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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2401251

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2401251

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2401251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 2 JU
Avocat requérantRIQUET-MICHEL ADRIENNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, M. C B, représenté par Me Riquet-Michel, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle méconnaît les dispositions des articles R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2024, le préfet de la Côte-d'Or, représenté par la Selarl Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B ayant levé le secret médical le concernant, la procédure a été communiquée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui a produit à l'instance son dossier médical ainsi que des observations qui ont été enregistrées le 30 avril 2024 et qui ont été communiquées.

Par une décision du 6 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Dijon a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, en vigueur à la date des décisions attaquées.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hamza Cherief,

- les observations de Me Riquet-Michel, représentant M. B, qui reprend, en les développant, les faits et moyens contenus dans ses écritures et fait, en outre, valoir que son handicap est lié à une erreur médicale et que son état de santé nécessite encore, à ce jour, des interventions chirurgicales et un traitement continu pour gérer la douleur, que l'Office français de l'immigration et de l'intégration se prononce sur son état de santé alors qu'aucun diagnostique n'est encore posé, qu'il souffre d'un symptôme dépressif qui a nécessité une hospitalisation au sein du centre hospitalier La Chartreuse, à Dijon, que la pathologie psychologique dont il souffre est nouvelle et liée à son histoire personnelle, qu'il souhaite travailler en France mais qu'il se retrouve actuellement en situation précaire.

Le préfet de la Côte-d'Or n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 9 heures 18 minutes.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant géorgien né en août 1980, est entré régulièrement sur le territoire français le 26 avril 2023. Le 31 mai 2023, M. B a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rendue le 8 septembre 2023, décision confirmée le 21 février 2024 par la Cour nationale du droit d'asile. M. B a déposé le 13 juillet 2023 une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 avril 2024, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas de non-respect de ce délai. M. B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 6 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues dépourvues d'objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur la compétence du magistrat désigné :

3. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date des décisions attaquées : " () Lorsque l'étranger conteste une décision portant obligation de quitter le territoire fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 et une décision relative au séjour intervenue concomitamment, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue par une seule décision sur les deux contestations ".

4. Les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne font pas obstacle, dans l'hypothèse où un étranger, à qui a été refusée la reconnaissance de la qualité de réfugié ou la protection subsidiaire et qui a fait l'objet d'une ou, le cas échéant, de plusieurs obligations de quitter le territoire français fondées sur le 4° de cet article, a présenté une demande tendant à la délivrance ou au renouvellement d'un titre de séjour, à ce que l'autorité administrative assortisse le refus qu'elle est susceptible d'opposer à cette demande d'une obligation de quitter le territoire français fondée sur le 4° de cet article.

5. Dans une telle hypothèse, la décision relative au séjour et l'obligation de quitter le territoire français dont elle est assortie doivent être regardées comme intervenues concomitamment au sens du dernier alinéa de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la contestation de la décision relative au séjour à l'occasion d'un recours contre l'obligation de quitter le territoire français suit le régime contentieux applicable à l'obligation de quitter le territoire prévu par cet article alors même que cette dernière a pu être prise également sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code.

6. D'une part, il est constant que M. B a déposé une demande d'admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'arrêté du 8 avril 2024 a pour objet de refuser, de sorte que le requérant entre dans le champ d'application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que le mentionne l'arrêté contesté.

7. D'autre part, pour obliger le requérant à quitter le territoire français, le préfet de la Côte-d'Or s'est également fondé sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après que sa demande d'asile ait été rejetée par la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile.

8. Dans ces conditions, le refus de séjour opposé au requérant étant intervenu concomitamment à l'intervention de son obligation de quitter le territoire français, il résulte des principes rappelés aux points 3 à 5 que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-5 du même code est compétent pour statuer sur les conclusions relatives au séjour.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

9. En premier lieu, la décision attaquée vise plusieurs dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 425-9, puis retrace les conditions d'entrée et de séjour de M. B et analyse sa situation de santé, en considération de l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 5 février 2024. Il se prononce également sur la situation personnelle et familiale du requérant et souligne, en particulier, qu'il n'entre dans aucun cas d'attribution d'un titre de séjour en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, la décision portant refus de titre de séjour comporte, avec une précision suffisante, l'ensemble des éléments de fait et de droit nécessaires pour permettre au requérant d'en discuter utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

10. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la lecture de la décision attaquée que le préfet de la Côte-d'Or, qui n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. B, aurait omis de procéder à un examen personnalisé de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de la situation du requérant doit être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, anciennement l'article R. 313-22, le préfet délivre le titre de séjour " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Selon l'article R. 425-12 du même code, reprenant l'ancien article R. 313-23 : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article ".

12. Contrairement à ce que fait valoir le requérant, il ressort des pièces du dossier que le rapport médical du 5 février 2024 du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été établi au vu d'un certificat médical établi le 29 août 2023 par le médecin traitant de M. B. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

13. En quatrième lieu, L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".

14. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Si la légalité d'une décision s'apprécie à la date à laquelle elle a été prise, il appartient au juge de tenir compte des justifications apportées devant lui, dès lors qu'elles attestent de faits antérieurs à la décision critiquée, même si ces éléments n'ont pas été portés à la connaissance de l'administration avant qu'elle ne se prononce. Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.

15. Dans son avis du 5 février 2024, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a indiqué que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, son état de santé lui permettant, par ailleurs, de voyager sans risque vers son pays d'origine. Pour contester cet avis, dont le préfet s'est approprié la teneur, M. B fait valoir qu'il souffre depuis l'enfance d'une paraparésie des membres inférieurs causant des douleurs neuropathiques, qu'il a été admis au centre hospitalier universitaire de Dijon peu après son entrée en France en raison d'une suspicion de tuberculose digestive et pulmonaire nécessitant des soins et un suivi. Il se prévaut, en outre, d'un certificat médical du 3 mai 2023 aux termes duquel M. B " présente plusieurs problèmes de santé responsables de douleurs chroniques invalidantes nécessitant des soins ". Il a, enfin, fait valoir, lors de l'audience publique qui s'est tenue le 21 janvier 2025, que son état de santé nécessitait des traitements continus et qu'il doit bientôt subir une nouvelle intervention chirurgicale. Toutefois, le certificat médical dont se prévaut le requérant est rédigé en des termes très généraux et ne décrit aucun des symptômes dont souffre le requérant, ni les maladies correspondantes qui en seraient la cause. Par ailleurs, si M. B souffre effectivement d'une paraparésie associée à des douleurs dites neuropathiques liées à un mauvais fonctionnement ou à une lésion du système nerveux, et si cette atteinte neurologique est séquellaire et définitive en l'absence de traitement disponible, il est constant que l'atteinte neurologique dont souffre le requérant n'est pas susceptible d'engager son pronostic vital. Par ailleurs, l'hospitalisation de M. B aux urgences le 28 avril 2023 pour des douleurs abdominales aigues, qui s'est achevée le 2 mai 2023, a permis d'éliminer les diagnostics les plus graves, des traitements antalgiques et un rendez-vous avec un gastroentérologue lui ayant été prescrits. A la suite d'une consultation le 1er juin 2023, le médecin gastro-entérologue n'a pas identifié chez M. B de pathologie menaçant à court terme son pronostic vital, une tuberculose digestive ayant seulement été évoquée sans qu'aucun traitement spécifique ne soit prescrit à l'intéressé. A cet égard, et en tout état de cause, l'intéressé n'établit pas, par les pièces du dossier, qu'il serait dans l'impossibilité de bénéficier de soins pour les pathologies dont il souffre, alors qu'il ressort de la base de données MedCOI que le suivi et le traitement des douleurs neuropathiques et des troubles digestifs dont il est atteint sont possibles dans son pays d'origine. Enfin, si l'intéressé soutient qu'il souffre de troubles dépressifs avec idéation suicidaire, ayant entraîné une hospitalisation, le certificat médical qu'il verse au dossier a été établi postérieurement à la décision attaquée, et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B ne serait pas en mesure de bénéficier effectivement en Géorgie d'un traitement pour la pathologie dont il souffre. Par suite, les éléments produits par M. B ne sont pas de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 5 février 2024. Les moyens tirés de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent, par conséquent, être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. Le requérant n'ayant pas établi que la décision portant refus de titre de séjour serait entachée d'illégalité, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision contre la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen développé en ce sens ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. Le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision contre la décision fixant le pays de destination. Par suite, le moyen développé en ce sens ne peut qu'être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce que M. B soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Riquet-Michel et au préfet de la Côte-d'Or.

Copie en sera transmise au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.

Le magistrat désigné,

H. A

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2401251

lc

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