jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2400901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LUKEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Lukec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros " au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ".
Mme B soutient que :
- " la décision attaquée ne fait pas par ses mentions, la preuve de sa régularité, en ce qu'elle est implicite " ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, en outre, est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 avril 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, le préfet de la Côte-d'Or conclut au non-lieu à statuer.
Le préfet fait valoir qu'ayant délivré à l'intéressée un titre de séjour valable du 3 mai 2024 au 2 mai 2025, la requête de Mme B est devenue sans objet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boissy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante ivoirienne née en 1984, est entrée régulièrement en France en 2018 et a bénéficié de plusieurs cartes de séjour notamment en qualité de parent d'enfant français entre 2018 et le 13 octobre 2023. Le 30 août 2023, l'intéressée a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Le préfet de la Côte-d'Or a implicitement rejeté cette demande. Mme B demande l'annulation de cette décision implicite de rejet.
Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de sa requête, Mme B s'est vue délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 3 mai 2024 au 2 mai 2025. La requérante ayant obtenu satisfaction en cours d'instance, ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les frais liés au litige :
3. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que Mme B, qui a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, puisse demander pour elle-même une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.
Article 2 : Les conclusions de Mme B sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Lukec.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
M. DesseixLe président,
L. BoissyLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
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