LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400796

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400796

mardi 26 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400796
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMANHOULI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mars 2024, l'EARL Domaine de Cassiopée, représentée par Me Barberousse, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération, en date du 24 janvier 2024, par laquelle le conseil municipal de Sampigny-lès-Maranges a décidé d'exercer le droit de préemption urbain sur un fond bâti sis 7 rue de l'Eglise, propriété des consorts A, et dont elle s'était portée acquéreuse ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sampigny-lès-Maranges le paiement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- l'urgence, qui est présumée pour l'acquéreur évincé, est en l'espèce caractérisée, compte tenu des investissements d'ores et déjà engagés ;

- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :

•cette délibération est insuffisamment motivée et ne satisfait donc pas, en en la forme, aux exigences de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme ;

•elle méconnaît l'article R. 213-8 du même code, faute de mentionner le prix auquel la commune entend acquérir par préemption le bien en cause ;

•la commune ne justifie d'aucun projet d'action ou opération d'aménagement portant sur l'immeuble litigieux à la date de la délibération attaquée, de sorte que celle-ci méconnaît les dispositions combinées des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme ;

•les prétendus projets mentionnés dans la délibération en litige ne répondent pas à un intérêt général suffisant pour justifier l'exercice du droit de préemption.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2024, la commune de Sampigny-lès-Maranges, représentée par Me Manhouli, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de l'EARL Domaine de Cassiopée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la présomption d'urgence doit être levée, compte tenu de l'intérêt public attaché à la réalisation de ses propres projets ;

- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée ; en effet :

•est suffisamment motivée ;

•le prix d'acquisition a été indiqué dans le courrier de notification de la délibération attaquée ;

•le projet de réinstallation du local technique communal a fait l'objet d'une délibération le 15 septembre 2023 ;

•la requérante discute inutilement, cela au surplus par des arguments erronés, de l'utilité et de l'opportunité du projet ;

•celui-ci répond à un intérêt général suffisant.

La requête a été communiquée aux consorts A, qui n'ont pas produit d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond n° 2400797, enregistrée le 12 mars 2024.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Kieffer, greffière d'audience :

- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;

- les observations de Me Barberousse, pour l'EARL Domaine de Cassiopée, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire introductif d'instance ;

- les observations de Me Manhouli, pour la commune de Sampigny-lès-Maranges, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans le mémoire en défense.

L'instruction a été déclarée close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. L'EARL Domaine de Cassiopée s'est portée acquéreuse, au prix de 35 000 euros, d'une ancienne grange d'une surface d'environ 140 mètres carrés, située dans le centre du village de Sampigny-lès-Maranges et mise en vente par les consorts A. La déclaration d'intention d'aliéner a été établie par le notaire chargé de la vente le 27 décembre 2023 et transmise aussitôt à la mairie. Par délibération du 24 janvier 2024, dont l'EARL Domaine de Cassiopée demande au juge de référés de suspendre l'exécution, le conseil municipal de Sampigny-lès-Maranges a décidé d'exercer le droit de préemption urbain sur ce bien immobilier, cela en vue d'y installer l'atelier communal, pour l'heure situé dans un petit local attenant à l'église, et d'y aménager un garage, un lieu de stockage de matériel, un local associatif et un logement.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code dispose, en son premier alinéa : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Eu égard à l'objet d'une décision de préemption et à ses effets vis-à-vis de l'acquéreur évincé, la condition d'urgence doit en principe être constatée lorsque celui-ci en demande la suspension. Cette présomption d'urgence peut cependant être levée lorsque la collectivité publique justifie de circonstances particulières, tenant par exemple à l'intérêt s'attachant à la réalisation rapide du projet qui a justifié l'exercice du droit de préemption.

4. En se bornant à faire valoir, d'une part, qu'elle ne dispose d'aucun local dédié à l'accueil des six associations constituées sur son territoire, d'autre part, que son actuel atelier n'est pas doté de sanitaire, ce qui complique les conditions de travail de son agent technique, enfin, que son précédent projet de déménagement de l'atelier communal a échoué et que les opportunités immobilières sont rares, la commune de Sampigny-lès-Maranges ne démontre pas l'existence de circonstances particulières propres à lever la présomption d'urgence rappelée au point précédent. La condition d'urgence est donc remplie.

5. Pour justifier de la réalité, à la date de la délibération en litige, du projet en vue duquel est exercé le droit de préemption urbain, la commune de Sampigny-lès-Maranges se borne à verser aux débats, d'une part, la liste des emplacements réservés institués par le plan local d'urbanisme de la communauté d'agglomération du Grand Chalon, où figure un tel emplacement " pour la création d'ateliers municipaux " sur un terrain différent, d'une superficie de 855 mètres carrés, d'autre part, une délibération de son conseil municipal du 15 septembre 2023 qui ne fait aucunement mention de l'aménagement d'un local associatif non plus que d'un appartement à usage locatif et qui, par ailleurs, approuve l'acquisition, pour 12 000 euros, de deux parcelles dont " l'emplacement est idéal pour la création d'un local technique communal afin d'entreposer le véhicule et tout le matériel communal ". Compte tenu de la ténuité de ces éléments justificatifs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme se révèle propre à susciter, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la délibération en litige.

6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1, aucun des autres moyens invoqués par l'EARL Domaine de Cassiopée n'apparaît propre à créer, en l'état de l'instruction, un tel doute.

7. Il résulte de ce qui précède que l'EARL Domaine de Cassiopée est fondée à demander la suspension de l'exécution de la délibération du conseil municipal de Sampigny-lès-Maranges du 24 janvier 2024.

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de l'EARL Domaine de Cassiopée tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La demande présentée au même titre par la commune de Sampigny-lès-Maranges ne peuvent quant à elle qu'être également rejetées, cette commune étant partie perdante à l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la délibération du conseil municipal de Sampigny-lès-Maranges du 24 janvier 2024 portant exercice du droit de préemption urbain est suspendue.

Article 2 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'EARL Domaine de Cassiopée, à la commune de Sampigny-les-Maranges et aux consorts A.

Fait à Dijon, le 26 mars 2024.

Le président du tribunal,

juge des référés,

D. ZUPAN

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions