mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400838 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MACIEJEWSKI MARION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 mars et 16 avril 2024, M. A B, représenté par Me Maciejewski, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 16 août 2023, en ce qu'il porte refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, et d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de procéder au réexamen de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour non seulement sur le motif " vie privée et familiale " mais également sur les motifs " salarié " et " travailleur temporaire ", de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant la durée de ce réexamen et de procéder à l'effacement du signalement correspondant dans le système d'information Schengen ;
3°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 16 août 2023, en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, et d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de procéder à l'effacement du signalement correspondant dans le système d'information Schengen ;
4°) à titre encore plus subsidiaire, d'annuler l'arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 16 août 2023, en ce qu'il le prive de tout délai pour quitter le territoire français et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, et d'enjoindre au préfet de lui accorder un délai de départ volontaire pour exécuter la mesure d'éloignement et de procéder à l'effacement du signalement correspondant dans le système d'information Schengen ;
5°) à titre infiniment subsidiaire, d'annuler l'arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 16 août 2023 en ce qu'il prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et d'enjoindre au préfet de fixer la durée de cette interdiction à six mois ;
6°) de mettre à charge de l'Etat, à verser à son conseil, une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combiné avec les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
S'agissant des moyens communs à l'ensemble de l'arrêté du 16 août 2023 :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet aurait dû examiner si une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " pouvait lui être délivrée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que sur le fondement des stipulations de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est illégale, en raison de l'illégalité, soulevée par la voie de l'exception, de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle est entachée de disproportion et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé et de sa vie privée et familiale ;
S'agissant de la décision lui refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- il n'est pas établi que la précédente mesure d'éloignement prise à son encontre lui a été notifiée ; les notifications sont irrégulières dès lors qu'elles n'ont pas été faites en présence d'un interprète, alors qu'il ne comprenait pas le français en 2011 et qu'en 2018 il ne pouvait comprendre les termes, notions, et surtout la portée des décisions qui lui ont ainsi été notifiées ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité, soulevée par la voie de l'exception, des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- la durée de deux ans est disproportionnée au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement, sur proposition du rapporteur public, l'a dispensé de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hamza Cherief ;
- et les observations de Me Maciejewski, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien, né en 1987 à Tunis, déclare être entré régulièrement sur le territoire français le 8 juillet 2010, à l'âge de 23 ans. Il a fait l'objet, le 31 mars 2011, d'une mesure de reconduite à la frontière par le préfet des Hauts-de-Seine. Il a, par ailleurs, été interpellé, le 16 janvier 2018, lors d'un contrôle routier sur la voie publique par les forces de police de Bourgoin-Jallieu à la suite de quoi le préfet de l'Isère a pris à son encontre, le même jour, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. L'intéressé a sollicité, le 20 juillet 2021, son admission au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, le 2 août 2021, sur le fondement de l'article L. 425-9 du même code. Par un arrêté du 16 août 2023, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté la demande de titre de séjour de M. B, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé le bénéfice d'un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon du 21 mai 2024. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, lesquelles sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble de l'arrêté attaqué :
3. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme D C, cheffe du bureau des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer tous actes relevant des attributions de ce service, notamment les décisions de refus de titre de séjour, les décision d'éloignement, les décisions fixant le délai de départ volontaire et les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit, pour ce motif, être écarté.
4. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé, avant l'édiction de l'arrêté litigieux, à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission exceptionnelle au séjour :
5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
6. L'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui porte sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, n'institue pas une catégorie de titre de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
7. En premier lieu, et contrairement à ce que fait valoir M. B, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a examiné la situation de l'intéressé au regard de son insertion professionnelle, dès lors qu'il relève que les deux promesses d'embauche du 30 mai 2022 et du 4 juillet 2023 ne constituent pas un motif exceptionnel et ne permettent pas au requérant de se voir admettre exceptionnellement au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le préfet s'est également fondé, pour prendre la décision attaquée, sur les conclusions de l'avis défavorable rendu le 12 juin 2023 par la commission du titre de séjour, aux termes duquel les perspectives d'insertion sociale et professionnelle de M. B en France ne sont pas avérées dès lors que son argumentaire " repose essentiellement sur du déclaratif ". Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En deuxième lieu, si M. B fait valoir qu'il est entré en France régulièrement le 8 juillet 2010, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet d'une mesure d'éloignement des autorités polonaises, le 9 mars 2010, pour franchissement illégal de la frontière Pologne/Allemagne et de deux mesures d'éloignement prises à son encontre le 31 mars 2011 par le préfet des Hauts-de-Seine et le 16 janvier 2018 par le préfet de l'Isère. M. B, qui n'établit pas avoir cherché à régulariser sa situation ou s'être soumis à l'exécution de ces mesures d'éloignement, se maintient par conséquent irrégulièrement sur le territoire français depuis son entrée en 2010. A cet égard, le requérant ne justifie pas, par la production de trois attestations très peu circonstanciées, et qui ne sont soutenues par aucun élément de preuve, qu'il résiderait de manière continue en France depuis 2010, ainsi qu'il le fait valoir. Par ailleurs, M. B est célibataire, sans enfant à charge, et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il est dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents. En outre, si l'intéressé produit à l'appui de sa requête deux promesses d'embauche, une déclaration préalable à l'embauche et une demande d'autorisation de travail, ces documents ne témoignent pas, à eux seuls, d'une insertion sociale ou professionnelle particulière en France. L'intéressé ne justifie en particulier pas qu'il travaillerait depuis treize ans en qualité de peintre en bâtiment, les extraits de compte bancaire qu'il produit, dont le plus ancien est daté de 2022, ne témoignant que d'une activité épisodique dans ce secteur d'activité. Enfin, dans son avis du 3 octobre 2022, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a relevé que si l'état de santé de M. B nécessitait une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et concluait que son état de santé pouvait lui permettre de voyager vers son pays d'origine. Ainsi, et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le requérant ne justifie pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à justifier son admission exceptionnelle au séjour. Dès lors, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Par suite, ce moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit également être écarté.
9. En troisième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir de stipulations de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988, dès lors, d'une part, qu'il n'a pas formulé de demande de titre de séjour sur ce fondement et, d'autre part, ainsi que cela a été dit au point 6 du présent jugement, que cet accord ne prévoit pas de modalités d'admission exceptionnelle au séjour semblables à celles prévues par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'il remplit les conditions pour être admis exceptionnellement au séjour sur le fondement des stipulations de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. En second lieu, pour des motifs identiques à ceux exposés au point 8 du présent jugement, et alors que M. B n'établit par aucune pièce du dossier que son traitement ne serait accessible qu'en France, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée de disproportion au regard de son état de santé et de sa vie privée et familiale doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, la décision portant refus d'un délai de départ volontaire est motivée en droit par la mention des articles L. 612-2, 3° et L. 612-3, 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que par les circonstances que M. B a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement à l'exécution desquelles il n'établit pas s'être soumis. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
13. En second lieu, les moyens tirés des conditions de notification des décisions d'éloignement prises à l'encontre du requérant sont sans influence sur la légalité de la décision contestée.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
16. En l'espèce, ainsi que cela a été dit au point 8 du présent jugement, le requérant ne justifie pas de l'ancienneté et de l'intensité de ses liens personnels et familiaux en France, il est constant qu'il s'est soustrait à l'exécution de deux mesures d'éloignement prononcées à son encontre en 2011 et 2018, et il se maintient irrégulièrement sur le sol français. Dès lors, et nonobstant la circonstance que sa présence sur le territoire français ne représente pas une menace pour l'ordre public, M. B, qui ne justifie d'aucune circonstance humanitaire, n'est pas fondé à faire valoir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans est entachée de disproportion. Par suite, ce moyen doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance et les dépens :
18. En premier lieu, les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que la somme demandée par le conseil de M. B soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Par suite, les conclusions présentées sur ce fondement par Me Maciejewski doivent être rejetées.
19. En second lieu, M. B ne justifie d'aucun dépens qui pourrait donner lieu à l'application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Par suite les conclusions présentées en ce sens par M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce que M. B soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Maciejewski
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
H. Cherief
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026