Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 mars 2024 et 10 juillet 2025, M. B... D..., représenté par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le maire de Montagny-lès-Buxy a délivré à M. C... A... un permis de construire en vue de l’édification d’un bâtiment comprenant un porche en rez-de-chaussée, un escalier extérieur ainsi qu’une partie habitable à l’étage, situé rue des Petites Vignes ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montagny-lès-Buxy la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
sa requête est recevable ;
le permis de construire en litige est entaché d’un défaut de motivation, dès lors que l’autorité administrative n’a pas précisé les raisons pour lesquelles elle a assorti l’autorisation d’urbanisme d’une prescription au regard de la méconnaissance de l’article UA 10 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise ;
le dossier de permis de construire est incomplet, dès lors que :
la notice paysagère et les photographies ne permettent pas d’apprécier l’insertion du projet dans son environnement proche et lointain ;
le plan de masse n’indique pas les modalités de raccordement de la construction litigieuse aux réseaux publics ;
le permis de construire méconnaît l’article R. 431-35 du code de l’urbanisme, dès lors que l’autorité administrative n’a pas exigé la production par M. A..., soit d’un document établissant qu’il est le seul propriétaire du mur séparatif entre leurs propriétés, soit de son consentement en sa qualité de copropriétaire de ce mur ;
le projet méconnaît l’article UA 4, relatif à l’implantation des constructions par rapport aux voies publiques et privées et emprises publiques, applicable à la zone urbaine du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise, dès lors que le bâtiment projeté est édifié « à plus de 11 mètres du bâti existant ni à 3 mètres de l’alignement » ;
le projet méconnaît l’article UA 10, relatif à la végétalisation des parcelles, applicable à la zone urbaine du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise, dès lors que les plantations supprimées ne peuvent faire l’objet d’une simple prescription assortissant l’autorisation d’urbanisme ;
le projet méconnaît l’article UA 6, relatif au volume des constructions, applicable à la zone urbaine du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise, ainsi que l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme, dès lors que la construction projetée porte atteinte au caractère des lieux avoisinants.
Par des mémoires en défense enregistrés les 5 juin 2024 et 29 juillet 2025, la commune de Montagny-lès-Buxy, représentée par Me Corneloup, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D... la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 5 juillet 2024 et 6 août 2025, M. A..., représenté par Me Job, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D... la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 août 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 18 août 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme E...,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- les observations de Me De Mesnard représentant la commune de Montagny-lès-Buxy et de Me Job, substituant Me Lussan, représentant M. A....
Considérant ce qui suit :
Par un arrêté du 30 novembre 2023, le maire de Montagny-lès-Buxy a délivré à M. A... un permis de construire en vue d’édifier un bâtiment comprenant un porche en rez-de-chaussée, un escalier extérieur ainsi qu’une partie habitable à l’étage, situé 2 rue des Petites Vignes, sur un terrain d’une superficie totale de 2 785 mètres carrés, cadastré OD 1007, OD 1009 et OD 1010. Par la présente requête, M. D..., voisin immédiat, en demande l’annulation.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En premier lieu, aux termes de l’article L. 424-3 du code de l’urbanisme : « Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. La motivation n'est pas nécessaire lorsque la dérogation est accordée en application des 1° à 6° de l'article L. 152-6 ». Aux termes de l’article A. 424‑3 de ce code : « L’arrêté indique, selon les cas : (...) d) Si la décision est assortie de prescriptions ». Aux termes de l’article A. 424‑4 de ce code : « Dans les cas prévus aux b à f de l’article A. 424‑3, l’arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours ». La motivation de prescriptions, pour l'application des dispositions précitées du code de l'urbanisme, peut résulter de leur contenu même.
En l’espèce, le permis de construire en litige a été délivré à M. A... sous réserve d’une prescription relative à la végétalisation du terrain d’assiette du projet. L’arrêté contesté cite les dispositions de l’article UA 10 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise qui imposent que les plantations existantes, en particulier les arbres, doivent être maintenus ou remplacés par une autre composition paysagère ou le même nombre d’arbres, et énonce que « les deux arbres supprimés [par le projet en cause] doivent être remplacés par une autre composition paysagère ou le même nombre d’arbres ». Cette prescription, qui comporte les éléments de fait et de droit, a ainsi permis au pétitionnaire d’en comprendre la nature et la portée. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation du permis de construire doit être écarté.
En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 431-4 du code de l’urbanisme : « La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l’application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu’il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l’autorité compétente ». Selon l’article R. 431-8 de ce code : « Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L’état initial du terrain et de ses abords indiquant, s’il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l’insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L’organisation et l’aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ». L’article R. 431-9 de ce code prévoit : « Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. (…) Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d’équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l’alimentation en eau et l’assainissement (…) ». Enfin, en application de l’article R. 431-10 de ce code : « Le projet architectural comprend également : (…) c) Un document graphique permettant d’apprécier l’insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l’environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu’aucune photographie de loin n’est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ».
La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
D’une part, le dossier de demande de permis comprend une notice descriptive qui détaille l’état initial du terrain et ses abords, son environnement, ainsi que les caractéristiques de la construction projetée. Ce dossier comprend en outre un document graphique et plusieurs documents photographiques permettant d’apprécier l’insertion de la construction projetée par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages proches et lointains, incluant, notamment, la maison d’habitation de M. D.... Dans ces conditions, le parti pris pour assurer l’insertion du projet dans son environnement proche et lointain, au sens des dispositions précitées, est justifié. D’autre part, contrairement à ce que soutient M. D..., le plan de masse joint au dossier fait apparaître les raccordements de la construction en cause aux réseaux publics. Par suite, le moyen tiré de l’incomplétude du dossier, qui manque en fait, doit être écarté en toutes ses branches.
En troisième lieu, aux termes de l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme : « Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé (…) / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux (…) ». Aux termes de l’article R. 431-5 de ce code : « (…) La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ».
Une demande de permis de construire concernant un mur séparatif de propriété peut, alors même que les travaux en cause pourraient être contestés par les autres propriétaires devant le juge judiciaire sur le fondement des articles 653 et suivants du code civil, être présentée par un seul co-indivisaire. En conséquence, sous réserve de la fraude, dès lors que le pétitionnaire fournit l'attestation, prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, selon laquelle il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis, il doit être regardé comme ayant qualité pour présenter cette demande, sans que l'autorité administrative puisse exiger de lui la production d'un document établissant soit qu'il est seul propriétaire du mur mitoyen, soit qu'il a l'accord de l'autre copropriétaire de ce mur.
M. D... soutient que le permis de construire, dès lors que le projet en cause est accolé à un mur mitoyen, a été délivré en l’absence de production par M. A... d’un document établissant qu’il est le seul propriétaire de ce mur mitoyen ou du consentement de l’autre copropriétaire. Toutefois, il ressort du formulaire Cerfa joint au dossier de demande que M. A... a attesté remplir les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis de construire. En outre, le requérant ne soutient, ni même n’allègue, que le pétitionnaire se serait livré à des manœuvres frauduleuses à cet égard. Dès lors, M. A... doit être regardé comme ayant qualité pour déposer la demande de permis de construire, sans avoir à justifier du consentement de l’éventuel autre copropriétaire du mur séparatif concerné par son projet. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire serait illégal au motif que le dossier présenté par M. A... ne comportait pas l’accord de M. D... pour les travaux accolés au mur séparatif, ni qu’il en était seul propriétaire, doit être écarté.
En quatrième lieu, aux termes de l’article UA 4 relatif à l’implantation des constructions par rapport aux voies publiques et privées et emprises publiques, applicable à la zone urbaine du règlement du PLUi de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise : « Les constructions doivent être implantées soit : / - Dans l’alignement du front bâti existant ; / - En limite des voies publiques et privées et emprises publiques, ou de la limite qui s’y substitue ; / En retrait d’au moins 3 mètres depuis la limite des voies publiques et privées et emprises publiques, ou de la limite qui s’y substitue. / Ces règles s’appliquent en tout point du nu de la façade ». Selon le lexique annexé au règlement du PLUi de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise, l’ « alignement » désigne « soit la limite entre le domaine public (voie publique et emprise publique) et le domaine privé, actuel ou futur, soit la limite d’un emplacement réservé ou d’une localisation prévue pour la création ou l’élargissement d’une voie, d’une place, d’un cheminement, soit la limite créée par le positionnement des constructions existantes (immeuble ou murs), qui par leur recul régulier par rapport aux voies publiques et privées et emprises publiques, génère un linéaire bâti homogène à préserver. / Cette limite ne représente pas nécessairement la délimitation entre le domaine privé et le domaine public puisque des espaces divers (cours, parkings, etc.) peuvent s’insérer entre la construction et la voie ou emprise publique. Pour ce cas, on parle également de front bâti ». Le lexique définit le « front bâti » comme l’« alignement construit ou ensemble bâti composé de constructions et/ou murs de pierre d’une hauteur supérieur à 2 mètres, qui peut servir de référence pour l’alignement des immeubles ».
Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée, qui crée une surface de plancher nouvelle de 42,90 mètres carrés, est située à proximité de la maison d’habitation de M. A..., d’une surface de plancher existante de 181 mètres carrés. S’il est constant que le bâtiment en cause ne s’implante pas dans l’alignement du bâti existant, il ressort toutefois du plan de masse joint au dossier de demande que la distance qui sépare la construction litigieuse de la voie publique des « Petites Vignes », est égale à 8,47 mètres. Dans ces conditions, l’implantation de ce bâtiment à au moins 3 mètres depuis la limite de la voie publique située au sud de la parcelle pouvait être légalement autorisée, au sens des dispositions de l’article UA 4 précité du règlement du PLUi. Par suite, le moyen tiré de ce que le bâtiment projeté méconnaît l’article UA 4 du règlement du PLUi de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise doit être écarté.
En cinquième lieu, d’une part, aux termes du premier alinéa de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme : « Le permis de construire (…) ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l’utilisation des sols, à l’implantation, la destination, la nature, l’architecture, les dimensions, l’assainissement des constructions et à l’aménagement de leurs abords (…) ». En vertu de l’article L. 421-7 de ce code : « Lorsque les constructions, aménagements, installations et travaux font l’objet d'une déclaration préalable, l’autorité compétente doit s’opposer à leur exécution ou imposer des prescriptions lorsque les conditions prévues à l’article L. 421-6 ne sont pas réunies ». Selon le premier alinéa de l’article L. 424-1 de ce code : « L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable ». Il résulte de ces dispositions que l’autorité administrative compétente dispose, sans jamais y être tenue, de la faculté d’accorder le permis de construire ou de ne pas s’opposer à la déclaration préalable en assortissant sa décision de prescriptions spéciales qui, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d’un nouveau projet, ont pour effet d’assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l’administration est chargée d’assurer le respect.
D’autre part, aux termes de l’article UA 10 relatif à la végétalisation des parcelles, applicable à la zone urbaine du règlement du PLUi de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise : « L’aménagement de l’unité foncière devra tenir compte des plantations existantes et en particulier des arbres. Ils seront maintenus ou bien remplacés par une autre composition paysagère ou le même nombre d’arbres. / Tout projet doit utiliser des essences locales ».
Le requérant soutient que le projet litigieux méconnaît l’article UA 10 précité du règlement du PLUi, dès lors que l’autorité administrative ne pouvait, afin d’assurer le respect de ces dispositions, assortir son autorisation d’urbanisme d’une prescription spéciale sur ce point et devait, en tout état de cause, refuser d’accorder le permis de construire sollicité.
Ainsi qu’il a été dit au point 3, le permis de construire en litige délivré à M. A... est assorti d’une prescription relative à la végétalisation du terrain d’assiette du projet, en ce que les deux arbres supprimés par le projet doivent être remplacés par une autre composition paysagère ou le même nombre d’arbres. Contrairement à ce que soutient le requérant, et dans la mesure où cette prescription entraîne des modifications sur des points précis et limités, ne nécessitant pas la présentation d’un nouveau projet, l’autorité administrative a pu légalement assortir son autorisation d’urbanisme de la prescription spéciale en cause, afin d’assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions de l’article UA 10 du règlement du PLUi dont elle est chargée d’assurer le respect. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 10 du règlement du PLUi de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise doit être écarté.
En sixième et dernier lieu, aux termes de l’article UA 6 relatif au volume des constructions, applicable à la zone urbaine du règlement du PLUi de la communauté de communes Sud Côte Chalonnaise : « Le volume dans sa simplicité et son unité d’aspect sera apprécié au regard du caractère et de l'intérêt des lieux avoisinants, des sites, des paysages naturels ou urbains ainsi qu'au regard de la conservation des perspectives monumentales, conformément aux dispositions de l’article R111-27 du code de l’urbanisme. / Pour toute construction, il est demandé de composer des volumes et des façades dont les proportions ne soient pas en rupture avec celles des constructions traditionnelles existantes environnantes. (…) ». Selon l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n’être accepté que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l’aspect extérieur des (…) ouvrages à édifier (…), sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales ».
Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l’autorité administrative d’apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d’évaluer, dans un second temps, l’impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
D’une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet en litige, d’une superficie de 2 785 mètres carrés, se situe dans un secteur de la commune de Montagny-lès-Buxy, classé en zone urbanisée « Ua » portant sur les « secteurs urbains anciens et centraux, à dominante d’habitat, et présentant une diversité fonctionnelle (commerces, services, équipements) » du PLUi. Les plans et photographies versés aux débats, de même que les vues disponibles sur les sites internet « google maps » et « géoportail », accessibles tant aux juges qu’aux parties, font apparaître que ce secteur est composé d’habitations de type pavillonnaire, la plupart en R+1, avec des matériaux traditionnels, implantées au sein de vastes espaces verts qui composent cette commune classée parmi les communes de la côte viticole du PLUi. Ce secteur ne présente pas de caractère ou d’intérêt particulier, ni ne fait l’objet d’une protection spécifique. D’autre part, il ressort des pièces du dossier que le volume du bâtiment litigieux, dont la hauteur au faîtage est de six mètres et qui s’ajoute à celui de la maison d’habitation existante implantée sur le terrain d’assiette, n’apparaît pas en rupture totale avec le bâti existant, et notamment la construction voisine des requérants et les autres habitations de type pavillonnaire du secteur. Dans ces conditions, la construction autorisée en R+1 n’est pas de nature à porter à ce secteur urbain une atteinte telle que le maire de Montagny-lès-Buxy aurait commis une erreur manifeste d’appréciation dans l’application des dispositions de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article R. 111-27 doit être écarté.
Il résulte de tout de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Montagny-lès-Buxy et M. A..., que M. D... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du maire de Montagny-lès-Buxy du 30 novembre 2023.
Sur les frais liés au litige :
Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Montagny-lès-Buxy, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à M. D..., au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune de Montagny-lès-Buxy et M. A....
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Montagny-lès-Buxy et M. A... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... D..., à la commune de Montagny-lès-Buxy et à M. C... A....
Délibéré après l’audience du 16 octobre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Céline Frey, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2025.
La rapporteure,
V. E...Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,