jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOUNDOUNGA NTSIGOU SERGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 avril et 23 mai 2024, M. B C et Mme A D, épouse C, représentés par Me Moundounga, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er mars 2024 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un visa ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- le refus de séjour opposé à son épouse en 2022 apparaît constitutif d'une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi qu'à l'intérêt supérieur des enfants consacré par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, justifiant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est de nature à invalider l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de son épouse ; la décision d'éloignement méconnaît également les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation au regard de leurs ressources et de leur niveau d'intégration en France ;
- les conjoints d'étrangers en situation régulière rentrés en dehors de la procédure du regroupement familial peuvent, selon la circulaire du 26 juin 1997, obtenir un titre de séjour s'ils justifient d'un an de mariage, s'ils peuvent apporter la preuve de cinq années de séjour en France ou de l'entretien d'un enfant résidant en France ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte grave et disproportionnée à leur droit, et au droit de leur famille, au respect de leur vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est présentée au nom de l'épouse de M. C ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Hamza Cherief.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né en octobre 1981, est entré régulièrement une première fois sur le territoire français le 30 mars 2016 muni d'un passeport valable du 20 février 2013 au 19 février 2018 et d'une carte de résident longue durée-UE délivrée par les autorités italiennes le 23 juin 2015. Il a épousé en Tunisie, le 28 mars 2016, Mme A D, de nationalité tunisienne, et a sollicité le 30 mai 2016 un titre de séjour temporaire en qualité de salarié. Cette demande a fait l'objet d'une décision de refus et de remise aux autorités italiennes le 29 décembre 2016. Un premier enfant est né le 14 mai 2017, en Italie, de son union avec Mme D. M. C déclare être entré une seconde fois sur le territoire français le 7 août 2018, muni d'un passeport tunisien valable jusqu'au 21 mars 2023 et d'une carte de résident longue durée-UE délivrée par les autorités italiennes le 17 mai 2017. Le 24 août 2018, il a déposé une nouvelle demande de carte de séjour en qualité d'entrepreneur-profession libérale qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 9 décembre 2019, assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. A la suite de l'annulation de cette décision par un jugement n° 2000067 du 22 octobre 2020, rendu par le tribunal de céans, M. C s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " profession libérale " valable du 6 avril 2021 au 5 avril 2022, puis une carte de séjour pluriannuelle valable du 13 mai 2022 au 12 mai 2026, le second enfant du requérant étant par ailleurs né le 15 avril 2020 à Chalon-sur-Saône. M. C a sollicité, le 19 septembre 2023, le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse. Sa demande a été rejetée par une décision du 1er mars 2024 dont il demande au tribunal l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 novembre 2023, régulièrement publié le 4 décembre 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Saône-et-Loire, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à Mme Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département de Saône-et-Loire, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas la décision en litige. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit, pour ce motif, être écarté.
3. En second lieu, la décision attaquée vise les textes applicables, notamment les dispositions des articles L. 434-1 à L. 434-9 et R. 434-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle comporte également l'énoncé des considérations de fait qui en constituent le fondement. Elle est, dès lors, motivée, en droit et en fait avec une précision suffisante pour permettre au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Si M. C se prévaut, par la voie de l'exception de l'illégalité des arrêtés portant refus de titre de séjour du 21 janvier 2022 et obligation de quitter le territoire français du 27 septembre 2022 pris à l'encontre de son épouse, aucune de ces décisions ne constitue la base légale de la décision du 1er mars 2024 par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a rejeté la demande de regroupement familial formée par M. C au profit de son épouse et cette décision n'a pas davantage été prise pour l'application des arrêtés précités des 21 janvier et 27 septembre 2022. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement exciper de l'illégalité des arrêtés portant refus de titre de séjour du 21 janvier 2022 et obligation de quitter le territoire français du 27 septembre 2022 pris à l'encontre de son épouse au soutien de ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, M. C ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 24 juin 1997 relative au réexamen de la situation de certaines catégories d'étrangers en situation irrégulière, applicable au cas de conjoints de Français qui, entrés irrégulièrement sur le territoire français, ne peuvent de ce fait se voir délivrer une carte de séjour temporaire, dès lors qu'il est constant que l'épouse de M, C résidait, à la date d'intervention de la décision attaquée, en Tunisie. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ". Aux termes de l'article L. 434-8 du même code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième ". Aux termes de l'article R. 434-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; / 2° Cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; / 3° Cette moyenne majorée d'un cinquième pour une famille de six personnes ou plus ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. C a déposé une demande de regroupement familial le 19 septembre 2023. Pour rejeter cette demande, le préfet de Saône-et-Loire s'est fondé sur la circonstance que les revenus de l'intéressé étaient insuffisants sur une période de douze mois précédant sa demande. Il est constant que M. C exerce une activité de coiffeur dont il a déclaré les revenus au titre des bénéfices non commerciaux. Pour déterminer le niveau des ressources de l'intéressé, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a appliqué au chiffre d'affaires généré par cette activité un abattement forfaitaire de 34 %. Il ressort des pièces du dossier que, sur la période comprise entre le 1er septembre 2022 et le 31 août 2023, le requérant a perçu une somme correspondant à un revenu mensuel net de 2 174,16 euros, soit 1 435 euros une fois appliqué l'abattement de 34 %. Ce montant est inférieur au montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance, majoré de 10 % qui s'élevait, sur une période identique, à 1 490,58 euros. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que son revenu perçu sur la période postérieure à la décision attaquée serait supérieur à ce montant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
8. En quatrième lieu, l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 stipule : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Il résulte de l'ensemble des dispositions rappelées au point 6 du présent jugement que, lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions légalement requises. Il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu par les dispositions précitées, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale tel qu'il est protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'épouse de M. C a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine et qu'elle a, par ailleurs, résidé irrégulièrement sur le territoire national entre l'expiration de sa carte de séjour italienne valable jusqu'au 14 novembre 2020 et le dépôt d'une demande de titre de séjour le 11 juin 2021, laquelle a été rejetée le 21 janvier 2022 par le préfet de Saône-et-Loire. Il est constant que le requérant, son épouse et leurs deux enfants possèdent la nationalité tunisienne et qu'aucune circonstance ne fait, par conséquent, obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Tunisie, ou même que l'intéressé et ses enfants se rendent dans ce pays pour rendre visite à leur mère. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la violation de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. Dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet de Saône-et-Loire n'a pas davantage entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
12. La décision attaquée n'implique pas nécessairement une séparation durable entre les enfants du couple et leur mère, dès lors que ces derniers ont également la nationalité tunisienne et que la cellule familiale peut se reconstituer en Tunisie. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit, dès lors, être écarté.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
14. M. C ne produit aucun élément de nature à établir l'existence d'un risque de torture ou de traitements inhumains ou dégradants que son épouse serait susceptible d'encourir dans son pays d'origine. Par ailleurs, la seule circonstance que cette décision porterait atteinte à la vie privée et familiale de M. C n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense par le préfet, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées M. C, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. M. C n'établit pas avoir sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. En outre, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Par suite, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A D, épouse C, à Me Moundounga et au préfet de Saône-et-Loire.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
Le rapporteur,
H. CheriefLe président,
Ph. NicoletLa greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026