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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2400901

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2400901

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2400901
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantLUKEC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a été saisi par Mme B d’un recours pour excès de pouvoir contre le rejet implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour par le préfet de la Côte-d’Or. En cours d’instance, le préfet a délivré à l’intéressée un titre de séjour valable jusqu’en mai 2025, rendant ses conclusions en annulation et injonction sans objet. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces demandes. Les conclusions relatives aux frais de justice ont été rejetées, Mme B bénéficiant de l’aide juridictionnelle totale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Lukec, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros " au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ".

Mme B soutient que :

- " la décision attaquée ne fait pas par ses mentions, la preuve de sa régularité, en ce qu'elle est implicite " ;

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, en outre, est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 avril 2024.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au non-lieu à statuer.

Le préfet fait valoir qu'ayant délivré à l'intéressée un titre de séjour valable du 3 mai 2024 au 2 mai 2025, la requête de Mme B est devenue sans objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Boissy a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante ivoirienne née en 1984, est entrée régulièrement en France en 2018 et a bénéficié de plusieurs cartes de séjour notamment en qualité de parent d'enfant français entre 2018 et le 13 octobre 2023. Le 30 août 2023, l'intéressée a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Le préfet de la Côte-d'Or a implicitement rejeté cette demande. Mme B demande l'annulation de cette décision implicite de rejet.

Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de sa requête, Mme B s'est vue délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 3 mai 2024 au 2 mai 2025. La requérante ayant obtenu satisfaction en cours d'instance, ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur les frais liés au litige :

3. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que Mme B, qui a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, puisse demander pour elle-même une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.

Article 2 : Les conclusions de Mme B sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Lukec.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. BoissyLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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