les troubles associés à cette pathologie occasionneraient une altération des facultés mentales, cognitives psychiques rendant indispensable, lors des déplacements, l'assistance d'une tierce personne. Ainsi, à défaut de démonstration d'un handicap répondant aux critères définis par la réglementation en vigueur, la décision attaquée ne peut être regardée comme procédant d'une erreur d'appréciation ;

4. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du président du conseil départemental de la Côte-d'Or du 21 décembre 2023.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le président,

David ALa greffière,

Christine Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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