mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | NOURANI LYLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2024, M. A C, représenté par Me Nourani, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de procéder à un réexamen de sa situation, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard à compter d'un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
4°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
* cette décision est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
* le préfet s'est fondé à tort sur une menace pour l'ordre public ;
* elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;
- s'agissant de la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
* cette décision est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
* elle est entachée d'erreur d'appréciation, en l'absence de tout risque de fuite ;
* les articles L 612-2 et L 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont contraires à l'article 1er et à l'article 3 de la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008 et doivent dès lors être écartés, ce qui prive de base légale la décision attaquée ;
- s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
* cette décision est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
* elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- s'agissant de la décision portant interdiction de retour :
* cette décision est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
* elle méconnaît les articles L.612-6 et L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- s'agissant de la décision portant assignation à résidence :
* cette décision est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle n'est pas justifiée au regard des hypothèses prévues à l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation;
* elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
* elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 2 avril 2024 à 13h 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marie-Eve Laurent,
- et les observations de Me Nourani, représentant M. C, qui reprend les moyens et conclusions de la requête et de M. D, représentant le préfet de la Côte-d'Or qui demande le rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 14 février 1990, a été interpelé le 24 mars 2024 alors qu'il conduisait un véhicule sans permis de conduire et sous l'emprise de stupéfiants, ainsi que pour détention et usage de stupéfiants. Par arrêtés du 25 mars 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de la Côte-d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit, a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. C.
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
3. Par un arrêté du 18 janvier 2024, publié le 22 janvier 2024 au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de la Côte-d'Or a donné délégation à M. Johann Mougenot, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Côte-d'Or, à l'exception de décisions limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les décisions attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, retrace la situation administrative de l'intéressé, fait état d'une demande de titre de séjour demeurée sans suite, l'intéressé n'ayant pas fourni les éléments nécessaires à son instruction, à la suite de laquelle il s'est maintenu en France en situation irrégulière, et fait état de sa situation familiale, ainsi que de son comportement délictuel. Elle détaille les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour prononcer, respectivement, une obligation de quitter le territoire français, refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire et prononcer une interdiction de retour durant deux ans. L'arrêté d'assignation mentionne pour sa part la décision d'éloignement et indique que le requérant ne peut être immédiatement éloigné mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Il a ainsi été satisfait à l'exigence de motivation, pour chacune des décisions attaquées.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des arrêtés en litige, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant au vu des éléments qui avaient été portés à sa connaissance, avant de prendre chacune des décisions attaquées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ;() "
7. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. C, le préfet s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'intéressé étant entré irrégulièrement en France et s'y étant maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour. Si cette décision mentionne le comportement délictuel et la menace pour l'ordre public que présente le comportement de l'intéressé, ces considérations se rattachent aux décisions de ne pas accorder de délai de départ volontaire et d'interdiction de retour. M. C ne peut dès lors utilement soutenir que le préfet de la Côte-d'Or ne pouvait se fonder sur les seuls faits qui lui sont reprochés, qu'au demeurant il ne conteste pas, pour prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
8. En deuxième lieu, en vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance " et " il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. C se prévaut de la durée de son séjour en France, qui n'est établie que depuis 2018, et de sa situation professionnelle. Toutefois, il a exercé une activité professionnelle sans être autorisé à travailler en France. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de toute attache en Algérie, où il a vécu pendant vingt-huit ans. Il se prévaut également de son mariage avec une ressortissante française, prononcée le 21 avril 2022. Cependant, lors de son audition par la gendarmerie, M. C a déclaré que son épouse résidait à Besançon alors que lui-même a déclaré une adresse en Côte-d'Or, qui ne parait pas en lien avec son activité professionnelle, le contrat de travail à durée indéterminée qu'il produit, daté d'octobre 2023, faisant état d'une adresse dans le Doubs, différente de celle de son épouse. En outre, il n'est fait état d'aucun élément qui s'opposerait à ce que l'intéressé retourne temporairement en Algérie afin de s'y faire délivrer un visa permettant de régulariser sa situation en qualité d'époux d'une ressortissante française. Il n'apporte aucun élément quant aux circonstances qui ont conduit le préfet du Doubs à classer sans suite sa demande de carte de résident, qu'il aurait présenté à une date non précisée, alors que les services de la préfecture indiquent qu'il n'a jamais complété cette demande des pièces nécessaires à son instruction.
10. Par ailleurs, M. C ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire français, eu égard notamment aux faits, non contestés, de conduite sous l'emprise de stupéfiants qui ont conduit à son interpellation. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise et méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que le préfet a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant fixation du délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision portant fixation d'un délai de départ volontaire serait illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Selon l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () ".
13. D'une part, les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instituent un délai de départ volontaire de trente jours, et celles de l'article L. 612-2 du même code prévoient, par exception, les hypothèses dans lesquelles un étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français peut se voir opposer une décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire. Les trois hypothèses prévues au 1°, 2° et 3° de ce dernier article consistent en la transposition des dispositions du 4. de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 ci-dessus visée. Les dispositions du 3° de l'article en cause définissent les critères objectifs de détermination du risque de fuite. Par ailleurs, en prévoyant que des circonstances particulières peuvent faire obstacle à ce que le risque de fuite soit considéré comme établi dans l'hypothèse où un étranger entrerait dans un des cas ainsi définis, le législateur a imposé à l'administration un examen de la situation particulière de chaque étranger, en conformité avec l'article 3 de la directive. Le principe de proportionnalité, qui doit être assuré au cours de chacune des étapes de la procédure de retour, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne dans un arrêt C-61/11 PPU, El Dridi du 28 avril 2011, n'est pas, eu égard à ce qui précède, méconnu par les dispositions en cause. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code précité sur le fondement desquelles le préfet lui a refusé un délai de départ volontaire résultent d'une transposition incorrecte de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 précitée.
14. D'autre part, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Côte-d'Or s'est fondé d'une part, sur la circonstance que le comportement de M. C constitue une menace pour l'ordre public, sur le risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français, dès lors d'une part qu'il ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et d'autre part, qu'il n'a pas justifié de la possession de documents d'identité et de voyage en cours de validité et ne présente pas ainsi de garanties de représentation suffisantes.
15. Ainsi qu'il a été dit au point 9, M. C n'apporte aucun élément permettant de considérer qu'il aurait valablement demandé un titre de séjour, après être entré irrégulièrement en France en 2018 ; par suite, en estimant que le requérant présentait le risque de se soustraire à l'obligation qui lui est faite par l'arrêté en litige de quitter le territoire français, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ce seul motif.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
17. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant serait dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, où il a vécu pendant vingt-huit ans. A supposer qu'il puisse se prévaloir de liens solides avec son épouse, il n'est fait d'aucune circonstance qui empêcherait cette dernière de le rejoindre en Algérie. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision d'assignation serait illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
19. En deuxième lieu, en vertu des articles L. 613-2, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de sa notification, lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger en tenant compte, pour fixer la durée de cette interdiction de retour, de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
20. Il ressort des éléments mentionnés aux points 9 et 10 que M. C ne justifie pas de liens particulièrement solides en France, malgré la présence de son épouse, ni d'une ancienneté de séjour notable. Les faits de conduite sous l'emprise de stupéfiants qui lui sont reprochés et qui ne sont pas contestés présentent une menace pour l'ordre public. Eu égard à ses éléments, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas commis une erreur d'appréciation en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
21. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision d'assignation serait illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
22. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : " 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
23. M. C se trouve dans l'une des hypothèses permettant de prononcer à son égard une mesure d'assignation à résidence en vue de l'exécution de la mesure d'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet. Il ressort des mentions de l'arrêté prononçant cette assignation que l'intéressé était démuni de documents d'identité et de voyage lors de son interpellation le 24 mars 2024, son départ ne pouvant dès lors être envisagé de manière immédiate, mais demeurant une perspective raisonnable. Par suite, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant la décision d'assignation contestée, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.
24. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
26. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Nourani.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Fait à Dijon, le 03 avril 2024.
La magistrate désignée,
M-E. B
La greffière,
S. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026