vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400760 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KOUMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2024, M. C B, représenté par Me Kouma, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 20 octobre 2023, par lequel le maire de Pontailler-sur-Saône ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la coexploitation A en vue de la rénovation du bardage d'un bâtiment agricole et de l'édification d'un abri pour auges et cornadis, ainsi que d'un auvent, ensemble la décision du 23 janvier 2024 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pontailler-sur-Saône, outre les dépens de l'instance, le paiement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- sa requête en référé est recevable, un recours au fond ayant été dûment introduit ;
- il justifie, en sa qualité de voisin du projet, d'un intérêt lui donnant qualité pour agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- son recours gracieux a été notifié à la coexploitation A suivant l'exigence de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et les formalités prévues par ce texte ont également été observées pour son recours au fond ;
- la condition d'urgence est remplie, des lors que les travaux ont débuté et présentent un caractère difficilement réversible ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
•l'instruction de la déclaration préalable n'a pas été conduite de façon régulière, le maire n'ayant tenu compte ni des motifs qui l'avaient conduit à s'opposer, en 2008 puis 2019, aux projets de M. et Mme A, ni du fait que le projet vise à modifier la destination des terres agricoles exploitées par ces personnes ;
•le dossier de déclaration préalable est incomplet, faute de préciser ce changement de destination ;
•le projet litigieux affecte la vie des voisins, dès lors que la présence de vaches induit des désagréments olfactifs et la multiplication d'insectes ;
•la transformation du bâti existant en bâtiment d'élevage impose de l'assujettir à la règle de distance prescrite par les dispositions combinées de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme ; la distance de 50 mètres prévue par le règlement sanitaire départemental n'est pas respectée ;
•le projet se situe en zone rouge du plan de prévention des risques d'inondation et en méconnaît les dispositions ;
•il méconnaît également l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2024, la commune de Pontailler-sur-Saône conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. B à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- M. B, qui ne peut se prétendre voisin immédiat du projet, lequel est sans incidence sur les conditions de jouissance de sa propriété, ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- la présomption d'urgence posée par l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme doit être levée, compte tenu du positionnement du projet et de la nature des constructions, qui ne présentent pas un caractère difficilement réversible ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
•la circonstance que M. et Mme A se sont vu opposer par le passé deux refus d'autorisation d'urbanisme est sans incidence sur la régularité de l'arrêté en litige, ce d'autant qu'il s'agissait de projets différents ;
•le projet n'emporte aucun changement de destination au sens de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme ; au demeurant, les bovins sont présents sur le tènement depuis plus de vingt ans ;
•les nuisances alléguées sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué ;
•celui-ci ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime et de l'arrêté préfectoral du 5 mars 2018 fixant les distances d'implantation des bâtiments d'élevage par rapport aux habitations ;
•le projet ne méconnaît ni l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme ni l'article II.1.2 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation ;
•il est compatible avec les occupations et utilisations du sol admises dans le secteur considéré au regard des dispositions de l'article UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2400745, enregistrée le 7 mars 2024.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Kieffer, greffière d'audience,
- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;
- les observations de Me Kouma, pour M. B, ainsi que celles de ce dernier, qui ont repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire introductif d'instance ;
- les observations de Me Maurin, pour la commune de Pontailler-sur-Saône, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire en défense.
L'instruction a été déclarée close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté, en date du 20 octobre 2023, par lequel le maire de Pontailler-sur-Saône ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la coexploitation A en vue de la rénovation du bardage d'un hangar agricole sis 13 rue des Clos de Saint-Jean et de l'édification, dans le prolongement de ce hangar d'un abri pour auges et cornadis, ainsi que d'un auvent, ensemble la décision du 23 janvier 2024 rejetant son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés, invoqués par M. B, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Pontailler-sur-Saône non plus que sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de ces décisions doivent être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Pontailler-sur-Saône, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser à M. B la somme réclamée en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune. Enfin, l'instance n'ayant pas généré de dépens, les conclusions exposées à ce titre sont sans objet.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 1er : Les conclusions de la commune de Pontailler-sur-Saône tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la commune de Pontailler-sur-Saône et à la coexploitation A
Fait à Dijon, le 22 mars 2024.
Le président du tribunal,
juge des référés,
D. ZUPAN
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026