jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DJERMOUNE YASSINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 mars 2024 et 27 mai 2024,
M. B F C A, représenté par Me Djermoune, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute d'avoir été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle a été prise en violation de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne présente pas une menace actuelle pour l'ordre public ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le risque de menace pour l'ordre public n'est pas suffisamment démontré ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
-elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le risque de menace pour l'ordre public n'est pas suffisamment démontré.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
17 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Djermoune, représentant M. C A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant cubain né en 1976, est entré régulièrement en France pour la dernière fois le 14 novembre 2020. Le 11 août 2021, il s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfants français, valable jusqu'au 10 août 2022. Le
16 août 2022, l'intéressé a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 7 mars 2024, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui renouveler ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. M. C A en demande l'annulation.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. En l'espèce, la décision en litige vise notamment les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et celles des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Le préfet a également précisé l'état civil du requérant, les modalités de son entrée sur le territoire français et son parcours migratoire, sa demande d'admission au séjour ainsi que sa situation personnelle et familiale. Il s'ensuit que la décision en litige énonce de manière suffisamment circonstanciée l'ensemble des considérations de droit et de fait qui la fonde pour mettre M. C A en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté.
6. En deuxième lieu, si le requérant fait valoir que la décision litigieuse est entachée d'un défaut d'examen de sa situation, il ne ressort ni de cette motivation ni des autres pièces du dossier que le préfet de Saône-et-Loire aurait négligé de procéder à un examen attentif et complet de la situation de M. C A. Le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit ainsi être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 412-5 de ce code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". Et aux termes de l'article L. 432-1-1 de ce code : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : () 3° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles () 225-5 à 225-11, () du même code ; () ".
8. Pour refuser de délivrer à M. C A un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Saône-et-Loire s'est fondé sur l'absence de contribution effective de l'intéressé à l'entretien et à l'éducation de ses enfants ainsi que sur la menace pour l'ordre public que représente son comportement.
9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. C A est père de trois enfants français qui sont nés en 2014, 2019 et 2022 de son union célébrée le 22 février 2014 avec Mme E, de nationalité française. Il n'est pas contesté que la communauté de vie, rompue pendant près de quatre années entre décembre 2016 et novembre 2020, a cessé de nouveau depuis le 25 avril 2022 et il n'est pas établi qu'elle avait repris à la date de l'arrêté attaqué. Il n'est pas davantage contesté que M. C A est reparti à Cuba le 8 juin 2019 alors qu'il était en situation régulière en France, et qu'il y est demeuré pendant dix-sept mois, de sorte qu'il s'est volontairement séparé de ses deux premiers jeunes enfants. D'ailleurs, son épouse confirme que le couple a été séparé " un certain nombre de fois " en raison " des addictions de son mari pour que l'équilibre psychique et moral de nos enfants ne soit pas impacté ". En outre, pour justifier de sa contribution financière à l'entretien de ses enfants, M. C A se borne à produire quelques relevés du compte bancaire de son épouse, sur lesquels figurent sept " remises de chèques " non nominatives et deux virements bancaires, l'un pour un montant de 755,68 euros le 7 novembre 2022 et l'autre pour un montant de 387,62 euros le 3 mai 2023 qui émanent de l'employeur saisonnier de l'intéressé ; en parallèle, il ressort des pièces du dossier que les deux enfants mineurs sont à la charge de
Mme E, qui perçoit notamment les allocations familiales de la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire auprès de laquelle elle s'est déclarée séparée de son mari le 25 avril 2022 . Dans ces conditions, en dépit des démarches engagées par
M. C A pour traiter son addictologie à l'alcool, ces éléments ne suffisent pas, eu
égard à leur nature et leur discontinuité, à attester de sa contribution à l'entretien de ses enfants et son implication dans leur éducation depuis la naissance de ceux-ci ou depuis au moins deux ans à la date de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. C A a été condamné par le tribunal judiciaire de Dijon à quatre mois d'emprisonnement avec sursis et une amende de 300 euros pour proxénétisme aggravé commis courant novembre 2018. Par ailleurs, il ressort des mentions figurant au traitement des antécédents judiciaires que
M. C A est défavorablement connu des forces de l'ordre, en particulier pour des faits de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire liée à la victime par un pacte civil de solidarité commis du 1er décembre 2021 au
25 avril 2022. Compte tenu de la gravité des faits qui lui sont reprochés et du caractère récent des faits de violence commis en 2022, non contestés par M. C A, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le comportement de
M. C A représente une menace pour l'ordre public. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers doit par suite être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles ()
L. 423-7 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ".
12. Il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues notamment à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auxquels il envisage néanmoins de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que M. C A ne remplit pas les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de cet article. Par suite, le préfet de Saône-et-Loire n'était pas tenu de soumettre sa situation à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande de titre de séjour.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
14. Compte tenu de ce qui a été dit au point 9, M. C A, qui est séparé de Mme E, ne justifie pas de l'intensité des liens qui l'uniraient avec ses trois enfants, ni qu'il contribuerait, à la mesure de ses ressources, à leur entretien et à leur éducation. Par ailleurs, le requérant n'est pas démuni d'attaches familiales à Cuba, où réside sa fille née en 2005 et qui l'avait accompagné en France de 2013 à 2019. En outre, l'unique attestation d'un employeur saisonnier au cours des périodes du 26 septembre 2022 au 30 novembre 2022 et du 24 avril 2023 au 31 août 2023 ne saurait faire état d'une insertion professionnelle particulière de l'intéressé sur le territoire français, ni de son insertion sociale dans la mesure où il indique lui-même, dans sa demande de renouvellement de titre de séjour datée du 4 avril 2023, qu'il ne parle pas la langue française. Enfin, eu égard aux faits qui lui sont reprochés tels que retracés au point 10, M. C A représente une menace pour l'ordre public. Il s'ensuit que la décision en litige n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. C A n'est pas fondé à demander l'annulation du refus de séjour qui lui a été opposé.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour ayant été écartés, M. C A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 14, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
18. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été énoncé au point 10 concernant la menace pour l'ordre public et aux points 9 et 14 concernant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut être accueilli.
En ce qui concerne la légalité de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
19. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour ayant été écartés, M. C A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.
20. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation concernant la menace pour l'ordre public doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
21. En premier lieu, les moyens invoqués à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour ayant été écartés, M. C A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
22. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation concernant la menace pour l'ordre public doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. C A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 mars 2024 du préfet de Saône-et-Loire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : M. C A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F C A, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Djermoune.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La rapporteure,
V. D Le président,
O. Rousset
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026