jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400758 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | SI HASSEN MYRIAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, M. A D, représenté par Me Si Hassen, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2024 par lequel le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative, et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation, par son conseil, du bénéfice de l'aide juridictionnelle.
M. D soutient que :
- le signataire de l'arrêté était incompétent ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il y a erreur de droit par méconnaissance des dispositions du 4° de l'article L. 611-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et des articles L. 542-1 et L. 542-4 du même code ;
- s'agissant de la décision fixant le pays de destination, elle est illégale du fait de l'illégalité, constatée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- il y a violation des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 mars 2024, le préfet de l'Yonne, représenté par la Sarl Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 25 mars 2024 accordant à M. D le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une décision du 25 janvier 2024, désigné M. C, magistrat honoraire inscrit sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative par un arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 30 novembre 2023, pour statuer, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Si Hassen, représentant M. D, et de Me Khan, représentant le préfet de l'Yonne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant arménien, né le 17 janvier 1983, entré en France le 20 octobre 2023, selon ses déclarations, a déposé une demande d'asile le 20 octobre 2023, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 10 janvier 2024. Par un arrêté du 21 février 2024, le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du préfet de l'Yonne du 21 février 2024 :
En ce qui concerne les moyens de légalité externe communs à toutes les décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme E B, directrice de la citoyenneté et de la légalité à la préfecture de l'Yonne, à qui le préfet de l'Yonne a, par arrêté du 9 janvier 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 89-2024-007 du même jour, donné délégation de signature. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.
3. En second lieu, le requérant soutient que la décision est insuffisamment motivée dès lors que le préfet n'évoquerait pas dans l'arrêté attaqué les risques avancés par l'intéressé en cas de retour dans son pays d'origine, et n'explique pas pourquoi il écarte lesdits risques au profit des décisions attaquées. Toutefois, le préfet, après avoir cité la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment en son article 3, énonce que M. D n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention, ainsi qu'en témoignent l'absence de pièces justificatives et la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. La décision est ainsi suffisamment motivée. Le moyen doit dès lors être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ". Aux termes de l'article L.542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () / d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ". Enfin, l'article L. 531-24 du même code dispose que : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le ressortissant d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr ne dispose du droit de se maintenir sur le territoire que jusqu'à la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statuant sur sa demande d'asile. La décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant la demande de M. D a été prise sur le fondement des dispositions des articles L. 542-2 (1°, d) et L. 531-24 (1°) au motif que l'Arménie est un pays considéré comme d'origine sûr. C'est par suite à bon droit que le préfet de l'Yonne a estimé que l'intéressé ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 3 ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait illégale du fait de l'illégalité, constatée par la voie de l'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
6. En second lieu, si M. D invoque, à l'appui de son moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des risques d'atteinte à son intégrité physique qu'il encourrait en cas de retour en Arménie, il ne produit aucune pièce justificative à l'appui de ses allégations, et ne précise même pas la teneur de ces risques, alors que sa demande de protection a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ainsi qu'il a été dit ci-dessus.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. D tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme à verser au requérant au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au préfet de l'Yonne et à Me Si Hassen. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le magistrat désigné,
P. C La greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026