vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401033 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | REFERE |
| Avocat requérant | SCP AUDARD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Audard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2023 par lequel le préfet de Saône-et-Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une carte de résident d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", ou à défaut de réexaminer sa situation ;
4°) de l'admettre au titre de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme A soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit, le préfet s'étant à tort fondé pour refuser sa demande sur les stipulations des articles 4 et 6, 5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et s'étant à tort estimé en situation de compétence liée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est insuffisamment motivée ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La décision fixant le pays de destination :
- est insuffisamment motivée ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire.
La décision d'assignation à résidence :
- est insuffisamment motivée ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes prévues à l'article L. 614-5 et L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 4 avril 2024 à 9h.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- les observations de Me Si Hassen, représentant Mme A, qui a repris les conclusions et moyens de la requête et ajouté que le préfet ne peut lui opposer la circonstance qu'elle relève de la procédure de regroupement familial, cette procédure s'adressant au ressortissant algérien souhaitant entrer en France pour rejoindre son conjoint de nationalité algérienne qui y réside et non au ressortissant algérien déjà présent en France qui a rencontré son conjoint en France et souhaite demeurer à ses côtés. .
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1. Mme A, ressortissante algérienne née en 1987, est entrée en France le 9 octobre 2017 munie d'un visa de court séjour. Elle a épousé M. C, ressortissant algérien bénéficiant d'une carte de résident, le 15 juin 2019 et sollicité le 1er octobre 2019 un certificat de résidence d'un an. Par décision du 19 février 2020, le préfet de Saône-et-Loire a refusé le droit au séjour à la requérante ; il a ensuite pris le 25 juin 2021 une décision portant obligation de quitter le territoire, et a assigné Mme A à résidence par décision du 18 octobre 2021. Le 10 novembre 2022, Mme A a formé une nouvelle demande de certificat de résident portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par arrêté en date du 14 décembre 2023 notifié le 29 mars 2024, le préfet de Saône-et-Loire a refusé à Mme A le droit au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et fixé le pays de destination. Par arrêté du 25 mars 2024 notifié le 29 mars 2024, le préfet de Saône-et-Loire a assigné Mme A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la compétence du magistrat désigné :
4. Il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, saisi dans le cas prévu à l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et, le cas échéant, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence dont il est saisi, ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dont elles sont assorties. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de séjour, ainsi que sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties. Dès lors, il y a lieu de renvoyer les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de délivrer à la requérante un titre de séjour, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, à la formation du tribunal compétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; () " Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
6. La décision attaquée mentionne les dispositions applicables, notamment l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dûment visé. Elle comporte les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de la requérante, en particulier sa situation familiale. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour serait insuffisamment motivée sera écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de son article 4 : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. / Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / () Peut être exclu de regroupement familial () 2 - un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français. Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées au Titre II du Protocole annexé au présent Accord. ". Aux termes du titre II du protocole annexé à l'accord précité : " Les membres de la famille s'entendent du conjoint d'un ressortissant algérien, () "
8. Un préfet peut légalement fonder le rejet d'une demande de carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le motif tiré de ce que l'étranger demandeur entre dans les catégories d'étrangers susceptibles de bénéficier du regroupement familial, quand bien même les conditions requises pour obtenir une telle mesure ne seraient pas effectivement remplies lors de la demande.
9. D'une part, Mme A a épousé le 15 juin 2019 un ressortissant algérien, séjournant régulièrement en France. Dès lors, la requérante entre dans la catégorie des ressortissants algériens ouvrant droit au regroupement familial, quand bien même une telle demande pourrait être refusée au motif qu'elle séjourne irrégulièrement en France. Par suite, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas commis d'erreur de droit en rejetant la demande de Mme A tendant à la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien au motif qu'elle entrait dans les catégories ouvrant droit au regroupement familial, et cette décision ne peut être regardée comme prise en violation de ces stipulations.
10. D'autre part, la décision en litige mentionne que " toute demande de regroupement familial en faveur d'un conjoint ne peut être déposée que si celui-ci réside à l'étranger ", Quand bien même cette formulation est critiquable, puisque le préfet n'est pas tenu de refuser une demande de regroupement familial en raison de la présence du bénéficiaire de la mesure de regroupement en France, la demande de Mme A ne portait pas sur l'octroi d'un certificat de résidence au titre du regroupement familial, demande qu'il appartient au demeurant à son conjoint de déposer, mais sur un certificat de résidence au titre de l'article du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet pour s'être estimé en situation de compétence liée ne peut dès lors être accueilli.
11. En troisième lieu, la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant un droit au séjour alors qu'elle est mariée à un ressortissant algérien en situation régulière et résidant en France depuis 2013 et que, de ce fait, le centre de ses intérêts privés et familiaux est en France. Toutefois, la durée de sa présence en France résulte de son maintien sur le territoire en situation irrégulière au-delà de la durée de son visa et elle ne fait état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce qu'elle retourne en Algérie le temps de l'examen d'une demande de regroupement familial à son profit. Elle n'apporte aucune précision sur ses conditions de vie et sur son insertion dans la société française. Par suite, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour doit être rejeté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de la décision attaquée : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
14. La décision attaquée mentionne les dispositions applicables du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier son article L. 611-1 3°. Elle comporte les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de la requérante, notamment sa situation familiale. Elle mentionne également les motifs de droit et de fait ayant conduit le préfet à ne pas assortir la décision d'obligation de quitter le territoire d'un délai de départ volontaire. Elle comporte donc les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision d'obligation de quitter le territoire serait insuffisamment motivée sera écarté.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de son article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que la requérante n'a pas exécuté la précédente décision d'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de Saône-et-Loire le 25 juin 2021. Elle s'est en outre soustraite à son obligation de pointage résultant de la décision d'assignation à résidence prise par le préfet de Saône-et-Loire le 18 octobre 2021, ce qui a conduit à annuler le vol aérien programmé le 20 janvier 2022 par lequel elle devait rejoindre l'Algérie. En conséquence, Mme A peut être regardée comme présentant un risque de se soustraire à la décision portant obligation de quitter le territoire. Dès lors, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas méconnu les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en n'assortissant sa décision d'obligation de quitter le territoire d'aucun délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
17. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
18. Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise. La circonstance que l'étranger relèverait, à la date de cet examen, des catégories ouvrant droit au regroupement familial ne saurait, par elle-même, intervenir dans l'appréciation portée par l'administration sur la gravité de l'atteinte à la situation de l'intéressé. Cette dernière peut en revanche tenir compte le cas échéant, au titre des buts poursuivis par la mesure d'éloignement, de ce que le ressortissant étranger en cause ne pouvait légalement entrer en France pour y séjourner qu'au seul bénéfice du regroupement familial et qu'il n'a pas respecté cette procédure.
19. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est présente en France depuis 2017 et qu'elle est mariée depuis le 15 juin 2019 avec un ressortissant algérien titulaire d'une carte de résident. Toutefois, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas à l'étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie familiale. La requérante n'a pas d'enfant en France, ne fait pas état d'une activité professionnelle ni d'aucun autre lien personnel ou familial en France, et elle n'établit pas qu'il lui serait impossible de retourner vivre en Algérie avec son mari algérien où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente ans, et n'établit pas ni même n'allègue qu'elle serait dépourvue d'attaches familiales en Algérie. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, la décision en litige ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré d'une méconnaissance de stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sera donc écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requérante à fin d'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne le pays de destination :
21. En premier lieu, outre ce qui a été exposé au point 13, la décision attaquée mentionne également les considérations de droit et les éléments de la situation personnelle de la requérante justifiant de fixer son pays de renvoi en Algérie. Ainsi, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
22. En deuxième lieu, dès lors que la décision d'obligation de quitter le territoire n'est pas illégale ainsi qu'il a été dit au point 20, la requérante ne peut se prévaloir de l'illégalité par la voie de l'exception de cette décision. Un tel moyen soulevé au soutien des conclusions d'annulation de la décision par laquelle le préfet a fixé le pays de destination ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :
23. En premier lieu, la décision d'assignation à résidence du 25 mars 2024 mentionne les dispositions applicables du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier son article L. 731-1, qui en constituent le fondement. Elle mentionne également la situation de la requérante et fait état qu'il existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
24. En deuxième lieu, dès lors que la décision d'obligation de quitter le territoire n'est pas illégale ainsi qu'il a été dit au point 20, la requérante ne peut se prévaloir de l'illégalité par la voie de l'exception de cette décision. Un tel moyen soulevé au soutien des conclusions d'annulation de la décision par laquelle le préfet l'a assignée à résidence ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions susanalysées, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction, en tant qu'elles constituent l'accessoire des conclusions sur lesquelles il est statué par le présent jugement, doivent être également rejetées
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision relative au séjour, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, sont renvoyées à la formation compétente du Tribunal.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Audard.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Fait à Dijon, le 5 avril 2024.
Le magistrate désignée,
M-E. D
La greffière,
S. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026